Des milliers de litres de lait jetés et des kilomètres de tubulures à déneiger
Les deux tempêtes qui ont balayé la région depuis jeudi dernier ont déversé une quantité record de neige au Bas-Saint-Laurent, et ont entraîné des fermetures de routes pendant de longues périodes, ce qui a eu des impacts pour les producteurs de lait et les acériculteurs. Bien que le bilan complet dans le secteur de la production laitière ne soit pas encore connu, Gabriel Belzile, président des producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, estimait mercredi matin que 27 producteurs avaient dû se résoudre à jeter environ 90 000 litres de lait lundi, et que 40 producteurs ont dû faire la même chose pour 180 000 litres de lait mardi. Les producteurs sont tenus d’avoir des réservoirs capables de contenir le volume de cinq traites de lait. La traite des vaches doit être faite au moins deux fois par jour. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi Le bilan total sera connu vendredi, car les camions citernes sont toujours en mode rattrapage mercredi. On ne fait pas ça par plaisir, jeter du lait. Malheureusement, du lait tempête, ça passe comme si les producteurs jetaient énormément de lait. Au prix que ça coûte de produire du lait, il n'y a personne qui veut en jeter. Il souligne que malgré l'intensité de la tempête, les camionneurs ont fait un très bon travail pour ramasser le plus de lait possible. M. Belzile mentionne qu’en temps normal, un million de litres de lait sort chaque jour du territoire, transporté par une quarantaine de camions qui font la collecte auprès d’un total de 500 producteurs laitiers. Gabriel Belzile affirme que les pertes financières occasionnées par la tempête seront réparties entre tous les producteurs de lait du Québec. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet Il estime que c’est un total de neuf camions-citernes qui n’ont pas pu circuler pour faire la collecte pendant les deux journées de tempête. Les 270 000 litres de lait que les producteurs ont dû jeter en deux jours représentent un très faible pourcentage des 370 millions de litres produits annuellement au Bas-Saint-Laurent, souligne-t-il. Le lait en trop n'est pas totalement perdu : il est déversé dans les fosses à purin, pour servir par la suite d'engrais au champ, souligne celui qui est lui-même producteur laitier. Les pertes financières occasionnées par la tempête seront réparties entre tous les producteurs de lait du Québec. La quantité de neige déversée sur le Bas-Saint-Laurent depuis jeudi dernier entraînera un surplus de travail pour plusieurs acériculteurs de la région. Justin Plourde, président des Producteurs et productrices acéricoles pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, estime que les acériculteurs entre Rivière-du-Loup et Mont-Joli, à quelques kilomètres au sud du fleuve, doivent aujourd'hui composer avec une situation qui peut devenir dramatique. Le secteur Témiscouata, ça va encore. On a été moins impacté que dans l'est vers Rimouski. Dans le coin de Saint-Eugène, c'est dans ce secteur-là que pour les producteurs à qui j'ai parlé, c'est un peu catastrophique. Il explique que si la tubulure est enfouie sous la neige, l’eau d’érable peut geler dans les tuyaux lors de la première coulée, parce que la neige agit alors un peu comme un isolant. Justin Plourde, président des Producteurs et productrices acéricoles pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, exploite, avec son épouse, une érablière de 28 000 entailles à Rivière-Bleue. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté de Justin Plourde Dans une érablière de 3000 entailles, il estime à environ 4,5 kilomètres la longueur totale des tubulures. Avec un total de 10 millions d’entailles au Bas-Saint-Laurent, cela fait un total d’environ 16 500 kilomètres de tuyaux à potentiellement déneiger à la main. Il rappelle qu'en 2008, les producteurs avaient dû pelleter jusqu'à trois reprises l'entièreté de leur système de collecte d'eau d'érable, ce qui avait occasionné des frais et un travail colossal. Les tubulures relient les troncs des arbres à la cabane pour la transformation de l'eau d'érable. (Photo d'archives) Photo : getty images/istockphoto / Lurin En ce moment même, la priorité des acériculteurs est de retracer les sentiers de motoneige, pour rétablir l'accès à leur érablière. Les 85 centimètres de neige reçus sur deux jours à Mont-Joli constituent un record. De telles précipitations n'ont jamais été enregistrées auparavant.Quand c'est tout le monde qui a cinq traites dans le réservoir, tout ne peut pas rentrer dans le camion. La logistique est faite serrée pour diminuer les frais. Mais quand il arrive des tempêtes de même, ça déborde!
, explique-t-il.
C’est important de dire que la logistique est faite pour s’assurer de jeter le moins de lait possible
, souligne M. Belzile.
Trop de neige pour les acériculteurs
Il n’y a pas d’autres moyens que du jus de bras, des pelles, des hommes et des femmes pour dégager ça. C’est pour ça que quand il y a trop de neige, ça peut devenir assez dramatique pour les producteurs
, indique-t-il.
Les gens ont appris avec les tempêtes de 2008. Dorénavant, on installe notre système de collecte toujours un peu plus haut, mais il y a une limite à ce qu’on peut faire parce qu’il faut que ça demeure accessible à hauteur d’homme pour être capable de travailler
, explique-t-il.
La neige est tellement tombée vite, puis en quantité abondante, que c'est très difficile de se déplacer en forêt. Les motoneiges restent prises partout, il faut pelleter juste pour se rendre dans les érablières. C'est vraiment une épreuve
, témoigne-t-il.
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