Un couple de Sutton transforme une église anglicane en gîte touristique
L’église Saint-Aidan aura droit à une seconde vie, même si les croyants de Sutton Junction ne la fréquentent plus depuis longtemps. Et ce n’est pas grâce à une intervention divine : un couple de passionnés en a fait une gîte touristique, en prenant bien soin de conserver sa valeur patrimoniale. Pendant 30 ans, Jennifer Rowntree et Peter Johnson ont passé devant la petite église érigée en 1908 toutes les fins de semaine. De Montréal, les amoureux se rendaient à leur résidence secondaire, située juste à côté. En 2020, ils ont entendu dire que la communauté religieuse anglicane souhaitait la mettre en vente, car les fidèles ne venaient plus y prier. Jennifer Rowntree et Peter Johnson, propriétaires de l'église Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Acquérir l’église a coûté 40 000 $. Le couple, qui a déménagé à Sutton au cours de la pandémie, a eu l’idée d’en faire une résidence que les touristes pourraient louer pour une courte durée, le temps d’un week-end. Il y a ajouté deux chambres, une mezzanine, une salle de bains. Le travail était toutefois colossal. Peter Johnson a dû arracher les tapis, remettre les murs droits, isoler le bâtiment. L'église compte maintenant deux chambres. Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine En vérité, les paroissiens devaient autrefois se rassembler pour la messe dans la maison d’un résident, en hiver, quand la température descendait sous zéro. À 80 ans, Peter Johnson s’est occupé de tous les travaux, sauf de l’électricité, de la plomberie et du carrelage. Il continue de travailler à la ferme que possède le couple, à compléter quelques contrats en finance et, surtout, à faire de la construction. Jennifer Rowntree, 72 ans, a aussi contribué à la transformation. La chambre de la mezzanine Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Sans avoir la foi, les partenaires depuis 46 ans croyaient en l’importance de conserver la beauté gothique de l’église, qui est un véritable pan d’histoire pour les résidents du hameau. Jennifer Rowntree est antiquaire et aime L'église Saint-Aidan avait l'air de ceci quand le couple en a pris possession. Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Plusieurs éléments patrimoniaux ont été sauvegardés : le grand vitrail, le plafond de chêne, le lustre, les moulures. Le bénitier sert maintenant de support pour les plantes. Même les bancs d’église ont été réutilisés pour en faire des marches. Le couple estime avoir récupéré 90 % des matériaux. La salle de bains au rez-de-chaussée. Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Les amoureux croient avoir investi environ 250 000 $, ce qui inclut l’aménagement d’un puits et le raccordement aux services sanitaires de la Ville. Ils ont recyclé beaucoup de matériaux, en magasinant sur les plateformes en ligne de revente. Les armoires de cuisine et les barreaux des marches sont de seconde main, notamment. Les élus de Sutton ont approuvé la location à courte durée dans le bâtiment lors du dernier conseil municipal, début avril. Des citoyens inquiets de voir des fêtes et véhicules stationnés n’importe où sont venus exprimer leur désaccord. La chambre aménagée au rez-de-chaussée Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine Mais le maire, Robert Benoît, est persuadé que les quatre touristes qui peuvent y être hébergés ne poseront pas de problème. Il est ravi que l’église ait une seconde chance. S’il y a un problème de logement à court terme qu’on souhaite approuver, c’est celui-là. Le maire de Sutton, Robert Benoît Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer La construction de l’église Saint-Aidan avait coûté 1400 $ en 1908, un montant en grande partie financé par les dons des paroissiens qui souhaitaient se doter d’un lieu de culte pour leurs cérémonies religieuses, indique le répertoire du patrimoine culturel du Québec tenu par le ministère de la Culture et des Communications. La cloche de l’église a été ajoutée deux ans plus tard, au coût de 100 $. Elle pèse 130 kilos et provient d’une fonderie de Baltimore, au Maryland.J’ai parlé avec le prêtre et puis il nous a dit que oui, on pouvait l’acheter. Le lendemain, on était propriétaire
, raconte Jennifer Rowntree en souriant.
Rénover à 80 ans
Il n’y avait pas d’isolation. Il y avait le plâtre, les lattes et de l’air. C’est pour ça que les fidèles étaient réveillés durant la cérémonie
, laisse-t-il tomber, blagueur.

Conserver le patrimoine
les choses anciennes
. La femme de 72 ans a tenu une boutique à Montréal pendant plusieurs années et propose encore ses trouvailles dans une salle d’exposition à Sutton. Je ne suis pas religieuse, mais quand même, j’adore l’architecture dans les églises.

C’était un beau défi
, raconte Peter Johnson.
Une nouvelle attraction touristique

Je pense qu’on vient de développer une attraction touristique importante.

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