Des chercheurs suspectent un cancer « transmissible » entre poissons au lac Memphrémagog
Des chercheurs de l’État du Vermont émettent l’hypothèse que le nombre important de barbottes brunes atteintes de cancer dans le lac Memphrémagog pourrait s’expliquer par une « tumeur transmissible ». Le phénomène, rare, intrigue les experts. Pour l’instant, rien n’indique qu’il y aurait un risque de transmission à l’humain. C’est l’hypothèse qui a été présentée à des universitaires, experts de ministères et d’organismes réunis jeudi à Magog dans le cadre d’une réunion du Comité directeur Québec-Vermont. L’équipe du Vermont Fish and Wildlife Departmenta prélevé des barbottes brunes dans plusieurs secteurs du lac Memphrémagog, qui enjambe la frontière entre le Canada et les États-Unis. Environ 30 % des spécimens avaient une En analysant les données génétiques, les scientifiques émettent maintenant l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un Les scientifiques ont remarqué que ces taches noires se développent en tumeur cancéreuse maligne. Photo : MELCCFP Peu de cas similaires documentés Si cette hypothèse est prouvée, il s’agirait de l’un des rares cas connus de cancer transmissible entre spécimens. Parmi les autres cas documentés, elle cite un cancer transmissible sexuellement entre chiens, une tumeur faciale qui affecte le diable de Tasmanie et un cancer qui touche une sorte de mollusque. C’est un phénomène étrange que nous commençons à voir dans d’autres endroits dans le Nord-Est [des États-Unis] Les chercheurs ne sont pas en mesure d’expliquer pour l’instant comment le cancer se transmettrait de barbotte en barbotte dans le lac Memphrémagog. Rien n’indique pour l’instant non plus qu’il y aurait des risques de transmission à l’humain ou que de consommer la chair de la barbotte cancéreuse puisse être un enjeu pour la santé. Des biologistes du Québec et du Vermont ont collaboré dans ce projet. Photo : VTF&W Une cause toujours inconnue Les chercheurs ne savent pas encore qui est le La pollution pourrait être en cause, mais Matthew Bodnar doute que c’est qui explique le haut taux de contamination actuel. On ne sait pas d’où le mélanome vient. On ne sait pas comment ça s’est répandu dans le lac. M. Bodnar suspecte toutefois que l’arsenic mesuré en grande quantité chez les poissons et présent naturellement dans le secteur du lac Memphrémagog puisse être un facteur contributif. Il pourrait réduire les capacités du système immunitaire à combattre l’infection. Emily Curd, analyste en bio-informatique au réseau de recherche biomédicale du Vermont de l’Université du Vermont, et Matthew Bodnar, biologiste au Fish & Wildlife du Vermont Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies Aussi ailleurs dans le nord-est des États-Unis Les chercheurs ont découvert plusieurs autres plans d’eau avec des barbottes brunes cancéreuses, notamment dans les États du Maine, du New Hampshire et du Massachusetts. Ils ont d’ailleurs recensé des mentions de Les premiers signalements de lésions chez les barbottes brunes ont été acheminés en 2012 en Vermont Fish and Wildlife Department. Le ministère de l’Environnement du Québec participe aux efforts des chercheurs. Ces derniers comptent poursuivre leurs démarches afin d’être en mesure de prouver ou d’infirmer leurs hypothèses et de fournir des réponses claires à la population. lésion noire
qui se développe généralement en tumeur cancéreuse maligne.cancer transmissible
. Les données génétiques suggèrent une tumeur transmissible, explique l’analyste en bio-informatique au réseau de recherche biomédicale du Vermont de l’Université du Vermont, Emily Curd. D'une manière ou d'une autre, certaines cellules de poisson sont transmises entre les poissons et provoquent des mélanomes.

Ce serait le quatrième cas documenté
, souligne Mme Curd.Il ne semble pas que ça se transmette aux autres espèces
, précise le biologiste de la santé des poissons au Vermont Fish and Wildlife Department, Matthew Bodnar.
patient zéro
et ce qui a causé le cancer chez cette espèce de poisson. Nous avons juste gratté la surface, illustre Emily Curd. Nous avons trouvé quelque chose de vraiment intéressant, et maintenant, nous devons savoir pourquoi c’est ici.
Nous sommes certainement toujours préoccupés par le fait que la pollution pourrait faire partie de l'histoire, mais nous ne pensons pas qu'elle soit essentiellement la cause principale de ces tumeurs.
Ça permet de propager davantage le mélanomes
, explique M. Bodnar.
lésions noires
sur les poissons dans le journal du philosophe et écrivain Henry David Thoreau en 1858. Nous pensons que ça circule dans l’environnement depuis un long moment; pas dans le lac Memphrémagog, mais dans le Nord-Est de manière générale
, explique M. Bodnar.Nous savons que c’est terriblement inquiétant [pour la population] et le savoir, c’est le pouvoir. Nous cherchons à répondre aux questions
, assure M. Bodnar.
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