Le voleur du portrait de Winston Churchill plaide coupable et s’excuse
« Je plaide coupable », a lancé Jeffrey Iain James Wood dès l’ouverture de son procès, vendredi, au palais de justice d’Ottawa. Il reconnaît ainsi avoir volé le portrait de Winston Churchill exposé au Château Laurier, il y a plus de trois ans. L’homme de 44 ans faisait face à un total de six chefs d’accusation. Il a reconnu sa culpabilité à trois d’entre eux, soit de vol de plus de 5000 $, de trafic de biens criminellement obtenus et de faux. L'avocat de la défense s'attend à ce que les trois autres chefs d'accusation soient abandonnés. L’accusé ne sait toujours pas la peine qui lui sera imposée. Les avocats de la défense et de la Couronne vont plaider tour à tour lors de la journée de vendredi. Le procès de Jeffrey Iain James Wood devait prendre son envol jeudi, mais il a finalement été reporté en raison de l’absence du juge, malade. Entouré de quelques proches, M. Wood est demeuré calme tout au long de la lecture de l’exposé conjoint des faits. Dans celui-ci, il a été possible d’apprendre comment le Service de police d’Ottawa (SPO) et son détective Akiva Geller ont pu coincer M. Wood, puisqu’il a laissé beaucoup de traces derrière lui. Le portrait volé de Winston Churchill a depuis fait son retour à Ottawa, au Château Laurier, avec un dispositif de sécurité renforcé. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld La Couronne souhaite que l’accusé soit condamné à une peine de prison d’une durée de deux ans moins un jour, tandis que la défense a suggéré une peine avec sursis ainsi qu’une probation, ce qui ferait en sorte que M. Wood n’aurait pas à retourner derrière les barreaux. L'avocat de la défense, Lawrence Greenspon, a fait valoir différents facteurs pour justifier sa proposition : Le juge fera part de sa décision le 14 avril. En fin de journée vendredi, le juge a offert à Jeffrey Iain James Wood la possibilité de s’adresser au tribunal. L’accusé a notamment présenté ses excuses au Service de police d’Ottawa, qui a déployé d’importantes ressources, au Château Laurier et plus précisément à sa directrice générale Geneviève Dumas. M. Wood a capté l’attention de l’audience lorsqu’il a dit : Jeffrey Iain James Wood arrive au palais de justice d'Ottawa flanqué de l'avocat Lawrence Greenspon et de l'avocate associée Hannah Drennan. Photo : La Presse canadienne / Chris Tanouye Ce crime a été commis inutilement, car après avoir vendu le portrait, j’ai appris que mon frère a été retrouvé mort. Son avocat Lawrence Greenspon a salué le témoignage de son client. Rencontrée à sa sortie du palais de justice, Geneviève Dumas a dit Depuis le mois de septembre 2024, la directrice générale du Château Laurier, Geneviève Dumas, peut contempler à nouveau le portrait de Winston Churchill. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance Scrutant le web en espérant tomber sur la mise en vente du célèbre portrait de l’ancien premier ministre britannique Winston Churchill, le détective a constaté qu’il avait été vendu lors d’une enchère en mai 2022 en sol européen. Il a fallu plusieurs mois d’attente pour avoir la confirmation qu’un Canadien du nom de James Wood avait procédé à la vente du portrait historique. Son relevé téléphonique a prouvé qu’il avait appelé le Château Laurier le 24 décembre 2021. Il avait également réservé, en son nom, un local pour entreposer quelques articles le 27 décembre 2021. Possédant un mandat de perquisition en bonne et due forme, les policiers ont pu accéder à ce local, où une brosse à dents a été retrouvée. Des vérifications ont permis de lier l’ADN se trouvant sur cette brosse à dents aux échantillons prélevés sur le ruban adhésif du faux portrait. Les relevés bancaires de M. Wood prouvent qu'il a reçu un paiement de près de 5000 $ le 7 juillet 2022. Un