Québec accusera un déficit de 13,6 G$ au prochain exercice budgétaire
La présidence américaine de Donald Trump pèse lourd sur l’économie du Québec. Le gouvernement Legault prévoit enregistrer, pour l’année 2025-2026, un déficit de 13,6 G$ au sens de la Loi sur l’équilibre budgétaire, un nouveau record en chiffres absolus. Et encore : cette projection se base sur l’hypothèse que les droits de douane imposés par l’administration Trump seront en moyenne équivalents à des tarifs de 10 % et qu’ils pourraient être en place pendant environ deux ans. Baptisé Pour un Québec fort, le budget présenté mardi par le ministre des Finances, Eric Girard, confirme que l’année 2024-2025 a été un peu moins mauvaise que prévu. Le déficit projeté de 11 G$ a été revu à 10,4 G$. L’année 2025-2026, par contre, s’annonce plus difficile. Le gouvernement a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2025 : le produit intérieur brut (PIB) du Québec augmentera cette année de 1,1 %, prévoit-il, et non pas de 1,5 %, comme cela était prévu dans la mise à jour économique de novembre. Pour cette raison, les revenus seront un peu moins importants qu’anticipé, tandis que les dépenses, elles, devraient augmenter, le gouvernement ayant décidé d’investir davantage dans les infrastructures et de soutenir les entreprises touchées par l’incertitude ambiante, en instaurant pour elles de nouveaux crédits d’impôt. Le conflit commercial déclenché par la nouvelle administration américaine assombrit déjà les perspectives économiques. […] Face à cette menace, nous avons la responsabilité de transformer l’économie québécoise. Pour faire face à ces turbulences, Québec s’est doté d’une provision pour éventualités de 8,5 G$ sur cinq ans, dont 2 G$ en 2025-2026. Ce Comme la loi l’exige, le budget d’Eric Girard présenté mardi – son septième depuis son entrée en poste, en 2018 – s’accompagne d’un plan pour renouer avec l’équilibre budgétaire en 2029-2030. Pour contribuer à cet effort, le gouvernement a procédé à une révision du régime fiscal qui lui permettra de dégager des sommes qui atteindront 2,6 G$ en 2029-2030. Certains crédits d’impôt seront modifiés ou abandonnés, ce qui aura une incidence sur le portefeuille des Québécois. Les propriétaires de voitures électriques et hybrides, par exemple, passeront à la caisse. De plus, le gouvernement dit avoir identifié des sources d’économie au sein des différents ministères et organismes qui atteindront 3 G$ au terme du cadre financier. Lors du huis clos, la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel s’est par ailleurs félicitée que le gouvernement ait réussi à faire respecter les budgets alloués aux différents ministères, profitant de l’occasion pour confirmer que le gel de recrutement dans le secteur public sera maintenu, sauf exception (santé, éducation, etc.). Cet examen des dépenses budgétaires et fiscales, que Québec s’était engagé à faire l’an dernier, ne sera toutefois pas suffisant pour atteindre l’équilibre au sens de la loi. Les prévisions actuelles prévoient toujours des Et c’est sans compter la hausse du taux d’inclusion sur le gain en capital, qui a été reportée à janvier 2026, mais dont l’avenir apparaît incertain, les principaux partis fédéraux s’étant engagés à l’abandonner. Il est toujours prévu que cette mesure, à elle seule, rapporte 2,2 G$ au gouvernement du Québec à l’horizon du cadre financier. Un coup de pouce d’Ottawa pourrait aider Québec à redresser ses finances, a mentionné le ministre Girard, mardi. Les transferts fédéraux, après tout, n’augmenteront que de 1,6 % par année d’ici le 31 mars 2030, a-t-il déploré, ajoutant qu’il était difficilement comprenable qu’Ottawa n’ait plus de plan d’investissements en infrastructures depuis 2023. Le plan Girard pour renouer avec le déficit zéro pourrait en outre dérailler si la guerre tarifaire en cours avec les États-Unis s’envenime, puisque la Loi sur l’équilibre budgétaire a été modifiée dans les dernières années pour permettre au gouvernement d’y déroger en cas de L’administration Trump a jusqu’ici décrété des droits de douane sur l’acier et l’aluminium ainsi que sur tous les biens et services qui ne sont pas couverts par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). D’autres tarifs pourraient également être annoncés le 2 avril. Ces pénalités, si elles continuent de se multiplier, pourraient entraîner une récession, selon le ministre Girard, qui a évalué les risques d’un tel recul à 40 %, voire 50 %. Néanmoins, celle-ci ne se fera pas seulement sentir au Québec, a-t-il prévenu, mais Pour stimuler l’économie dans ce contexte pour le moins volatil, le gouvernement a notamment ajouté 11 G$ à au Plan québécois des infrastructures, dont la version 2025-2035, dévoilée mardi en même temps que le budget, atteint maintenant 164 G$. Ces investissements pèseront toutefois sur les objectifs de réduction de la dette. Le poids de la dette nette en fonction du PIB augmentera plus que prévu au cours des quatre prochaines années, si bien que Québec a dû revoir ses cibles à moyen terme. Ainsi, l’objectif de réduire le poids de cette dette à 33 % de l’économie d’ici le 31 mars 2033 a été revu à 35,5 %, et la cible de 30 % pour le 31 mars 2038 a été révisée pour atteindre 32,5 %. Au 31 mars 2025, la dette nette du gouvernement du Québec était de 236 G$ et représentait 38,7 % de l’économie de la province. Son remboursement (le Cette nouvelle peut être consultée en chinois (nouvelle fenêtre) sur le site de RCI (nouvelle fenêtre). C’était un budget complexe dans un environnement difficile
, a résumé le ministre Girard, mardi, dans le huis clos budgétaire.coussin
est inclus dans le déficit projeté de 13,6 G$ pour 2025-2026, tout comme le versement de 2,2 G$ au Fonds des générations. Un tel manque à gagner équivaut à 2,2 % du PIB, un sommet depuis les années 1990.
Équilibrer les finances d’ici cinq ans
Des
écarts à résorber
écarts à résorber
de 1 G$ en 2027-2028, et de 2,5 G$ pour chacun des deux exercices suivants.dégradation économique importante
.S’il y avait une récession au Québec, il faudra suspendre la Loi sur l’équilibre budgétaire
, a admis le ministre Girard, mardi.dans l’ensemble de l’Amérique du Nord
.Poids de la dette : Québec révise ses cibles
service de la dette
) devrait coûter à l’État 9,7 G$ en 2025-2026, ce qui en fait le quatrième poste de dépenses après ceux du ministère de la Santé et des Services sociaux, du ministère de l’Éducation et du ministère de l’Enseignement supérieur, devant le ministère de la Famille.
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