Un projet de refuge pour sans-abri divise les résidents d’un quartier torontois
Un groupe de citoyens de l’ouest de Toronto a organisé une manifestation dimanche dans un stationnement d'un quartier résidentiel où la Ville veut construire un refuge pour sans-abri. Le projet se heurte à beaucoup de résistance, même si certains résidents pensent qu'il est nécessaire. Le groupe New Toronto Initiative déplore le choix de cet emplacement, à proximité de deux écoles, d’un parc et d’un centre pour personnes âgées. Ces résidents considèrent aussi avoir été peu informés et consultés par la Ville et réclament la suspension du projet pendant 90 jours, le temps d'obtenir des réponses. Toronto veut ouvrir 20 nouveaux refuges d’ici 2033, dont celui du 66 rue Third, dans le secteur Etobicoke. Il pourra accueillir 80 personnes, dont des couples et des clients qui ont des animaux de compagnie. Les opposants au projet pensent que le lieu est mal choisi, dans un quartier résidentiel, près d'écoles, d'un parc et d'un centre pour personnes âgées. Photo : Radio-Canada Elle pense que la Ville doit trouver un autre endroit plus approprié. Marc Arseneau raconte que les gens ont l'impression d'avoir été consultés seulement après que la décision eut été prise. Photo : Radio-Canada Mon rôle, dans ma vie, comme directeur d’école, c’est la sécurité qui prime, et comme papa – j’ai trois filles de 6 ans, 5 ans et 3 ans – mon inquiétude, c’est la sécurité pour mes enfants. M. Arseneau a précédemment travaillé dans le quartier Parkdale Les opposants n’étaient toutefois pas les seuls à avoir affronté la pluie dimanche midi. D’autres citoyens, comme Erin Walker, sont venus pour démontrer leur appui au projet. Erin Walker pense que les opposants ont des arguments qui alimentent les peurs et qu'il faut remettre les pendules à l'heure. Photo : Radio-Canada Elle trouve que certains opposants tiennent des propos alarmistes, au sujet des dangers qui découleraient de l’ouverture du refuge. La conseillère municipale Amber Morley est au courant des objections et des craintes exprimées au sujet du projet. Elle doit rencontrer les gens du groupe New Toronto Initiative au début de la semaine. Elle raconte que d'autres citoyens sont très engagés en faveur du projet. La conseillère municipale Amber Morley a entendu les objections de résidents, mais note que d'autres ont exprimé leur soutien au projet et aux membres les plus vulnérables de la collectivité. Photo : Radio-Canada C’est une crise, un drame humain, qui se déroule sous nos yeux. La Ville organise aussi une séance d’information en ligne le 15 avril pour les résidents. Avec les informations d’Andréane Williams
C’est une bonne cause, mais c’est pas le bon endroit
, soutient Rita Sahlechtig. C’est une rue complètement résidentielle. On est des familles, avec des enfants qui vont à l’école.

Comme beaucoup de personnes ici, on a beaucoup d'inquiétudes par rapport à la sécurité pour les enfants
, enchaîne Marc Arseneau, un résident du quartier qui est aussi directeur d’école ailleurs.où il y avait plusieurs sans-abri
. J’ai eu beaucoup d’expériences avec les gens qui visitaient l’école, des tuyaux à crack, des seringues, des pilules, et ce qui m’inquiète vraiment, c’est que la Ville de Toronto, eux, ils vont pas se déplacer pour nettoyer les terrains de l’école.

Nous sommes ici par solidarité avec les personnes qui n’ont pas de logement. Nous pensons qu’ils font partie de la communauté et nous voulons être une communauté ouverte qui les inclut
, explique la résidente, qui a travaillé dans un refuge pendant 10 ans.Ce sont nos voisins, ce sont nos amis, alors pourquoi ne les aiderions-nous pas?
lance à son tour Erin Panjer, qui estime que c’est une question de dignité.Ils ont été de grands défenseurs, très vocaux, de cette solution aux défis auxquels nous faisons face
, dit-elle.
Ça fait seulement quelques années que nous voyons, dans notre communauté, des gens qui dorment dans des tentes, dans nos parcs, nos stationnements, nos abris d’autobus, dans les entrées des édifices
, raconte Mme Morley, qui a grandi dans le quartier et y habite toujours.
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