Accablé de dettes, ce monastère en ruine est menacé dans Westboro
Un couvent désigné patrimonial à Ottawa est mis en vente après qu'une filiale d'Ashcroft Homes à été mise sous séquestre. La situation inquiète des résidents du quartier Westboro. Le couvent des Sœurs de la Visitation, situé à l'angle sud-ouest du chemin Richmond et de la promenade Island Park, date des années 1910, bien que certaines parties aient été construites avant la Confédération. Il a abrité un ordre de religieuses cloîtrées pendant un siècle, jusqu'à ce que la propriété soit vendue à Ashcroft Homes en 2009 pour 12,7 millions de dollars. Ashcroft a par la suite construit un ensemble de copropriétés au nord du couvent. En 2018, le conseil municipal d'Ottawa a approuvé les plans de construction d'un autre immeuble de neuf étages lié au bâtiment, qui aurait été conservé et préservé. Ce projet ne s'est toutefois jamais concrétisé et le couvent est resté fermé et inoccupé pendant des années. Entre-temps, 723 567 $ d'arriérés d'impôts se sont accumulés. Selon Stuart Huxley, l'avocat général de la municipalité par intérim, la Ville d’Ottawa a jugé le bâtiment dangereux et a émis un arrêté demandant au propriétaire de faire appel à un ingénieur certifié pour l'évaluer et formuler des recommandations afin d’effectuer les réparations nécessaires. Le bâtiment présente des Le conseiller municipal de Kitchissippi, Jeff Leiper (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Giacomo Panico Lorne Cutler, président du groupe communautaire Hampton Iona, juge que le couvent est Je suis très inquiète que l’édifice se détériore et je pense que beaucoup de gens pensent la même chose. C'est un grand et beau bâtiment. Il a besoin de beaucoup d'amour. La présidente du comité du patrimoine de l'Association communautaire de Westboro, Heather Mitchell, renchérit, estimant que la situation est La partie la plus ancienne du couvent a été construite vers 1865 dans un style néo-gothique. Le manoir est connu sous le nom de À l'époque, le chemin Richmond était bordé de propriétés cossues. Le Elms a accueilli des hommes d'affaires et des politiciens éminents d'Ottawa, dont le sénateur James Skead et George Holland, qui fut brièvement copropriétaire du Ottawa Citizen avec son frère. Les Sœurs de la Visitation ont acheté la propriété en 1910 et l'ont revendue en 2009. Les religieuses restantes ont rejoint un autre ordre à Pembroke. Le conseil municipal d’Ottawa a accordé au couvent une désignation patrimoniale en 2010, à peu près au moment où Ashcroft Homes a dévoilé un plan en trois phases pour réaménager le site. La première phase, une série de trois immeubles de neuf étages le long du chemin Richmond, a été achevée il y a une dizaine d'années. La deuxième phase visait à transformer le couvent en un bâtiment à usage mixte comprenant 161 unités d'habitation et un espace de restauration. Son aile sud-ouest devait être démolie pour faire place à une nouvelle tour résidentielle de neuf étages. La troisième phase prévoyait une résidence pour aînés un immeuble résidentiel de faible hauteur à l'extrême sud de la propriété. Il semble qu'Ashcroft ait par la suite inversé l'ordre des phases, puisque son site Internet désigne désormais cette partie du plan comme étant la phase 2. Ancien président de Patrimoine Ottawa, David Jeanes était optimiste et pensait que la désignation patrimoniale et le réaménagement du promoteur permettraient de préserver le couvent. Ashcroft Homes n'a pas répondu aux nombreuses demandes de CBC. L'administrateur judiciaire, MNP, a indiqué qu'il n'était pas en mesure de commenter au-delà des documents déposés au tribunal. Ces documents révèlent que la filiale d'Ashcroft – connue sous le nom d'Ashcroft Homes– 108 chemin Richmond – n'a pas remboursé les intérêts sur un prêt de 7 millions de dollars accordé par la Banque royale du Canada. En conséquence, la banque a demandé l'année dernière à ce que la filiale soit mise sous séquestre. D'autres filiales d'Ashcroft, situées un peu partout à Ottawa, sont déjà sous séquestre en raison de dettes impayées. La Banque Royale du Canada cherche également à recouvrer un prêt de 80 millions de dollars lié au vaste projet de développement Eastboro, dans l'est de la ville. Des filiales, incluant plusieurs propriétaires de résidences pour aînés d'Ashcroft, sont également sous séquestre pour des millions de dollars de prêts non remboursés à un autre groupe de prêteurs. Le couvent se trouve sur un site de 4,23 acres. L'administrateur judiciaire a mis l'ensemble en vente, mais aucun prix n'a été fixé. Les offres doivent être déposées avant le 28 mai. Le conseiller Jeff Leiper espère que le futur propriétaire suivra les plans approuvés par le conseil municipal pour développer et préserver le bâtiment. Heather Mitchell, vice-présidente de l'Association communautaire de Westboro et présidente de son comité du patrimoine Photo : Radio-Canada / Mathieu Deroy Heather Mitchell craint quant à elle que la propriété reste sur le marché. Même si le monastère est vendu, rien ne garantit que le développement envisagé se concrètisera rapidement, ajoute-t-elle. D'après les informations d’Arthur White-Crummey de CBCfissures structurelles significatives
au niveau des fondations, selon Me Huxley. Le propriétaire du bâtiment a porté la décision de la Ville en appel.
Ce bâtiment est un trésor pour notre communauté
, estime le conseiller municipal du quartier Kitchissippi, Jeff Leiper. Il est absolument irresponsable de l'avoir laissé se dégrader à ce point, à un niveau qui soulève désormais des questions fondamentales quant à son intégrité structurelle.
une oasis unique et paisible au cœur de Westboro
.épouvantable
.Il s'agit d'un élément très important du patrimoine et je pense que beaucoup de gens s'y intéressent, mais personne ne semble en mesure de faire quoi que ce soit. C'est un vrai problème
, soutient-elle.Un manoir visité
Elms
.Maintenant, je dirais que je suis pessimiste
, reconnaît-il.Séquestre et intérêts impayés
Le conseiller Leiper est inquiet
Tant que le site n'est pas correctement aménagé, il existera un risque réel que le bâtiment finisse par s'effondrer
, avance-t-il. Il concède par ailleurs que l'impôt foncier impayé sera un défi pour tout nouvel acheteur.
Je suis terrifiée à l’idée que le bâtiment reste comme ça et qu’il soit démoli par attrition, qu’il se désintègre jusqu’à devenir dangereux, et que le nouveau propriétaire dise : "Je ne peux rien faire, vous devez me libérer de mes obligations et je vais devoir le détruire"
, s'inquiète-t-elle.
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