Meurtre de Ken Lee : « Ma cliente n’a pas porté le coup fatal », dit la défense
La défense d'une mineure accusée du meurtre non prémédité d'un sans-abri de Toronto a présenté ses arguments finaux, mardi, au procès de sa cliente, en suggérant qu'elle n'avait pas tué la victime de 59 ans. Kenneth Lee a été poignardé par huit adolescentes dans une attaque groupée en 2022. L'accusée avait 14 ans à l'époque. Dans ce procès, la Couronne assure que l'adolescente No 8 est bien celle qui a poignardé à mort Kenneth Lee. Or, l'arme du crime n'a jamais été retrouvée, mais la Couronne suggère qu'il aurait pu s'agir d'un couteau ou, à la rigueur, d'une paire de ciseaux. L'attaque mortelle contre Kenneth Lee a été filmée par une caméra de surveillance de la place bétonnée, où elle s'est produite dans la nuit du 17 au 18 décembre 2022. Dans la mêlée, on y voit l'adolescente No 8 poignarder la victime, mais l'arme qu'elle tient est très difficile à voir, parce qu'elle camouflée dans la manche de son manteau. De gauche à droite: Ayderus Alawi, l'avocat de l'adolescente No 7 assise à ses côtés, la procureure Mary Humphrey au lutrin, Boris Bytensky, l'avocat de l'adolescente No 8 à ses côtés et le juge Philip Campbell de la Cour supérieure de Justice. Photo : Radio-Canada / Pam Davies L'avocat de l'accusée, Boris Bytensky, affirme néanmoins que la Couronne n'a jamais pu prouver durant les trois semaines d'audience que sa cliente était bien l'assaillante, qui a asséné le coup mortel à la victime. Cette vidéo sans son ne montre jamais à quel moment Kenneth Lee a été atteint à mort ni celle qui a porté le coup fatal ni celle qui l'a blessé au préalable avec un objet tranchant Me Bytensky, qui passe au ralenti plusieurs vidéos, ajoute que le détective Rodney Benson ne le sait pas lui-même, parce qu'il avait d'abord cru que l'adolescente No 3 était la responsable. Le juge Philip Campbell, de la Cour supérieure de l'Ontario, écoute attentivement les arguments finaux de M. Bytensky. Photo : Radio-Canada / Pam Davies L'avocat rappelle que la témoin Melissa Alexander, n'a pu confirmer plus tôt lors du procès que sa cliente était celle qui avait tué le sans-abri, qui logeait dans le refuge dont Mme Alexander était à l'emploi. Me Bytensky admet que sa cliente a bien participé à l'attaque, mais il laisse entendre qu'il y avait peut-être deux armes blanches. Il montre aussi du doigt la mineure No 3, qu'une vidéo de surveillance a captée en possession d'un couteau à la station de métro Yorkdale, où le groupe s'était rencontré avant de se rendre au centre-ville. De gauche à droite: l'adolescente #3 en train de s'essuyer les yeux, la procureure Sarah de Filippis et l'avocate de la défense Jordana Goldlist. En arrière plan: la juge Sirivar et l'un des parents de l'accusée qu'on ne peut identifier lors de l'audience sur le cautionnement en février 2023. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Me Bytensky rappelle que les policiers n'ont trouvé sur elle que des ciseaux à sourcils lors de son arrestation. Il précise en outre que l'objet qui est tombé de sa poche plus tard à la gare Union, où un de leur camarade avait été blessé, est un stylo-marqueur et non un objet tranchant comme l'a suggéré le détective Benson. La Couronne n'a toutefois jamais dit dans ces audiences que l'objet en question était un couteau. Le marqueur a également été retrouvé dans les affaires de sa cliente au poste de police. Boris Bytensky défend l'adolescente No 8 dans ce procès depuis qu'il a pris la relève de Joanne Prince, la première avocate de l'accusée. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Me Bytensky se demande par ailleurs la raison pour laquelle la Couronne n'a pas appelé à la barre des témoins le seul garçon du groupe qui avait été blessé dans des tiraillements amicaux avec l'adolescente No 8 et deux autres mineures sous un viaduc de la gare Union. Une vidéo de surveillance montre les trois filles et le garçon en train de s'amuser avant de pénétrer dans la gare Union. La procureure de la Couronne, Mary Humphrey interroge le détective de police Rodney Benson à la barre des témoins au début du procès. Photo : Radio-Canada / Pam Davies La Couronne assure que l'adolescente No 8 était toujours en possession d'un couteau après l'attaque contre le sans-abri et qu'elle avait blessé le garçon à la main sans faire exprès. L'avocat ajoute que la Couronne a refusé de le faire témoigner au procès, parce que son témoignage aurait pu lui être défavorable. Me Bytensky souligne qu'il n'existe donc aucune preuve que sa cliente ait possédé une arme blanche cette nuit-là. Ma cliente a peut-être blessé Kenneth Lee, mais comment prouver que ce soit elle qui ait porté le coup fatal? L'avocat mentionne par ailleurs que la victime aurait pu avoir été atteinte à mort par une autre adolescente sans toutefois tomber au sol sur le coup et que l'agression groupée n'a fait qu'accélérer sa mort. L'avocat de la mineure no 7, Ayderus Alawi, n'a pas hésité à soutenir la même thèse que celle de Me Bytensky, avant que sa cliente plaide finalement coupable d'une accusation réduite dans la journée. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Les huit mineures avaient été appréhendées vers 3 h 30 du matin à l'hôpital SickKids, où le garçon de 14 ans avait été transporté pour une entaille sérieuse à la main. Dans un revirement inattendu, la co-accusée, la mineure No 7 , avait plaidé coupable dans la matinée d'une accusation réduite d'homicide involontaire, si bien que sa défense n'a pas eu à présenter d'arguments finaux. Me Bytensky affirme que toutes les adolescentes dans cette affaire sont coupables d'homicide involontaire. L'audience de groupe sur le cautionnement de sept des huit adolescentes a eu lieu le 20 janvier 2023, ce qui a permis à la procureure Sarah de Filippis de transmettre ses preuves à tous les avocats de la défense avant le début des audiences individuelles. Photo : Radio-Canada / Pam Davies L'avocat rappelle que sa cliente avait voulu elle aussi plaidé coupable d'une accusation réduite au début des audiences, mais que la Couronne a refusé sa proposition. Il mentionne que sa cliente ne peut donc pas être la meurtrière, puisqu'il manque trop d'éléments au sujet de l'agression. Ce sera au tour des procureures de présenter leurs arguments finaux mercredi.
La Couronne n'a présenté aucune preuve, ni aucun témoignage convaincant ni aucune expertise médicale
, dit-il.
À aucune occasion ma cliente n'a été vue en possession d'une arme et elle ignorait qu'une autre dans le groupe avait un couteau
, poursuit-il.
Si c'était l'arme du crime, pourquoi ma cliente l'a-t-elle ramassée pour la récupérer au lieu de s'en débarrasser?
, s'interroge-t-il.

Ce garçon aurait pu se blesser avec un objet tranchant protubérant de la clôture de construction sous le viaduc ou en tombant dans cette zone en chantier
, allègue Me Bytensky.Une autre adolescente aurait pu l'atteindre mortellement,
laisse-t-il entendre.

La Couronne avait bien plus d'informations lors de l'enquête préliminaire, mais elle a refusé de s'en servir au procès
, conclut-il.
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