Des mères inquiètes pour le futur de leurs enfants
À moins de trois semaines du scrutin fédéral, des mères de jeunes enfants se demandent comment le prochain gouvernement pourra répondre à leurs préoccupations. Elles s'inquiètent de voir la facture d'épicerie augmenter sans cesse, et se demandent si la crise du logement se résorbera avant que leurs enfants n'aient l'âge de quitter le nid familial. Dans le sous-sol de l’Accueil-Maternité, une dizaine de mères et leur poupon assistent à un atelier sur l'introduction de la nourriture solide. Des bébés se déplacent au sol, certains s’abreuvent au sein de leur mère et d’autres dorment à poings fermés. L’organisme qui a pignon sur l’avenue Rouleau est un lieu de répit et d’échanges entre mère. On y propose diverses activités pour renseigner les nouvelles mamans et briser leur isolement. Elles peuvent même y déguster un repas chaud pendant que des bénévoles bercent leur bébé. La directrice générale de l'Accueil-Maternité, Élodie Christel, est elle-même mère de deux enfants de moins de trois ans. Elle est loin d’être la seule que l'augmentation du coût de la vie préoccupe. La directrice générale de l'Accueil-Maternité, Élodie Christel Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger Accompagnée de son petit garçon de quatre mois, Caroline Beaudet fait le même constat. C’est de plus en plus difficile de se nourrir adéquatement, de se vêtir, de répondre à nos besoins primaires, en fait. Mme Christel est d’avis que le gouvernement fédéral a peu d’emprise en ce qui a trait au prix de la nourriture. Dans le contexte politique actuel, elle croit que le Canada doit travailler à améliorer son autonomie alimentaire. L’Accueil-Maternité recueille énormément de vêtements de bébés et les redonne aux femmes dans le besoin. Elles y trouvent de tout, du pyjama aux habits d’hiver en passant par les chapeaux et casquettes. L'organisme redistribue les dons de vêtements qui lui sont acheminés. Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger Récemment, l’organisme a aussi installé un réfrigérateur communautaire, ce que l’équipe appelle son frigo solidaire. Pour Marie-Ève Bédard-Bleau, mère de deux enfants en bas âge et d'une belle-fille adolescente, l'allocation familiale versée mensuellement par le gouvernement fédéral compte comme une partie des revenus de la famille. Le petit Théo, cinq mois, dans les bras de sa mère, Marie-Ève Bédard-Bleau, une habituée de l'Accueil-Maternité Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger La directrice générale de l’Accueil-Maternité salue d’ailleurs cette initiative canadienne créée en 1945. Elle croit d’ailleurs que le gouvernement a visé juste en proposant un élargissement du Régime canadien de soins dentaires. Elle croit que d’autres initiatives du genre sont nécessaires pour soutenir les familles. Des mères de famille qui ont un enfant aux couches s’inquiètent déjà de la situation du logement à long terme. Marie-Ève Bédard-Bleau et son conjoint sont devenus propriétaires tout juste avant la pandémie. Elle s’estime chanceuse puisqu'il serait maintenant difficile pour eux d'acheter une maison dans le contexte actuel. Elle croit que ses enfants vont rester longtemps dans la demeure familiale et se demande s'ils seront contraints de vivre en colocation toute leur vie adulte.Je le vois autour de moi, avec toutes mes mamans. On vit toutes la même chose, on fait des tris sur ce qu'on achète, sur ce qu'on n'achète pas. Parfois, il y a des choix à faire, on ne prend pas de légumes, on prend moins de viande
, raconte-t-elle.
C'est sûr qu'on fait encore plus attention à nos dépenses. On fait encore plus de budget pour être sûr de bien dépenser notre argent
, confie celle qui a également une fille de trois ans.Devenir un petit peu plus autosuffisants, développer les échanges entre provinces
, propose la jeune femme.
Il y en a qui repartent avec des denrées alimentaires parce qu’elles en ont besoin. Il y a une précarité qui s’installe dans les familles et nous, on le constate
, souligne Élodie Christel.L’importance de protéger l’allocation familiale
On se demande si nos allocations vont être diminuées, si elles vont être coupées, parce que ça fait une grosse différence pour nous
, mentionne-t-elle.
Mais on peut toujours proposer des services connexes
, mentionne Mme Christel.Nos enfants pourront-ils se loger?
Qu’est-ce que ça va être pour nos enfants plus tard, si un loyer aujourd’hui coûte 1000 dollars?
, se questionne Élodie Christel.
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