Favoriser les échanges culturels à la 25e Expo-sciences autochtone Québec
Environ 80 jeunes de différentes communautés autochtones du Québec sont rassemblés à Kuujjuarapik, au Nunavik, pour l’Expo-sciences autochtone, une occasion pour eux de tisser des liens culturels et de nourrir leur curiosité scientifique. Les résidents de Kuujjuarapik et de la communauté crie voisine, Whapmagoostui, ont été invités à venir voir les différents projets scientifiques des participants. C’était pour eux une chance d’en apprendre davantage sur les nombreuses cultures autochtones de la province, puisque de nombreux projets scientifiques ont intégré une composante traditionnelle. C’est le cas d’Emily Brown et de Kwanutin Lajeunesse-Bellefleur, de la communauté de Wendake. Les deux élèves de sixième année ont pu présenter leur travail à des membres de la communauté. Photo : Fournie par Kativik Ilisarniliriniq / Jade Duchesneau Bernier Ces deux élèves de 6e année ont présenté un projet sur les outils traditionnels wendat, comme des couteaux et des pointes de flèches. Ils ont eux-mêmes appris à tailler les pierres et y ont ajouté de vrais os d’animaux, comme le veut la tradition. Des os d'animaux, du bois et de la pierre taillée ont été utilisés pour confectionner les outils traditionnels. Photo : Fournie par Kativik Ilisarniliriniq / Jade Duchesneau Bernier Présenter ces outils leur a permis d’avoir plusieurs échanges avec les membres de la communauté, qui ont montré beaucoup d’intérêt pour ces techniques ancestrales. D’autres participants de l’Expo-sciences ont quant à eux mis en avant les propriétés scientifiques des plantes médicinales. Manie-Anicya Mark-Vollant, de Pakua Shipi, en Basse-Côte-Nord, a présenté un projet sur les différentes essences de sapins et leur utilisation traditionnelle. Manie-Anicya Mark-Vollant souhaite maintenant documenter d'autres aspects de la culture traditionnelle innue. Photo : Fournie par Kativik Ilisarniliriniq / Jade Duchesneau Bernier Elle a ainsi fait appel à son entourage pour consigner les espèces utilisées. Son expérience de recherche lui a donné envie de consigner davantage les pratiques ancestrales de sa communauté. C’est une richesse à préserver, selon elle. Les essences de sapins et d'épinettes sont utilisées sous forme de thé dans la culture innue. Photo : Fournie par Kativik Ilisarniliriniq / Jade Duchesneau Bernier Dans le même registre, Émy-Julia Minikapu, d’Ekuanitshit, a proposé une idée de serre intelligente, dans laquelle il serait possible de faire pousser différentes plantes traditionnelles. Peu importe l'issue du concours, ces deux étudiantes se réjouissent d’avoir été en mesure de visiter Kuujjuarapik, et d’avoir pu rencontrer d’autres étudiants autochtones. Émy-Julia Minikapu a proposé un concept de serre intelligente pour favoriser l'utilisation de plantes traditionnelles médicinales. Photo : Fournie par Kativik Ilisarniliriniq / Jade Duchesneau Bernier Ce genre de rencontre est justement central dans la mission de l’organisme organisateur de l’événement, l’Association québécoise autochtone en science et en ingénierie (AQASI). L’intégration d’une composante culturelle aux projets scientifiques n’a pas toujours été aussi populaire, souligne-t-il. Il applaudit toutefois cette tendance. Quatre gagnants d'élèves du secondaire seront par ailleurs sélectionnés pour représenter les communautés autochtones du Québec lors de l’Expo-sciences pancanadienne. L’événement est prévu du 31 mai au 6 juin prochains, à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.
J’étais surpris que les ancêtres utilisaient ça comme outils pour aller chasser et prendre la peau des animaux. [...] C’est coupant, mais ce n’est pas l’outil le plus efficace non plus
, explique Kwanutin Lajeunesse-Bellefleur.
On a eu des commentaires super positifs. Ils posaient beaucoup de questions, pour savoir si c’est nous qui avons taillé les pierres
, explique Emily Brown.La tradition au service de la santé

J’ai parlé à mon grand-père, il m’a montré comment faire un thé de sapin. Ça m’a aidée quand j’étais malade. J'ai aussi demandé conseil à ma grand-mère, qui m’a montré ses recettes
, explique Manie-Anicya Mark-Vollant.J'aimerais poser des questions aux aînés, sur ce qu’ils faisaient avant, avec la médecine traditionnelle ou la cuisine. Je veux documenter tout ça
, ajoute-t-elle.
Je veux ramener un trophée dans ma communauté, pour montrer qu’on peut gagner quelque chose et qu’on peut réussir
, souligne Émy-Julia Minikapu.Des rencontres culturelles
Même s’il y a une barrière de la langue, ils sont vraiment accueillants. Ils ont même essayé de parler en français avec nous
, explique Émy-Julia Minikapu.
C’est une belle découverte pour nos jeunes. Ce sont des cultures complètement différentes. Les gens sont contents de nous voir, de voir des gens qui viennent d’ailleurs. C’est bon, ça renforce les liens
, explique Marc Lalande, président et trésorier de l’AQASI.Au cours des 25 années, il y a eu une évolution vers ce genre de projet là. Au niveau de l’éducation, il y a eu des prises de conscience, avec la culture et l’enseignement des langues autochtones. Plusieurs jeunes veulent faire un retour aux sources, ils donnent [aux projets] une saveur scientifique. C’est intéressant!
, ajoute Marc Lalande.
Advertising by Adpathway









