La voix de la Saskatchewan compte-t-elle sur la scène fédérale?
Depuis le début de la campagne électorale fédérale, la Saskatchewan semble absente des discours des chefs de partis. Mais pourquoi les Saskatchewanais semblent-ils si peu courtisés par les candidats fédéraux? Pour le politologue Frédéric Boily, les candidats fédéraux misent peu sur la Saskatchewan, car le nombre de circonscriptions est peu élevé dans la province. En effet, avec seulement 14 sièges sur un total de 343 pour l'ensemble du Canada, la Saskatchewan a beaucoup moins de poids que les provinces de l'est du pays. Frédéric Boily rappelle que l'ensemble des circonscriptions saskatchewanaises sont détenues par des députés conservateurs, ce qui fait qu'il est plus difficile de faire entendre la voix de ses habitants sous un gouvernement fédéral libéral. Le politologue croit cependant que la Saskatchewan pourrait devenir stratégique pour les libéraux. Frédéric Boily croit que, dans le cas d’une victoire des conservateurs, le 28 avril, la Saskatchewan aurait une place particulièrement importante à Ottawa. Dans ce cas de figure, plusieurs des élus saskatchewanais pourraient à son avis avoir une place dans le gouvernement du chef conservateur, Pierre Poilievre. Il ajoute que des personnalités fortes peuvent aider à représenter les intérêts des Saskatchewanais. Il donne l'exemple d'Andrew Scheer, ancien leader conservateur qui aurait pu devenir premier ministre en 2019, et celui de Ralph Goodale, qui a été un ministre libéral important dans les gouvernements de Jean Chrétien, de Paul Martin et de Justin Trudeau. Pour sa part, la professeure d’histoire à l’Université de l’Alberta Valérie Lapointe-Gagnon croit que, peu importe le parti au pouvoir à Ottawa, il sera important que le Cabinet compte au moins un représentant saskatchewanais afin de contrer le sentiment que l'Ouest n’y est pas suffisamment représenté. La Saskatchewan a pourtant déjà eu un poids plus important dans la politique fédérale, rappelle Stephen Kenny, historien émérite de l’Université de Regina. L’expert explique que, pendant une bonne partie du 20e siècle, la Saskatchewan avait une population relativement plus importante, ce qui lui donnait plus de poids à Ottawa. Lorne Nystrom, qui a été représentant néo-démocrate dans Regina pendant plus de 30 ans, rappelle que la province a été le berceau du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Canada et a longtemps représenté un vent progressiste au Canada. Malgré tout, Stephen Kenny croit que les enjeux de la campagne électorale sont pertinents pour les électeurs de la Saskatchewan. Le fait de ne pas être représentés au sein du parti au pouvoir ne signifie pas que les priorités des Saskatchewanais sont toujours ignorées, ou qu’ils ne profitent pas des programmes mis sur pied par le gouvernement fédéral. Stephen Kenny donne l’exemple de l’abandon de la taxe carbone pour les consommateurs, annoncée par Mark Carney, une taxe longtemps critiquée par le premier ministre provincial Scott Moe et son prédécesseur, Brad Wall. Frédéric Boily souligne toutefois un paradoxe important à ses yeux dans le contexte des tarifs douaniers américains et chinois : les candidats ne parlent pas des menaces qui planent sur la production des ressources naturelles importantes en Saskatchewan, comme la potasse et le canola, qui sont pourtant essentielles pour l'économie canadienne. Avec les informations d’Antoine Pejot-CharrostÉventuellement, s'ils veulent avoir un gouvernement national, ça serait bien d'avoir au moins une ou deux circonscriptions du côté de Regina ou du côté de Saskatoon.
[Ce sentiment] est toujours plus fort quand ce sont les libéraux au pouvoir à Ottawa parce qu'il y a un sentiment qu'ils incarnent une élite du centre du pays, une élite de l'est, qui n'est pas connectée avec la volonté des gens de l'Ouest.
La Saskatchewan a déjà eu plus de poids à Ottawa
Dans les années 1930, quand la Saskatchewan était la troisième province en importance en termes de population, le pourcentage de ses sièges était de 8,5 %.
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