Des centaines de pièces du futur convoyeur du Port de Saguenay doivent être réparées
Avant même d'être installé, le convoyeur électrique du Port de Saguenay doit subir des réparations de plusieurs centaines de milliers de dollars, a appris Radio-Canada. Les soudures de centaines de pièces de l’équipement fabriqué aux Émirats arabes unis sont de mauvaise qualité et doivent être refaites. Des pièces d’acier du futur convoyeur électrique du Port de Saguenay sont présentement entassées dans la cour de deux entreprises de Chicoutimi. Selon nos informations, 140 conteneurs de matériel doivent être inspectés et réparés, en raison de soudures qui ne répondent pas aux normes canadiennes. Les pièces réparées doivent ensuite être peintes à nouveau. La firme allemande Beumer avait décroché le contrat d’environ 30 millions de dollars pour l'ingénierie et la fabrication du convoyeur. L’entreprise s’est occupée de l’ingénierie du convoyeur tubulaire et sa fabrication a été réalisée aux Émirats arabes unis. L’équipement de deux kilomètres permettra de relier le quai du port à la zone industrialo-portuaire pour le transport de la marchandise en vrac. L’installation du convoyeur électrique doit être terminée à l’automne au Port de Saguenay. Photo : Radio-Canada / Julien Gagnon Le Port de Saguenay précise que la facture des réparations sera assumée par Beumer. La situation ne doit pas entraîner de délais dans la réalisation du projet, qui doit être livré à l’automne. L’entreprise Fabmec a reçu le mandat de faire les réparations et se chargera ensuite de l’assemblage et de l’installation des différentes pièces du convoyeur. La direction du Port de Saguenay n’a pas voulu accorder d’entrevue enregistrée sur le sujet. L’administration portuaire a cependant précisé que la situation n’est pas exceptionnelle à ses yeux et que le besoin de Une modélisation 3D du futur convoyeur du Port de Saguenay. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté du Port de Saguenay Selon ce que Radio-Canada a appris, une entreprise du Saguenay-Lac-Saint-Jean avait tenté de mettre la main sur le contrat afin de fabriquer le convoyeur. Toutefois, elle n’a pas pu s’associer avec Beumer en vue de déposer une soumission à l’appel d'offres international qui avait été lancé. La firme aurait jugé que les coûts auraient alors été trop élevés. Le travail est imposant, alors que les pièces du convoyeur totalisent environ 140 conteneurs. Les structures métalliques doivent être repeintes, après que les soudures à corriger aient été refaites. Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier En juin, le Port de Saguenay avait mentionné que seules des entreprises internationales avaient répondu à l’appel d’offres. Un type de technologie précis était alors demandé. L’organisation évaluait toutefois à ce moment qu’environ 50 à 60 % des retombées du projet de convoyeur, qui totalise 112 millions, se feraient dans la région. La fabrication d’équipements spécialisés à l’extérieur du pays pour de grands donneurs d’ordre est de plus en plus fréquente, constate l’économiste et professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, Marc-Urbain Proulx. On a une grappe d’équipementiers qui sont très dynamiques et qui exportent à l’international, eux aussi, mais malgré cela, ça passe à côté, c’est-à-dire qu’on donne des contrats à des firmes étrangères, question de coûts, question de contrats, d’expertise, etc. Il croit même que la fréquence de ces situations est appelée à augmenter. « C’est un phénomène qui va s'amplifier dans le futur parce que c’est maintenant devenu le modus operandi de livrer clé en main, dans les mines, notamment, dans la forêt, dans l’hydroélectricité », soulève-t-il. Les équipementiers doivent alors souvent se contenter de contrats d’assemblage ou d’installation de ces équipements fabriqués à l’extérieur du pays, même si l’expertise peut se retrouver dans la région. Marc-Urbain Proulx est professeur en économie régionale à l’Université du Québec à Chicoutimi. Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier L’économiste s’attend à ce que la situation soit la même, avec les projets de grands parcs éoliens qui doivent voir le jour dans la région Il espère que la région saura se mobiliser rapidement et développer une expertise dans le domaine afin de maximiser les retombées régionales, comme l’a fait la Gaspésie par le passé.
Une facture assumée par le fournisseur
retouches
a été identifié lors de l’inspection du matériel reçu.
Une fabrication qui aurait pu être faite en région

Un phénomène en augmentation
C’est une pratique qui a toujours existé, mais pas au degré que l’on voit actuellement
, souligne-t-il.
Projets de parcs éoliens
Avec nos projets qu’on attend ici, par exemple, au Lac-Saint-Jean et ceux du Bas-Saguenay, les équipements éoliens vont nous arriver clé en main
, prévient-il.
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