Pour l’Académie des Oscars, Buffy Sainte-Marie est toujours autochtone
À deux jours de la cérémonie des Oscars, l’Académie considère toujours l’auteure-compositrice-interprète Buffy Sainte-Marie comme la première Autochtone à avoir remporté une statuette. Le Musée de l’Académie des Oscars à Los Angeles expose même un portrait de l’artiste dans ses murs mentionnant qu’elle fait partie de la nation crie, comme a pu le constater sur place Espaces Autochtones. En octobre 2023, l’émission d’enquêtes de CBC The Fifth Estate a remis en question les origines autochtones de Buffy Sainte-Mary. Plusieurs documents d'identité et témoignages de certains membres de sa famille ont stipulé que la chanteuse serait en réalité d’origine italo-américaine et qu’elle n’aurait jamais été adoptée. Ces révélations sur l’ascendance de la chanteuse folk de 84 ans – autrice du célèbre Universal Soldier en 1964 – ont créé une véritable commotion chez les membres des Premières Nations du Canada et aux États-Unis. Mais les sérieux doutes sur ses origines déclarées n’ont pas atteint les arcanes de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, l’organisation qui a décerné un Oscar à Buffy Sainte-Marie en 1983 pour sa chanson thème Up Where We Belong du film An Officer and a Gentleman (Officier et gentleman) du réalisateur Taylor Hackford. Au cinquième étage du Musée de l’Académie des Oscars situé à Los Angeles, un portrait de la chanteuse trône sur un mur aux côtés d’autres lauréates qui ont marqué d’une pierre blanche l’histoire du cinéma. On y trouve, entre autres, l’Italienne Sophia Loren qui a été la première actrice à remporter en 1962 une statuette pour un film en langue étrangère avec La Ciociara de Vittorio De Sica. Les portraits installés sur un mur du Musée de l’Académie des Oscars visent à célébrer les femmes qui ont réalisé des « premières » importantes dans l'histoire du cinéma. Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine Plus loin, on reconnaît le visage souriant de Hattie McDaniel, qui est devenue la première femme noire à recevoir un Oscar en 1930 pour sa performance remarquable dans le film mythique Autant en emporte le vent de Victor Fleming. Juste à côté, Rita Moreno, première Latina à remporter en 1962 l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour son interprétation d'Anita dans le classique West Side Story. Pour l’Académie des Oscars, Buffy Sainte-Marie fait également partie de cette liste exclusive de figures féminines ayant remporté les grands honneurs. Deux ans après les révélations de CBC, son portrait trônait toujours dans l'institution, a constaté en octobre Espaces autochtones. En dessous de sa photo où elle affiche un visage radieux, on peut lire qu’elle a été la première Autochtone à recevoir un Oscar, celui de la meilleure chanson originale. Militante dont les chansons traitent souvent des luttes des peuples autochtones, Sainte-Marie a été mise sur la liste noire par les stations de radio américaines qui refusaient de jouer sa musique dans les années 1970. Le portrait de Buffy Sainte-Marie est accompagné d'une note biographique stipulant que l'artiste est née au Canada, alors que l'enquête de CBC révélait qu'elle serait née aux États-Unis. Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine Notons que l’auteure-compositrice-interprète estime toujours être une Crie originaire de la communauté de Piapot, en Saskatchewan. Ses origines autochtones ont toutefois disparu de sa biographie en ligne; son site web officiel ne prétend ainsi plus qu'elle est une femme crie Avant d’apporter des changements à sa biographie, on pouvait lire que la chanteuse était En effet, elle s'est d'abord désignée comme algonquine et mi’gmaw, avant de dire qu'elle était crie, adoptée par une mère de la Saskatchewan. Cependant, CBC a retrouvé son acte de naissance, qui indique qu’elle serait née en fait en 1941 à Stoneham, au Massachusetts, de parents blancs, sous le nom de Beverley Jean Santamaria. L’image de la chanteuse militante a longtemps été associée avec l’identité autochtone au fil de sa riche carrière musicale. La culture des Premières Nations était un élément central de sa personnalité lorsqu’elle est devenue célèbre dans les années 1960. Outre l’Oscar, elle a été récompensée par de multiples distinctions, notamment des prix Juno (meilleur enregistrement de musique canadienne autochtone en 1997 et 2009, l’album autochtone de l’année en 2016 et 2018), un Golden Globe et le prix de musique Polaris en 2015. Un timbre à son effigie a même été lancé en grande pompe en 2021 par Postes Canada. Les révélations fracassantes sur le passé de Buffy Sainte-Marie continuent de faire des remous. L’artiste vient d’être déchue de l’Ordre du Canada. La nomination à l’une des plus hautes gratifications du pays a été révoquée par la gouverneure générale, Mary Simon (elle-même inuk), comme l’a officiellement annoncé la Gazette du Canada, le 8 février. Cette semaine, le Musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg, a supprimé toute mention de la chanteuse Buffy Sainte-Marie dans l’une de ses expositions. La décision survient à la suite d’un L’Académie des Oscars n’avait pas répondu aux sollicitations d’Espaces autochtones au moment d’écrire ces lignes.Aux côtés de grandes figures féminines du 7e art

C’est une musicienne, auteure, éducatrice et actrice crie née au Canada et élevée aux États-Unis par des parents adoptifs
, précise la note du musée.
probablement
née dans la Première Nation Piapot.la première personne autochtone à avoir remporté un Oscar
. Or, le récit de la naissance de Buffy Sainte-Marie, de son enfance et de son identité a changé au fil des années. processus de réflexion approfondie avec des personnes-conseils, des collègues et des Aîné·e·s
, mentionne un communiqué de l’institution.
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