Guerre commerciale : une raison de plus pour les restaurateurs de se tourner vers le local
Des restaurants de l’Estrie ne voient pas encore les effets des contre-tarifs douaniers canadiens de 25 % imposés sur les produits américains. Certains anticipent une augmentation des prix de leurs distributeurs prochainement, alors que d’autres misent sur l’autosuffisance et la cuisine locale. André Plante est propriétaire du restaurant Madame B, à Sherbrooke. Il commande des produits américains chez un distributeur, mais il envisage ne plus le faire si les prix augmentent. André Plante est le propriétaire du restaurant Madame B. Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine M. Plante estime qu’il propose actuellement un menu de 80 % à 90 % québécois. Il ajoute qu’aucun vin de sa carte ne provient des États-Unis. C’est certain que le 100 % est beaucoup plus difficile à atteindre. Le propriétaire du restaurant, qui est ouvert depuis quelques mois seulement, a déjà reçu des courriels par rapport à une potentielle hausse des prix. Certains commerces et restaurants ne sont pas touchés par cette menace devenue bien réelle, puisqu’ils se sont déjà tournés vers l’autosuffisance et l’achat local. Les propriétaires du restaurant Les Mal-Aimés, à Cookshire-Eaton, font pousser beaucoup de produits à leur ferme et en serre. Autrement, ils essayent de s’approvisionner auprès de producteurs le plus près de chez eux possible. C’est facile au Québec, on a tellement de beaux produits, on peut absolument tout substituer, ou presque, par des produits qui n’ont pas trop voyagé. Le restaurant Les Mal Aimés propose un style "de la ferme à la table". Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Yannick côté affirme qu’acheter des produits régionaux le prémunit des impacts des tarifs douaniers américains Au Marché de Solidarité régionale, un abonnement est requis pour avoir accès aux services. La coordonnatrice du marché, Josée Labbé, note une augmentation des membres, un revirement qu’elle accueille chaleureusement. Elle ajoute avoir remarqué que la situation est de plus en plus difficile pour ces producteurs. Pour M. Côté, la tendance doit rester. La priorité serait de faire un petit pas de recul, de réévaluer l’offre de la production locale pour la réintégrer à plus grande échelle sur le menu.

Les gros distributeurs avec qui je fais affaire ont affiché leurs couleurs, on sent qu’il y a quelque chose qui se prépare
, soutient André Plante.L’autosuffisance… ou presque
Tomate, concombre, oignon, tous les légumes de base. Ensuite, pour satisfaire les besoins du chef, je cultive aussi plein de produits exotiques qui poussent bien quand même, ici, au Québec ou dans les serres, comme la patate douce et le gingembre
, explique l’un des propriétaires, Yannick Côté.
parce qu’on n’a jamais voulu avoir le produit le moins cher possible, donc nos coûts n’augmentent pas nécessairement de 25 %, parce qu’on payait déjà un peu plus cher, mais on avait déjà planifié notre modèle d’affaires en ce sens.
Un appui bien accueilli
Les gens sont sensibilisés à cause de ce qui se passe présentement et tant mieux, parce qu’on a vraiment besoin que les gens augmentent leurs achats locaux pour garder nos producteurs.
On ne veut pas que les gens consomment localement comme une mode, en réaction à quelque chose. Il faut que ça s’inscrive dans nos habitudes de consommation.
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