mandat d’arrestation pancanadien a été lancé contre M. Wood le 19 avril 2024. L’Ontarien originaire de Powassan, à plus de 350 km d’Ottawa, s’est livré à la police six jours plus tard. Son identité n’a été dévoilée qu’en septembre 2024 par le Service de police d’Ottawa. Entre sa libération et le début de son procès, l’accusé a pu recouvrer sa liberté, moyennant le dépôt d’une caution de 5000 $. Il devait respecter une série de conditions, dont celle de ne pas se rendre au Château Laurier, de ne pas contacter le personnel de l’hôtel et de demeurer en Ontario. Le portrait a finalement été remis en main propre au Service de police d'Ottawa le 19 septembre 2024 lors d’une cérémonie à Rome, en Italie. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Félix Desroches Volé à Ottawa, le cliché capté par le réputé photographe Yousuf Karsh a été retrouvé… en Italie. Ne sachant pas qu’il s’agissait d’une œuvre volée, un avocat, Nicola Cassinelli, en avait fait l’achat lors d’une enchère. Puisque le portrait a été remplacé par une copie, il a fallu quelques mois avant que le personnel du Château Laurier le constate. Le portrait a finalement été remis en main propre au Service de police d'Ottawa le 19 septembre 2024 lors d’une cérémonie à Rome, en Italie. Il a ensuite été rapatrié au Canada et a réintégré sa place sur les murs du Château Laurier, bénéficiant d’une sécurité renforcée. Selon l’exposé conjoint des faits, le portrait n’aurait jamais pu retourner en sol canadien si M. Cassinelli n’avait pas collaboré, car le principal intéressé ne brisait aucune loi italienne en conservant un objet volé.
Peine connue le 14 avril
mon client a collaboré avec la police, il s’est livré lui-même, il a plaidé coupable, il n’a pas été violent, il a déjà passé cinq jours en détention en plus d’être soumis à de strictes conditions pendant 11 mois
.Je m’excuse
La police aurait pu utiliser toutes ces ressources ailleurs. [...] J’ai contribué à placer [le Château Laurier] dans une situation embarrassante. Mme Dumas a été obligée de défendre [la réputation de son établissement
, a-t-il laissé savoir.voici pourquoi j’ai commis ce crime
. Il a expliqué avoir voulu aider son frère, son meilleur ami
, qui était dans une situation très précaire pendant de longues années.
Tout a basculé quand on lui a diagnostiqué une maladie incurable. Je suis devenu son seul contact humain. N’étant plus capable de s’occuper de lui-même, j’ai choisi de l’aider financièrement. Pour l’aider, je l’ai envoyé en Grande-Bretagne où notre père vit. Je pensais que ça allait être bénéfique pour lui, mais ça n’a pas bien été
, a-t-il dit en première partie de récit.Je ne compte plus le nombre de fois que j’ai pris l’avion vers la Grande-Bretagne pour aller le voir, pour le trouver dans la rue en situation d’itinérance ou à l’hôpital. En décembre 2021, pour la première fois, je manquais d’argent pour l’aider. J’étais à la recherche de liquidité pour aller le chercher pour l’amener [à Ottawa] pour qu’il recommence une nouvelle vie.
En 40 ans de carrière, je n’ai jamais vu quelqu’un parler avec son cœur comme il l’a fait. C’est évident qu’il ne se sent pas bien. C’est pourquoi j’ai fait valoir au juge qu’il mérite une peine avec sursis.
accepter les excuses
de M. Wood bien qu’elles ne changent rien à la situation
et qu’elle espère
une peine de prison pour que le message soit passé
dans toute la société.
Des traces laissées derrière lui

Une saga qui a fait les manchettes à l’international
C'est un professionnel, c'est certain. Je passe devant ce cadre chaque jour et je le montre aux invités. Jamais je n'aurais pu dire que c'était une copie
, avait commenté la directrice générale de l’établissement, Geneviève Dumas, dans les jours qui ont suivi la découverte.
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