Réorganisation au CISSS-AT : les syndicats redoutent une « désorganisation »
Les syndicats ont unanimement dénoncé la réorganisation des services annoncée lundi par le CISSS-AT, qui comprend notamment l’abolition de plus de 500 postes et des chamboulements importants dans les équipes de travail. Représentant national de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Carl Verreault dénonce ce qu’il qualifie de double discours entre d’une part le manque de main-d’œuvre pour offrir les services de santé dans la région et les coupes annoncées. Du côté de l’APTS, ce sont 245 postes qui seront abolis, en incluant les postes vacants. Le président du Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue (FIQ-SISSAT), Jean-Sébastien Blais, s’est pour sa part dit abasourdi par les mesures contenues dans la réorganisation. Le président de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Jean-Sébastien Blais. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin Jean-Sébastien Blais craint les répercussions des mesures annoncées sur le climat de travail, en particulier en lien avec les abolitions de poste et le processus de supplantation. Selon lui, cette réorganisation pourrait davantage prendre des allures de désorganisation. On sait que 1 poste aboli peut toucher jusqu’à 7 personnes. Là, on parle de 500 postes qui vont être abolis. Imaginez la quantité de personnes qui vont être affectées par ça. Définitivement qu’on s’attend à beaucoup de désorganisation dans les prochains mois, beaucoup d’inquiétude et même beaucoup de démissions. Concernant l’amélioration de l’offre de soin, M. Blais estime que le réseau de la santé se dirige dans la mauvaise direction. Au total, 80 postes seront abolis du côté de la FIQ-SISSAT, qui représente notamment les infirmiers et infirmières auxiliaires. De son côté, la vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux pour la CSN, Lyne Massicotte, soutient que les mesures contenues dans la réorganisation représentent une mauvaise nouvelle pour l'ensemble de l'Abitibi-Témiscamingue. Elle refuse de lancer la pierre à la PDG du CISSS-AT, Caroline Roy, qui selon elle doit faire Lyne Massicotte, présidente du Syndicat régional du personnel paramédical des services auxiliaires et métiers du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Abitibi-Témiscamingue (SRPPSAM du CISSS-AT). (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier Prédisant une période d’austérité dans le réseau de la santé, Mme Massicotte dit craindre que ces abolitions de postes soient le prélude à des fermetures de services dans la région. Mme Massicotte dénonce également l’inéquité entre les restrictions budgétaires exigées ailleurs dans la province et celles imposées en Abitibi-Témiscamingue. Partout au Québec, le gouvernement exige une diminution de 3 % des heures travaillées. Ici, en Abitibi-Témiscamingue, c’est 16 %. Juste pour imager la démesure de leur demande, ça équivaut à peu près à l’équivalent de fermer deux centres hospitaliers dans la région. Ça ne fait juste pas de sens. Faisant écho aux propos de Jean-Sébastien Blais, Lyne Massicotte redoute la désorganisation au sein des équipes de travail que pourraient provoquer les changements à venir. En outre, Lyne Massicotte croit que l’annonce de la réorganisation pourrait causer un nombre significatif de démissions et de départs en arrêt de travail. Du côté de son syndicat, ce sont près de 130 postes qui seront abolis, en incluant les postes vacants.Le CISSS-AT dit qu’on fait ça pour la stabilité des soins et des équipes de soins. C’est complètement faux. On se retrouve dans une situation où les gens vont bouger de chaise, ils vont changer d’équipe, les équipes vont être déstabilisées. Ça risque de créer un climat quand même assez difficile
, affirme M. Verreault.On est abasourdis

On est abasourdis. On était encore en train d’avaler les premières abolitions de postes du mois de janvier dans les CHSLD, alors on reçoit cette vague-là vraiment de manière difficile. On se rend compte que finalement, le gouvernement se sert de Santé Québec comme bouclier et Santé Québec se sert des PDG comme de véritables pantins pour arriver à l’équilibre budgétaire
, avance-t-il.On devrait avoir de meilleurs ratios infirmières/patients pour améliorer la qualité des soins et améliorer la présence au travail et là, on va demander à moins de personnes de faire plus de travail. On a beaucoup de difficulté à avaler ça
, martèle-t-il.Beaucoup d’insécurité
beaucoup avec peu
.
On craint beaucoup entre autres pour nos services qui sont plus fragiles comme Senneterre et le Témiscamingue qui ont déjà par le passé subi des fermetures temporaires. Ça risque de rendre des offres de services en région plutôt instables. On trouve ça vraiment préoccupant
, exprime-t-elle.Se faire abolir son poste, ça vient avec beaucoup d’insécurité, ça vient avec de la désorganisation autant dans le milieu de travail qu’à la maison. On a des mamans qui travaillaient dans certains secteurs parce que l’horaire était de 8 à 4. Si le choix de supplantation est de 7 à 3, ça peut venir tout désorganiser le planning de vie de cette maman-là
, fait-elle remarquer.
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