Tanya Boychuk et Mégane Sauvé, premières capitaines des Roses
Avec leur entraîneur-chef dans la jeune trentaine, les Roses de Montréal savent bien que l’âge avancé n’est pas un préalable au leadership. Voici donc les deux premières cocapitaines du club : Tanya Boychuk et Mégane Sauvé, 24 et 27 ans, toute la vie devant elles, mais aussi toute l’envie du monde de mener un groupe de joueuses à bon port sur l’océan de la Super Ligue du Nord (SLN) qu’elles s’apprêtent à explorer. L’entraîneur Robert Rositoiu a présenté ses deux meneuses mercredi, au terme d’une séance sous les flocons, à quelques jours du premier match des Roses dans la SLN sur la pelouse de l’AFC Toronto. Peut-être avait-il quelques neurones gelés : il a d’abord attaché le joli brassard noir, rouge et bleu de Sauvé à l’envers, le C doré malencontreusement devenu une parenthèse fermée. Tout le monde a perdu son sérieux un instant, mais on s’est admirablement repris : avec Sauvé par-dessus son épaule pour vérifier qu’on menait à bien le lourd processus, Rositoiu a posé un brassard blanc sur le biceps gauche de Boychuk – du premier coup. On se taquine au moment opportun, mais on se met vite en mode travail aussi. La complicité entre l’entraîneur-chef et ses capitaines est évidente. Un groupe de six meneuses s’est rapidement distingué parmi les Roses, a raconté Rositoiu. Quelques critères ont orienté ses observations par la suite. Le premier était cher à l’un de ses mentors, Philippe Eullaffroy, lorsqu’il dirigeait l’académie de l’Impact de Montréal : la prise d’initiative. Nouveau regard complice. Sauvé réprime un ricanement. Peut-être inspiré par le Choixpeau dans Harry Potter, Rositoiu a aussi basé sa décision sur la volonté des deux joueuses de porter le brassard de capitaine, au-delà de la simple reconnaissance de certaines qualités. Il faut vouloir s’adresser aux autres et montrer l’exemple – particulièrement au sein d’un groupe jeune comme celui des Roses. À ce propos, l’organisation a officialisé aujourd’hui l’embauche de deux joueuses de couloir de 17 ans, Savannah Chenail et Natelle Mokbel. Le programme jeunesse de la SLN leur permet de participer aux entraînements de l’équipe professionnelle et de jouer un maximum de deux blocs de trois matchs au cours de la saison. L’équipe a également annoncé l’embauche de l’arrière centrale allemande Lara Schenk. Passée par l’Université Harvard, puis par les championnats belge et espagnol, la joueuse de 26 ans peut aussi dépanner aux postes d’arrière latérale et de milieu défensif. Arrivée à Montréal la veille, Schenk ne s’est pas entraînée, mais elle a passé la matinée au centre d’entraînement des Roses, même si on lui avait accordé la permission de prendre une journée de congé. La rumeur veut qu’elle souhaitait prendre contact avec Sauvé Décoration inc. Avant les Roses et l’AFC Toronto, samedi, au BMO Field, le Rise de Vancouver et le Wild de Calgary seront en vedette, mercredi soir, pour le tout premier match de la SLN. Les joueuses des Roses vont-elles veiller jusqu’à 22 h (HAE) pour assister à ce moment historique pour le soccer canadien? Quelle question! Coup d’œil vers Robert Rositoiu. Visiblement, l’entraîneur-chef ne s’en fera pas trop pour le sommeil de ses protégées aujourd’hui. Pour un soir seulement, sans doute.C’est une pression, mais aussi un privilège de tenir ce groupe-là ensemble, a soutenu Sauvé. Nous formons le lien entre le groupe et le personnel technique. Nous créons un équilibre entre les deux. Les messages circulent mieux.
Beaucoup de filles dans l’équipe sont des leaders, a renchéri l’Albertaine Boychuk dans son remarquable français. Chacune d’entre nous apporte différentes qualités. Nous sommes tellement fières d’être les deux capitaines.
Je donne un exemple, a enchaîné Rositoiu. Mégane, quand les filles sont arrivées, elle a pris l’initiative de les accueillir à l’appartement, même de meubler un petit peu les appartements… du mieux qu’elle pouvait…
C’était magnifique, a poursuivi l’entraîneur. On ne s’attendait pas à ça. Tanya, par exemple, dans tout ce qui est préparation invisible, travail dans le gymnase, c’est un exemple pour tout le monde. Il faut montrer l’exemple aux autres.
Pas de couvre-feu pour le match historique
Il y a 13 de nos joueuses qui habitent dans le même immeuble, alors on se fait une petite soirée de visionnement, a indiqué Tanya Boychuk. Malgré les trois heures de décalage, nous allons regarder ça. Nous avons tellement hâte de voir le niveau – les autres équipes, on ne les a pas vues s’affronter. Nous ne savons pas à quoi nous attendre, mais c’est formidable de pouvoir regarder un match avant de jouer à notre tour ce week-end.
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