L’UQAR invoque la souveraineté en Arctique pour remplacer son navire de recherche
L’Université du Québec à Rimouski veut amener la recherche canadienne universitaire en mer vers de nouveaux sommets. Elle planche sur le remplacement de son « navire amiral », le Coriolis II, une des seules embarcations dédiées à la recherche universitaire au pays. Et l’institution d’enseignement invoque la souveraineté canadienne en Arctique, mise à mal en raison de tensions géopolitiques, comme argument de vente pour obtenir de l’aide financière. Guillaume St-Onge nous accueille dans son bureau de l’Institut des sciences de la mer (ISMER). Le poste de travail du directeur donne sur l’imposant et bruyant chantier du futur pavillon de médecine vétérinaire de l’UQAR. Comme quoi une mission n’attend pas l’autre pour l’université dont la réputation dans le domaine maritime n’est plus à faire. Le bateau à l’emblématique coque jaune et bleu roule sa bosse à travers les eaux de l’estuaire du Saint-Laurent – mais pas seulement – depuis les années 1990. Au fil du temps, il a accueilli à son bord des dizaines de scientifiques. Mais le temps est venu pour la communauté scientifique canadienne de se doter d’un nouveau C’est le seul qui nous permet de faire des études à grand déploiement dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent et de trouver des solutions face aux changements climatiques. L’UQAR se targue d’avoir fait ses devoirs pour évaluer les différentes options de remplacement. Une étude d’opportunité lancée en 2023 a ciblé deux navires existants qui pourraient succéder au Coriolis II à partir de 2029, année de cale sèche. L'embarcation choisie sera par la suite convertie en navire scientifique et mise aux normes canadiennes. Celles qui ont été identifiées mesurent 20 mètres de plus que les 50 mètres du navire actuel de l'UQAR, ce qui permettrait de presque doubler le nombre de chercheurs à bord. L'étude d'opportunité conclut également que le projet de remplacement coûtera 75 millions de dollars, dont environ la moitié servira à acquérir le prochain navire de recherche universitaire. L'autre moitié servira à transférer une partie de l'équipement d'un navire à l'autre et de le mettre aux normes canadiennes notamment. Guillaume St-Onge, à bord du Coriolis II, qui peut accueillir jusqu'à 14 chercheurs. Le nouveau navire, lui, pourrait en recevoir jusqu'à 25. Photo : Gracieuseté de l'ISMER-UQAR/Quentin Beauvais Plus important encore, le futur navire sera muni d'une coque pour la glace, ce qui ouvre la possibilité d'effectuer des excursions 365 jours par année, Cet ajout permettrait du même coup aux chercheurs de gagner une nouvelle destination pendant l'été : l'Arctique, où plusieurs domaines comme les changements climatiques ou la fonte des glaces peuvent être étudiés. Ce rêve nordique, l'Université du Québec à Rimouski croit pouvoir le vendre aux différents ordres gouvernementaux. Pour convaincre Ottawa d'investir dans l'aventure, l'ISMER brandit un argument bien en vogue, celui de la souveraineté canadienne dans les eaux glaciales de l'Arctique. Le brise-glace Amundsen, de la Garde côtière canadienne, au large de l'île d'Ellesmere, dans l'océan Arctique Photo : Gracieuseté : Amundsen Science On voit que d'avoir des moyens d'aller en mer, de protéger et d'occuper notre souveraineté, c'est important. Pour ce qui est du provincial, le projet de zone d'innovation maritime était perçu par l'institut d'enseignement comme une Le Coriolis II appartient à l'UQAR, mais est géré par un organisme à but non lucratif, Reformar.Perdre cette capacité-là, c’est de perdre un leadership qui serait vraiment dur à reprendre après
, affirme le directeur de l'ISMER, au sujet de la place qu'occupe le Coriolis II dans la recherche universitaire au Canada. navire amiral
, de l'avis du directeur.Un nouveau navire en 2029?
C'est plus stable et ça permet d'aller en haute mer
, ajoute M. St-Onge, un habitué du Coriolis II. Son successeur aura également une autonomie prolongée.
contrairement à aujourd'hui où c'est un navire qui est utilisé du printemps jusqu'à la fin de l'automne
, commente le directeur de l'ISMER.Ça crée des liens très importants pour tous les chercheurs qui travaillent [déjà] dans l'Arctique, que ce soit ici à l'UQAR ou partout au Canada. Ça apporte une nouvelle plateforme qui est intéressante.
À la quête de financement
On le voit avec tous les volets géopolitiques qu'on est en train de vivre, avec des aspects de souveraineté et de menaces qui peuvent venir de certains pays comme la Russie, mais même avec nos voisins qu'on croyait nos partenaires principaux
, avance Guillaume St-Onge, qui rappelle l'importance d'une présence canadienne accrue au Nord.
voie royale
pour financer une partie du projet de remplacement du Coriolis II. Son abandon l'automne dernier a été vu comme un obstacle important
pour Guillaume St-Onge, qui fonde à présent beaucoup d'espoir dans son prix de consolation.Un des volets qui va être financé par le MEIE, c'est la création d'un centre d'innovation sur tout ce qui est robotique et technologies marines. Donc, le Coriolis II va encore jouer un rôle à ce niveau-là
, croit le directeur de l'ISMER, qui espère des développements cette année pour concrétiser ce pôle maritime.
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