Boycottage des États-Unis : vers une saison touristique comme durant la pandémie?
De nombreux Canadiens troqueront cet été les plages du Maine et les châteaux de Disneyland pour des paysages plus locaux. En raison du boycottage des destinations américaines, des acteurs du milieu touristique d’ici s’attendent à un fort achalandage et se préparent à une saison estivale qui pourrait ressembler à celle de 2020. Cette entreprise de chalets locatifs affiche complet pour la longue fin de semaine de Pâques, mais la véritable haute saison commence dans quelques semaines et les plages horaires libres se font rares. On enregistre déjà une augmentation du nombre de réservations de 30 % comparativement à l’été dernier. Le domaine des Chalets des pins à Rawdon, dans Lanaudière.
Photo : Radio-Canada Des compagnies aériennes comme WestJet, Air Canada et Porter ont déjà revu leurs offres de services pour cet été afin de composer avec la baisse du nombre de réservations pour des vols à destination des États-Unis. Geneviève Cantin, présidente-directrice générale de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec.
Photo : Radio-Canada Elle croit que l’achalandage pourrait se comparer à ce qu’on a observé durant la pandémie, mais dans de meilleures circonstances. À l’été 2020, des hordes de touristes avaient envahi des régions comme la Gaspésie en y installant leurs tentes de camping sur toutes sortes de terrains et en laissant des déchets sur les plages. [En 2020], on n'était pas nécessairement outillés dans les régions touristiques pour accueillir des mannes de touristes à des moments ciblés. L'industrie touristique s'est organisée. Et la grosse différence, c'est que maintenant, les Québécois font le choix de rester au Québec. C’est ce qu’espère Tourisme Côte-Nord, qui estime que la prochaine saison estivale battra de nouveaux records. Il y a quelques semaines, cet organisme a lancé sur les réseaux sociaux une publicité qui incite les Québécois à choisir la Côte-Nord pour leurs vacances 2025. On y compare la Côte-Nord à la Norvège sur un ton humoristique. Joannie Francœur-Côté, directrice générale de Tourisme Côte-Nord. Photo : Radio-Canada Même chose au domaine des Chalets des pins : Mais qu’en est-il des endroits qui accueillent les touristes américains? Selon les dernières données du ministère du Tourisme du Québec, ces derniers représentent environ 10 % de la clientèle estivale. Un aubergiste des Laurentides raconte que certains de ses clients en provenance des États-Unis ressentent un malaise à venir séjourner au Canada, ce qui ne se répercute pas nécessairement sur les réservations. Le phare de Carleton-sur-Mer (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose L’Alliance de l’industrie touristique du Québec a toutefois investi plus d’argent cette année pour convaincre les Américains de prendre leurs vacances estivales au Québec. Cette organisation mise sur deux messages : leur rappeler que le taux de change est profitable pour eux et que, malgré la guerre tarifaire, ils sont toujours les bienvenus.Je pense que le mot s'est passé de dire : "On ne va plus aux États-Unis, il va y avoir une [situation exceptionnelle], et là, on réserve rapidement"
, dit Sabrina Vigneau-Courchesne, propriétaire du domaine des Chalets des pins à Rawdon, dans Lanaudière.
C'est un sujet constamment discuté par les clients, précise la propriétaire. Plusieurs de mes clients m'ont dit qu'ils allaient décidément ne pas retourner aux États-Unis pour leurs vacances, que ce soit estival ou même cette année.
« Des records d'achalandage »
C'est une année un peu transitoire. On s'entend qu'on est dans une drôle de situation actuellement
, estime Geneviève Cantin, présidente-directrice générale de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec.
Depuis la pandémie, on a quand même un achalandage qui est en augmentation constante. Ça fait quatre années consécutives qu'on a des records d'achalandage
, rappelle la directrice générale, Joannie Francœur-Côté.On s'attend à ce que la situation [avec les États-Unis] soit peut-être plus bénéfique qu'autre chose pour notre magnifique territoire
, ajoute Joannie Francœur-Côté. Mis à part la clientèle du Québec ou du reste du Canada, la Côte-Nord attire surtout des visiteurs de l’Europe francophone.
98 % de notre clientèle est québécoise
, affirme Sabrina Vigneau-Courchesne.Touristes américains
Quand on parle aux entreprises touristiques, on parle aux hôteliers, on parle aux restaurateurs, et ils ne voient pas de diminution. Il n'y a pas d'annulations actuellement de la clientèle américaine
, assure Geneviève Cantin.
Les réservations vont bien. Ce qu’on surveille beaucoup, c’est vraiment les entrées aux frontières
, précise la présidente-directrice générale, qui estime que, pour le moment, la situation semble habituelle, malgré les appels à la prudence.
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