Un titre, un record et une qualification : les mondiaux réussis de Marie-Éloïse Leclair
De retour d’un séjour assez fructueux à Guangzhou, où elle a notamment enlevé les honneurs du 4 x 100 m mixte aux mondiaux de relais, la sprinteuse québécoise Marie-Éloïse Leclair a refait le plein de confiance et a retrouvé ses aises sur la piste chinoise. Une victoire qui restera gravée dans l'histoire de l'athlétisme étant donné qu'il s'agissait d'une première pour cette épreuve à cette compétition. Marie-Éloïse Leclair et ses partenaires Sade McCreath, Duan Asemota et Eliezer Adjibi seront à jamais les premiers champions du monde de la nouvelle discipline. Il n'empêche que le triomphe était quelque peu inattendu pour Marie-Éloïse Leclair, qui n'avait Un début de cycle olympique qui laisse également présager de belles perspectives en vue des Jeux de Los Angeles, puisqu'il a été annoncé en avril que le relais 4 x 100 m mixte était ajouté au programme estival de 2028. Marie-Éloïse Leclair, Duan Asemota, Sade McCreath et Eliezer Adjibi Photo : Athlétisme Canada En plus de cette consécration, Marie-Éloïse Leclair a inscrit son nom dans le livre des records de l'athlétisme canadien au relais féminin en compagnie de Sade McCreath, de Catherine Léger et d'Audrey Leduc. Le quatuor a également décroché sa qualification pour les Championnats du monde d'athlétisme, point d'orgue de la saison en septembre, à Tokyo. Les Canadiennes ont conclu en 5e place, non loin des Américaines et des Jamaïcaines, qui les ont respectivement devancées par 8 et par 13 centièmes de seconde. Une réussite sur toute la ligne, donc, quoique les coureuses de l'équipe unifoliée en veulent davantage : elles ont maintenant soif de victoire après avoir été dans l'ombre des nations de pointe. Je pense que c'est dur d'être déçue quand c'est un record canadien en finale mondiale, mais je pense que mes coéquipières seraient d'accord pour dire que l'on veut beaucoup plus que ça. Surtout que ça fait quand même quelques fois qu'on se retrouve dans une finale internationale. On a établi le fait qu'on est capables de se mesurer aux meilleures, mais on veut être sur le podium, on veut battre le record, on veut briser les 42 secondes. Il s'agit en quelque sorte d' Audrey Leduc, Sade McCreath, Catherine Léger et Marie-Éloïse Leclair Photo : Gracieuseté : Athlétisme Canada Des succès qui arrivent à point pour la principale intéressée. De son propre aveu, elle était en quête de repères depuis quelques mois, car elle était insatisfaite de ses récentes performances dans la portion intérieure du calendrier. Son retour à la compétition en début d'année, après sa première expérience olympique, à Paris, lui avait laissé un certain goût amer en bouche. La sensation s'est toutefois dissipée le week-end dernier. Ce qu'une croquée de médaille peut procurer. C'était un bon retour à la réalité qui m'a aidé à mettre les choses en perspective, puis de me prouver maintenant que je suis un peu sortie de ce nuage, de me dire que je suis capable de surmonter des obstacles, même si ce n'étaient pas d'énormes obstacles. Évidemment, je sais qu'il y en a dans une carrière, ce sont des montagnes russes, même quand ça ne va pas bien, si l'on continue d'avancer, un moment donné, le soleil ressortira. Il va sans dire que le ciel s'est bel et bien dégagé pour Marie-Éloïse Leclair, qui a rayonné et mis son empreinte sur un titre mondial, un record national et une qualification aux Championnats du monde. De quoi insuffler une bonne dose de confiance pour la suite de la saison, tant au relais qu'en solo.C’est ce à quoi je me raccroche le plus parce que c'est excitant de savoir qu’en ce moment, on pourrait dire qu'on a le record du monde non officiel [...]. Le fait qu'on soit la première équipe à gagner, personne ne pourra nous l'enlever, donc ça rajoute à l'importance de la course pour moi
, dit Leclair.Maintenant que la poussière commence à retomber, je me mets à réaliser ce qui s'est passé pour vrai. Juste de sortir ma médaille de mes valises, je me rends compte que c'est vraiment la mienne, puis elle m'appartient pour toujours
, enchaîne la Montréalaise.aucune attente
en amont des mondiaux. D'autant plus qu'elle ne s'était jamais exercée à transmettre le témoin à Duan Asemota, qui occupait le rôle de troisième relayeur parmi la sélection canadienne.Je ne suis pas surprise que ça ait bien été, mais c'était le premier test. Une fois que c'était réussi, ç'a enlevé une grande pression parce que c'était le seul échange qui n'était pas certain
, explique-t-elle.Ça revient au fait qu’il y avait une très grande confiance entre chaque membre de l'équipe, qu'on allait être capables de faire avec le peu de pratique qu'on avait. Et aussi de savoir que Duan et moi, individuellement, on est capables de s'adapter et rester concentrés, même dans des situations qui ne sont pas nécessairement habituelles
, poursuit Marie-Éloïse Leclair.
Une marque nationale et beaucoup d'ambition
On est heureuses, on est fières, on est contentes de ce qu'on a fait en fin de semaine. Ça n'enlève rien à ça. On n'est pas obligées de tout faire en même temps [...]. Ça nous motive encore plus à en vouloir plus
, indique l'athlète de 22 ans.C'est important de se rappeler un peu d'où l’on vient. Ça serait un peu ambitieux d'en vouloir trop, alors qu'il n'y a même pas deux ans, l'équipe du Canada n'était pas aux Championnats du monde. On est loin de la finale quand on n'est pas capables de se qualifier pour la compétition. C'est pour ça que je pense qu'il ne faut pas en vouloir trop, être trop gourmandes
, souligne-t-elle.un message qu'on veut envoyer : ce n'est plus l'ancienne équipe, c'est la nouvelle équipe maintenant
, martèle Leclair.
Les temps n'étaient pas ceux que je voulais. Je trouve que je n'étais pas aussi sharp mentalement comme je le suis d'habitude [...]. Je pense que le retour des Jeux, ç'a pris un petit coup sur mon énergie mentale. Mais maintenant, avec du recul, c'était vraiment formateur ces derniers mois
, mentionne-t-elle.Individuellement, je pense que je l'attends encore un peu, mais comme je suis encore jeune, je ne m'en fais pas avec ça et je sais que ça va venir. Avec déjà quelques expériences sur la scène internationale, j'ai hâte que ce soit mon tour de performer aussi individuellement
, conclut-elle.
Advertising by Adpathway









