Chute mortelle à la Belgo : onde de choc à Shawinigan
Le drame s’est rapidement ébruité à Shawinigan, causant une véritable onde de choc au sein de la population, au lendemain de la chute mortelle d’une adolescente dans les ruines de l’ancienne usine Belgo. Tous sont d’accord pour dire que les mesures insuffisantes pour empêcher l’accès au site sont à la source de cet accident. La question n’était pas si, mais plutôt quand. À Shawinigan, les citoyens et les élus ne sont pas surpris du tragique accident. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’un drame du genre se produise; d’abord en raison des lacunes en sécurité pour interdire l’accès au site, de sa dangerosité et de son attractivité involontaire. C’est ce que déplore le maire de Shawinigan depuis de nombreuses années. Car ils sont encore nombreux à se rendre sur le site, pour prendre des photos, faire une randonnée, explorer les lieux laissés à l'abandon ou ajouter de la couleur sur le béton décrépit par les années. La députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, remarque depuis longtemps que les jeunes et les artistes s’en servent Michel Angers fait pression depuis de nombreuses années pour que le site soit entièrement nettoyé. Après 16 ans à la mairie, il est déçu que le site soit Cette lenteur est, selon lui, un résultat de la multiplication des études par le ministère de l'Environnement. L'usine Belgo de Shawinigan a fermé ses portes le 29 novembre 2007. Photo : Radio-Canada / Daniel Ricard Le maire affirme que si ce site avait été pris en charge comme celui de l’ancienne usine Aleris, à Trois-Rivières, qui lui a été complètement rasé pour éventuellement accueillir un quartier résidentiel, Jusqu’à présent, seul le mur chambranlant le long de la route 153, dont des briques s’en sont détachées en 2020, et un nettoyage en surface a été effectué. Ce n’est pas un endroit à aller visiter. C’est dangereux et il faut s’en tenir éloigné. Après que l’entreprise Recyclage Arctic Béluga, qui avait été mandatée par Shawinigan de la décontamination de l’ancienne usine, ait fait faillite, la Ville a sollicité l’aide du gouvernement. Le maire Angers réitère une fois de plus que le terrain ne lui appartient pas et que les solutions doivent être mises en place par le syndic, ainsi que le ministère de l’Environnement. Par ailleurs, la Ville de Shawinigan y avait installé des clôtures pour bloquer l’accès aux décombres, même si ce n’était pas son devoir de le faire, commente Michel Angers. Le Syndic Lemieux Nolet a installé des barrières et de l'affichage qui font souvent l'objet de vandalisme. Photo : Radio-Canada / Daniel Ricard La députée Marie-Louise Tardif explique toutefois que c’est le syndic, et le syndic seul, qui est responsable de la sécurité du site. À travers les années, de nombreux cadenas ont été coupés, des chaînes arrachées et des affichages enlevés. Le syndic avait déjà indiqué que les mesures de sécurité qu’il avait mises en place étaient rapidement neutralisées par les intrus. Michel Angers compte à nouveau faire pression pour accélérer la réhabilitation du site de l’ancienne usine Belgo. Il ne s’agit pas du premier accident à survenir sur le terrain désaffecté. En août 2023, une randonneuse nouvellement arrivée à Shawinigan a été victime d’une chute sur le site qu’elle ne connaissait pas. Attirée par la beauté du lieu aux allures postapocalyptiques, Joanie Frigon se rend sur le site, inconsciente des dangers qui la guettent, faute d’un affichage dissuasif, ou même de clôtures fermées. Joanie Frigon a été victime d'une chute sur l'ancien site de l'usine Belgo à Shawinigan le 17 août 2023. Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau Encore aujourd’hui, après ses demandes pour améliorer la sécurité, elle déplore que rien n'ait vraiment changé. Michel Angers espère que d’ici la fin de l’été il y aura une interdiction formelle d’entrer sur le site; quelque chose pour empêcher les curieux de le faire, afin d'éradiquer ce genre d’accident. Des parents affirment qu’ils sensibiliseront davantage leurs enfants aux dangers des ruines de la Belgo. Eux aussi, en écho aux paroles de Michel Angers, estiment qu’il y a urgence d’agir pour sécuriser les lieux encore trop facilement accessibles à tous. Avec les informations de Kassandra Lebel et de Louis CloutierJe trouve encore malheureux qu’il y a des gens qui font la promotion d’un site comme celui-là
, dit Michel Angers.comme terrain de jeu
.exactement dans la même situation qu’il a été laissé en 2020
, quand seule une partie de l'usine a été démolie. 
il n’y en aurait pas de monde
.Les gens ne viendront pas pour visiter une terre plate. On vient parce qu’il y a des décombres, parce qu’il y a des opportunités, il y a des graffitis, il y a des choses à aller voir qui sont dangereuses.
À qui la responsabilité?

Le terrain n’appartient pas au gouvernement provincial
, dit-elle, martelant aussi que la sécurité du site ne relève pas du ministère
.On veut aider, mais c’est dommage qu’encore une fois, une grosse entreprise privée ne prenne pas en charge un terrain et laisse ça à l'abandon
, déclare Mme Tardif.« Il y a urgence d’agir »
Je n’aurais jamais imaginé qu’un site aussi dangereux aurait été ouvert au public
, répond-elle.
C’est un site extrêmement dangereux et il n’y a aucune sécurité raisonnable pour un tel danger.
On attend toujours qu’on ait un accident pour remédier à une situation
, regrette le maire, visiblement exaspéré de l’inaction pour nettoyer le site.
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