Brise-glaces polaires : le chantier Davie sur un pied de guerre
Le chantier maritime Davie est sur un pied de guerre. En quelques mois, cette entreprise lévisienne s'est positionnée comme un fournisseur de premier plan pour l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), plaidant l'urgence d'assurer la souveraineté des alliés occidentaux dans l'Arctique face « à nos adversaires », dont la Chine et la Russie. Radio-Canada rapportait récemment que Davie faisait pression sur Ottawa afin d'amorcer plus rapidement la construction du seul brise-glace polaire qui lui a été promis dans le cadre d'un programme fédéral, quitte à envoyer une partie de la production à ses installations situées en Finlande et non uniquement à Lévis. La compagnie ne cache pas sa volonté d'en faire davantage et plus rapidement pour rebâtir la flotte de navires du Canada et de ses alliés. Selon Marcel Poulin, directeur aux affaires externes et à la participation industrielle chez Davie, Selon Forbes, le président américain Donald Trump a annoncé à la fin janvier sa volonté de commander 40 brise-glaces. Or, la capacité de production américaine serait limitée. Plusieurs brise-glaces canadiens n'ont pas la capacité de naviguer dans les régions polaires de l'océan Arctique à longueur d'année, la glace y étant trop épaisse l'hiver. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Luc Paradis_Rad En juillet 2024, le Canada, la Finlande et les États-Unis ont annoncé la création du ICE Pact (Nouvelle fenêtre) en marge d'une rencontre de l'OTAN. En vertu de cette entente de collaboration, l'objectif des trois pays consiste à Avec l'acquisition d'Helsinki Shipyard Oy en Finlande et une éventuelle transaction aux États-Unis sur laquelle elle négocie actuellement, Davie croit avoir tout en main pour contribuer à l'effort du ICE Pact et, plus largement, aux besoins de l'OTAN. Vérification faite auprès de Davie, cette position n'a pas changé malgré les récentes positions des Américains par rapport à la guerre en Ukraine et à la Russie. Dans ce contexte, Davie ne veut pas se contenter des contrats de la Stratégie nationale de construction navale du Canada (SNCN) pour remplir ses cales. Le ICE Pact, à lui seul, est Derrière les négociations en cours pour le brise-glace polaire promis par Ottawa, les dirigeants de Davie réclament davantage de flexibilité du fédéral. Celui-ci veut respecter l'esprit de la SNCN, laquelle exige un maximum d'emplois en sol canadien. Le Canada procède également selon une séquence précise dans l'attribution des contrats. Le programme de brise-glaces canadiens n'a pas que la souveraineté de l'Arctique en tête. Une bonne partie de la flotte servira surtout au mandat de déglaçage des voies maritimes. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada De l'autre côté, Davie ne veut pas rater les occasions qui vont se présenter avec le ICE Pact. Le chantier vante un modèle Selon l'entreprise, le chantier de Lévis en sortira gagnant, même si une partie du travail ira ailleurs. Nous croyons fermement qu’il est possible d’accélérer les livraisons au Québec en adoptant un modèle plus commercial plutôt que l’approche qui prévoit l’octroi de plusieurs contrats séquentiels. Le ICE Pact a poussé Davie à revoir sa stratégie de modernisation du chantier lévisien. Au printemps 2024, l'objectif était toujours La construction des navires ne devait débuter qu'en 2027. Le plan initial consistait donc à fermer le chantier pour procéder à une cure de modernisation et d'expansion de deux ans dès le printemps, et ce, au coût de 840 millions $. De cette somme, Québec paiera 519 millions $. Le chantier Davie est actif depuis 200 ans. Acquis par le Groupe Inocea en 2012, il est à l'aube d'une cure de rajeunissement et d'une expansion de 840 millions de dollars. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT Or, Davie a annulé son appel d'offres en novembre dernier, deux jours après la signature du protocole d'entente pour le ICE Pact. Un mois plus tard, il a annoncé un partenariat avec Pearlson & Pearlson (Floride) ainsi qu'avec le Groupe Dinamo (Québec) pour la modernisation du chantier. La nouvelle stratégie de Davie consiste à moderniser les infrastructures tout Le Québec semble avoir adopté ce plan, selon une récente sortie du premier ministre François Legault. Ce virage vers l'international et vers le renforcement des capacités des pays alliés est désormais ancré dans le discours de Davie, et ce, depuis quelques mois. Devant un parterre d'industriels rassemblés par l'Association des industries finlandaises de la défense et de l'aérospatiale en janvier dernier, le président et chef de la direction de Davie, James Davies, a livré un discours foncièrement axé sur la défense de l'Arctique. Évoquant une Davie s'est vantée d'avoir arraché Helsinki Shipyard Oy Le président russe Vladimir Poutine a assisté à une cérémonie de pose de la quille du cinquième brise-glace à propulsion nucléaire Leningrad (projet 22220) au chantier naval Baltiysky à Saint-Pétersbourg, en Russie, le vendredi 26 janvier 2024. (Photo d'archives) Photo : Associated Press / Pavel Bednyakov James Davies croit que Davie est en position la demande n'a jamais été aussi forte depuis la Seconde Guerre mondiale
. Certains pays, en particulier les États-Unis, ont des besoins pressants et souhaitent commander des dizaines de navires de classe polaire.
renforcer notre capacité à produire des navires polaires de premier ordre, y compris des brise-glaces
.Modèle transatlantique
plus gros
que les contrats fédéraux, a déjà déclaré un responsable du chantier naval il y a quelques mois.
transatlantique
, y compris la Finlande, pour accélérer la construction des brise-glaces, y compris pour les commandes canadiennes. Davie croit avoir la capacité de livrer un brise-glace polaire en 36 mois (au minimum).Changement de stratégie
de faire coïncider la fin de notre projet d’expansion avec le début de la construction des brise-glaces et des traversiers
promis dans le cadre de la SNCN, affirmait une responsable de l'entreprise.
en assurant une livraison rapide et efficace de la nouvelle flotte de navires
et, donc, à conserver une production en parallèle.Contrer les menaces
Presque partout où nous regardons sur la carte du monde aujourd’hui, la planète est en proie à des tensions géopolitiques, à des conflits et à une compétition pour les ressources
, a-t-il dit, peut entendre dans un enregistrement capté par Sixty Degrees North et authentifié par Davie. Cela ne peut être plus évident en Arctique.
ruée vers l'or
, M. Davies a mis les alliés occidentaux en garde. Nos adversaires partagent et augmentent leurs capacités en Arctique
, a-t-il dit, insistant au passage sur la nécessité d'une réponse occidentale décisive et unie
.des mains russes
, offrant ainsi une capacité hors du commun pour les pays occidentaux. Le chantier finlandais appartenait en effet, avant l'invasion de la Russie en Ukraine, à des intérêts russes.
d'en faire plus
ou du moins autant
que quelconque État jusqu'ici pour renforcer la souveraineté occidentale.Si la défense et la souveraineté nécessitent une présence physique et que cette présence physique n'est possible qu'avec des brise-glaces, alors quand allons-nous agir afin d'avoir la présence nécessaire pour défendre notre souveraineté collective?
a-t-il demandé.Cette réponse aurait dû commencer hier
, a-t-il lui-même répondu.
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