Prix des œufs : plaidoyer d’un producteur pour la gestion de l’offre
Le copropriétaire de la Ferme avicole Paul Richard et fils, Jean-Philippe Richard, dont l’entreprise produit 90 000 œufs par jour, estime que le système de la gestion de l’offre, en place au Canada, constitue le principal garde-fou pour éviter une hausse aussi brutale des prix. Les œufs de consommation, les œufs d'incubation, le lait et ses produits dérivés, le poulet et le dindon sont des produits assujettis à la gestion de l’offre. Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir La douzaine ne se rendra pas à 10 piastres, pas ici. Je ne pense pas qu’on voit ça au Québec. Jean-Philippe Richard précise que la gestion de l’offre permet de fixer les prix, pour que les producteurs reçoivent un revenu qui tient compte de leurs coûts de production. L’homme d’affaires affirme que de petits impacts pourraient néanmoins se faire sentir au Canada. Quelque 90 000 œufs sont produits par jour à la Ferme avicole Paul Richard et fils à Rivière-Héva, en Abitibi-Témiscamingue. Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir Avec la multiplication des menaces de tarifs douaniers et l’imposition de certains d’entre eux depuis l’arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump, l’achat local a connu un élan partout au Canada, notamment en Abitibi-Témiscamingue. Jean-Philippe Richard, dont les œufs se retrouvent sur les tablettes de la plupart des supermarchés de la région, indique qu’il n’a jusqu’à maintenant pas observé de hausse notable des ventes en 2025, à l’exception de la semaine de relâche. Si les commerçants lui demandaient de grossir la taille de ses livraisons pour répondre aux besoins de la clientèle, M. Richard soutient que son entreprise serait prête à procéder. À la Ferme avicole Paul Richard et fils, les œufs des poules glissent sur un tapis pour être récoltés chaque jour par les employés. Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir Jean-Philippe Richard se réjouit de l’engouement actuel pour l’achat local et souligne que son entreprise s’efforce d’y contribuer notamment avec ses approvisionnements. En cas de crise, on l’a vu avec la COVID, tu es obligé de faire avec ce que ton pays produit, ce que ton pays fait. Si tu achètes tout de l’extérieur, tu te retrouves dépendant des autres. Si les autres en ont besoin pour eux, ils vont prioriser leur population. Les œufs doivent être lavés et triés avant d'être emballés. Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir Depuis qu’il est élu, Donald Trump a notamment fait part de son intention de s’attaquer au système de la gestion de l’offre en place au Canada. Jean-Philippe Richard reconnaît que ces propos sont préoccupants, mais rappelle que ce n'est pas la première fois que la gestion de l’offre est ainsi attaquée. Aux États-Unis, il y a des producteurs qui produisent autant que toute la production du Canada au complet pour un seul propriétaire. Venir compétitionner contre ça si on n’a pas la gestion de l’offre, ouf, ça va être difficile! Selon M. Richard, sans la gestion de l’offre, les plus petites fermes se feraient rapidement avaler par les plus grosses entreprises.La grippe aviaire touche toute l’industrie. On est constamment alerte là-dessus. Ça fait quelques années qu’elle est là. Actuellement, c’est sûr qu’elle frappe pas mal fort aux États-Unis, ce qui a créé une baisse de production. Eux, [ils] ne sont pas sous la gestion de l’offre, alors ça devient une question d’offre et demande. Il y a moins d'offres que de demandes, ce qui fait vraiment gonfler le prix
, fait observer M. Richard.
Il y a quand même des œufs des États-Unis qui viennent combler des marchés, plus au niveau de l’industriel, parce qu’ils en ont besoin au niveau de la transformation. Ce ne sont pas les œufs qu’on achète dans les douzaines. Ce sont des œufs autres qui vont être décoquillés et pasteurisés pour faire des œufs liquides. Pour notre entreprise, ici, ça n’a pas de répercussion dans l’immédiat
, explique-t-il.L’achat local demeure important

Ce n’est pas encore arrivé, mais on est capable de fournir à la demande sans problème si la demande est là
, affirme-t-il.
Pour moi, c’est une bonne nouvelle. L’achat local, je suis en faveur depuis des années, mais je suis plus sensibilisé parce que je suis un "local". Je veux que les gens achètent mes produits, alors j’essaie de faire la même chose autour de moi
, dit-il.Des menaces préoccupantes sur la gestion de l’offre

C’est sûr [que c’est préoccupant], mais la gestion de l’offre est toujours mise à l’épreuve. Ce n’est pas la première fois que ça va arriver. Partout où il y avait une gestion de l’offre avant, et que ça a tombé, les gens le regrettent
, affirme-t-il.Ça finirait par faire une seule grosse ferme, mais ce n’est pas ça qu’on veut
, conclut-il.
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