L’Anse-Saint-Jean priorise un bail à long terme et le privé pour le Mont-Édouard
L'Anse-Saint-Jean préconise pour le moment de confier un bail emphytéotique, soit un bail à long terme, à une organisation privée pour gérer la station de ski du Mont-Édouard. Lors d'une séance publique d'information samedi, la Municipalité a présenté son plan à une centaine de personnes réunies pour l'occasion. Après plusieurs discussions avec son comité aviseur, le conseil municipal a décidé de confier la gestion de la montagne à un gestionnaire privé afin de se libérer du fardeau financier que représente le Mont-Édouard. Avec un bail emphytéotique, dont la durée varie de 10 à 100 ans, L'Anse-Saint-Jean serait encore propriétaire de la montagne, mais laisserait au nouveau gestionnaire le soin de prendre les décisions. Ce dernier aurait le droit de faire des travaux, mais devrait assumer les charges de la station, y compris ses dettes. Le nouveau gestionnaire devrait aussi respecter certaines conditions, comme offrir un tarif abordable et poursuivre le développement du Mont-Édouard toute l'année. Le maire de L'Anse-Saint-Jean, Richard Perron, a présenté le plan de la Municipalité par rapport au Mont-Édouard, samedi. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine M. Perron a aussi tenu à défendre le plan du conseil municipal face aux critiques de citoyens qui affirment que la Municipalité n'est pas suffisamment transparente dans le dossier. Richard Perron précise également que l'identité du nouveau gestionnaire de la station de ski du Mont-Édouard devrait être connue d'ici juillet. Après la rencontre, la longue période de questions a été animée par des prises de paroles enflammées, dont certaines exprimant des doutes sur le processus. Si de nombreux citoyens sont en accord avec les décisions prises par le conseil municipal, plusieurs autres soulèvent des critiques envers la municipalité. La résidente de L'Anse-Saint-Jean Gabrielle Desrosiers indique qu'elle aimerait en savoir plus sur la nature et l'étendue des investissements nécessaires pour assurer l'avenir du Mont-Édouard. Une mobilisation citoyenne avait rassemblé une trentaine de personnes au Mont-Édouard, au début du mois de mai. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Dylan Reid De son côté, Alain Éroux est sceptique par rapport à l'implication d'un gestionnaire privé. Renée Lalonde considère quant à elle que la gestion du Mont-Édouard est devenue On est encore connecté sur le cordon ombilical et on continue de nourrir le bébé du Mont-Édouard avec l'argent des citoyens. C'est au bébé de 30 ans de trouver des gens qui peuvent l'aider, la Municipalité n'a plus à intervenir financièrement
, estime le conseiller municipal Daniel Boudreault.C'est sa responsabilité d'entretenir des infrastructures qu'on lui a confiées. Il faut qu'elles soient fonctionnelles et qu'elles répondent aux besoins. Les conditions dans le bail doivent également être respectées. Avec une vente, tu vends et c'est terminé
, soutient le maire Richard Perron.
Il y a des informations qu'on ne peut pas donner par respect de la confidentialité. Les gens, lorsqu'ils n'ont pas la réponse qu'ils désirent, ils peuvent voir ça comme un manque de transparence
, dit-il.Depuis l'automne 2024, toute la population sait que le conseil municipal a mis en place un processus en commençant par l'appel d'intérêt auprès des investisseurs potentiels pour assurer la pérennité de la station. Donc dès le départ, on a été transparents
, poursuit le maire.Des résidents sceptiques
J'aurais aimé ça avoir des faits, des données, un historique complet et un portrait global. On a eu certaines données, mais c'était partiel. Quand on a, par exemple, les dépenses, mais qu'on n'a pas les revenus, c'est difficile de se faire une tête sur la situation réellement
, déplore-t-elle.
En allant vers le privé, on est dans l'incertitude. Ça peut fermer dans cinq ans le privé. Le monde croit au père Noël
, lance-t-il.un enjeu électoral. « Nous, on a déménagé ici pour l'aspect communautaire de la montagne. Dans la vie, prendre une décision en catastrophe, ce n'est jamais bon
, dit-elle.
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