S’il est élu, Pierre Poilievre promet d’abolir la taxe carbone dans son entièreté
S’il est porté au pouvoir, un gouvernement conservateur abolira entièrement la taxe carbone, y compris son volet industriel, qui représente, selon des experts, un outil efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, qui répète depuis plus d’un an son fameux slogan Lundi, dans un point de presse organisé dans une aciérie fortement touchée par la guerre tarifaire lancée par le président américain Donald Trump, M. Poilievre a annoncé qu’il renoncerait à la taxe carbone dans son entièreté s’il devenait le prochain premier ministre du Canada. Les libéraux Carney-Trudeau ont déjà une taxe industrielle qui frappe l’industrie de l’acier. Ça coûte cher déjà et ça nous rend moins compétitifs face aux Américains, qui n’ont pas de taxe carbone. Selon le chef de l'opposition officielle, l’abolition de cette taxe La tarification de la pollution par le carbone a été pendant longtemps une politique clé du gouvernement libéral de Justin Trudeau pour lutter contre les changements climatiques. Elle se décline en deux volets : un premier qui concerne les consommateurs et un deuxième qui vise les grands émetteurs de GES. La partie de la tarification qui concerne les particuliers est récemment tombée en disgrâce, étant donné qu’elle ne fait pas l’unanimité au pays. Le nouveau chef libéral et premier ministre, Mark Carney, l’a d’ailleurs récemment abandonnée, signant un décret en ce sens dès son premier jour au pouvoir. M. Carney s’est toutefois engagé à préserver le volet industriel de cette taxe qui, selon plusieurs études, représente un outil efficace pour la réduction des émissions de GES. Selon l’Institut climatique du Canada, cette mesure sera responsable à elle seule d'environ le tiers de toutes les réductions d’émissions au pays d’ici 2030. Lundi, alors qu'il concluait sa première visite officielle à l’étranger qui l’a mené à Paris et à Londres, M. Carney a défendu sa position, affirmant que la taxe carbone industrielle est nécessaire pour rendre le Canada plus compétitif sur la scène mondiale, à l’heure où l’économie du pays est menacée par les tarifs douaniers américains. Devinez quelle est l'une des exigences commerciales de l'Union européenne, [...] du Royaume-Uni [...] ou des pays émergents en Asie? C’est la nécessité d’instaurer une forme de tarification du carbone. Plusieurs groupes de recherche ont, par ailleurs, eux aussi critiqué l'annonce de M. Poilievre. Dans un communiqué, l’Institut climatique du Canada, un organisme de recherche indépendant sur les politiques climatiques, a affirmé que Selon cet institut de recherche, Clean Energy Canada partage le même avis. Dans un communiqué, le groupe de réflexion affirme que l’abolition de cette mesure Si le Canada souhaite [diversifier] ses échanges commerciaux, [...] il ne doit pas se contenter de répéter les paroles de l'administration Trump et abandonner les politiques qui favorisent une économie propre. Le groupe rappelle par ailleurs que seulement quatre provinces et territoires appliquent le système fédéral de tarification sur le carbone industriel, à savoir le Manitoba, le Nunavut, l’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon. Les autres provinces et territoires appliquent leur propre système de tarification sur le carbone. L’abandon de cette mesure par le gouvernement fédéral En octobre dernier, plusieurs groupes représentant les industries du ciment, de l'acier et de l'énergie ont publié une lettre ouverte en faveur de la taxe carbone industrielle. Au lieu de demander son abolition, ils ont appelé le gouvernement fédéral à y apporter quelques modifications dans le but de rendre le processus plus transparent et moins bureaucratique. Dans son point de presse, M. Poilievre a dit qu’il encouragerait la lutte contre les changements climatiques à travers Le chef conservateur n’a toutefois pas précisé quelle serait sa cible de réduction de GES s’il est élu premier ministre, disant adopter une approche plus Si on ferme une usine d'acier ici au Canada et qu'elle est remplacée par une autre en Chine, où il n'y a pas de normes environnementales, cela rend la situation encore pire. En ramenant la production ici au Canada, nous réduisons les émissions à travers le monde. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau s’était engagé quant à lui à réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada de 45 à 50 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2035. Sur le plan provincial, la première ministre de l’Alberta a dit soutenir l’annonce de M. Poilievre, rappelant la nécessité pour le fédéral de respecter les compétences des provinces et territoires dans ce domaine.Abolir la taxe
, ou Axe the Tax
en anglais, s’est toujours prononcé contre la tarification sur le carbone visant les consommateurs, mais avait jusque-là refusé de dire s’il éliminerait également celle qui touche les industries.va permettre à ces entreprises d’investir leur argent dans les emplois, dans les technologies, et d’élargir leur production, [en plus] d’éliminer les désavantages qui existent déjà même avant les tarifs
douaniers de 25 % que l’administration Trump a récemment imposés.La taxe carbone industrielle, « une nécessité », selon Mark Carney
D'un côté, notre principal partenaire commercial nous attaque et nous impose des droits de douane. De l'autre, nous avons la possibilité de diversifier nos échanges commerciaux
, a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Londres.Des organismes se montrent critiques
la tarification du carbone industriel est la politique la plus importante
au pays pour réduire les émissions de GES et bâtir une économie propre, mais aussi compétitive à l’échelle internationale
.la tarification du carbone industriel est conçue précisément pour protéger la compétitivité des entreprises exportatrices qui ont une empreinte carbone importante, tout en leur offrant des incitatifs économiques pour investir dans des technologies plus propres, dans l’efficacité énergétique et dans des mesures de réduction des émissions
.Notre analyse montre que la tarification du carbone industriel n'augmente pratiquement pas les coûts d'exploitation des grands émetteurs
, indique encore l’Institut climatique du Canada.Aucun sens
n'a aucun sens d’un point de vue économique si l'objectif du Canada est de diversifier ses marchés d'exportation
, surtout que plusieurs pays dans le monde ont déjà une taxe carbone en place.ne peut qu’accroître les différences entre les provinces à un moment où le pays tente de s’unir
face aux menaces de Donald Trump, indique le groupe de réflexion dans son communiqué.Place à la technologie, selon M. Poilievre
les technologies, et non pas les taxes
, tout en promettant d’élargir l'admissibilité aux crédits d'impôt à l'investissement (CII) pour les technologies propres et la fabrication propre
.globaliste
.Notre but est de réduire les émissions à l'échelle globale tout en ramenant la production ici au Canada
, a-t-il encore dit.Les provinces doivent pouvoir adopter des programmes qui tiennent compte des besoins particuliers de leur province et de leurs industries, a-t-elle indiqué dans une déclaration écrite. Nous appuyons pleinement l'engagement de Pierre Poilievre de redonner aux provinces le pouvoir de réglementer leurs propres émissions industrielles.
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