La montée en flèche du cricket au Canada
Le cricket peine peut-être à se faire une place au soleil à Montréal, mais il reste en pleine ascension un peu partout au pays. Le sport est d’ailleurs porté par un souffle depuis qu'il a été intégré au programme des Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Cette popularité grandissante n’est évidemment pas étrangère à la démographie du Canada. Le pays a accueilli un nombre important de nouveaux immigrants originaires du sous-continent indien, principalement de l’Inde et du Pakistan, ces dernières années. La population sud-asiatique canadienne a doublé de 2006 (1,26 million d'habitants) à 2021 (2,57 millions d'habitants), et ce chiffre a augmenté au cours des dernières années. Le cricket, deuxième sport pour le nombre d'adeptes sur la planète, est immensément populaire en Asie du Sud. Brampton accueille annuellement un tournoi international regroupant six équipes. Photo : Radio-Canada Le sport a aussi des racines au Canada, après avoir été introduit par des Britanniques au 19e siècle. Le premier ministre John A. McDonald a d'ailleurs déclaré le cricket, premier sport national en 1867. L'Assemblée nationale à Québec est d’ailleurs construite là où se trouvait le premier terrain de cricket au Canada. Longtemps associé à l’Empire britannique, le sport a grandi dans tout le Commonwealth, mais peu au Canada, notamment en raison de son climat et de ses longs hivers, qui laissaient peu de temps à sa pratique. Le cricket est maintenant en pleine résurgence, non seulement sur le plan récréatif, avec des ligues pour amateurs d’un océan à l’autre, mais aussi au niveau élite. L’équipe nationale canadienne s’est qualifiée l’été dernier pour la première fois à la Coupe du monde T20. Elle a terminé 4e de son groupe avec une victoire en quatre matchs. Ce nouvel engouement engendrera de nouvelles attentes pour le Canada, selon lui. Ce n’est pas en s’entraînant au parc Jarry ou à Atwater que les équipes vont se préparer à affronter l’Australie. Les meilleurs joueurs québécois ont peu de ressources pour se développer ici et doivent se tourner vers de meilleures infrastructures dédiées au cricket, surtout en Ontario. D’ailleurs, les Tigers de Montréal, dans la Ligue de cricket canadienne, jouent à… Brampton. Angus Bell, un Écossais installé à Montréal, est un amoureux du cricket. Photo : CBC Les rares terrains qui accueillent des amateurs à Montréal ne répondent pas aux standards internationaux, notamment en raison de l’entretien de la surface, géré par la municipalité. Mais si on ne peut pas bien accommoder les joueurs, il y a un risque de les voir partir pour l’Ontario. Des joueurs de qualité qui auraient pu représenter le Québec à l’échelle nationale. On a une certaine représentation dans l’équipe canadienne en provenance du Québec, mais ces joueurs finissent par déménager en Ontario pour avoir accès à de meilleures installations. La représentation québécoise dans l’équipe canadienne a chuté au fil des années au rythme de la disparition et de la dégradation des terrains à Montréal, note-t-il. En 2021, Shreyas Vasudevareddy Movva est devenu le premier joueur établi au Québec à intégrer l’équipe nationale en plus de 12 ans. Il a depuis déménagé dans la province voisine. Le Montréalais Shreyas Vasudevareddy Movva représente le Canada sur la scène internationale. Photo : AP / Adam Hunger Pour développer plus de talents ici, Angus Bell espère voir un complexe être construit quelque part en périphérie de Montréal. C'est une étape nécessaire pour permettre au Québec de contribuer au succès du pays sur la scène internationale, selon lui. La Ville de Brampton a construit l'Aréna TD Cricket en 2024. Photo : Radio-Canada / Patrick Swadden D'ici là, il poursuit son travail auprès de la fédération. Il travaille avec un groupe d'une vingtaine de jeunes de moins de 17 ans, qui participera en août à une compétition internationale en Nouvelle-Écosse. 
La présence prochaine aux Jeux olympiques, c’est vraiment quelque chose de spécial, qui va permettre au jeu d’évoluer beaucoup
, croit Angus Bell, surnommé le ministre du Cricket
à Montréal, en raison de son implication dans le milieu. Il y a des gens qui vont être exposés au cricket pour la première fois et qui voudront jouer.
Ça vient avec de nouveaux standards. On voudra que nos joueurs soient meilleurs, on voudra que nos équipes affrontent les meilleures équipes au monde. Ça va devoir entraîner des changements, avec de nouvelles installations à la disposition des joueurs
, dit-il.
On joue sur les terrains à Atwater et à Verdun. Il y a toujours place à amélioration, c’est sûr. Les jeunes vont continuer à jouer parce qu’ils sont passionnés, peu importe la condition du terrain
, raconte Jinesh Patel, joueur amateur et responsable du programme junior à Cricket Québec. Ça freine l’intérêt des joueurs quand on limite leur temps de jeu.
Il voit aussi un fort intérêt de la part des jeunes filles à Montréal, alors que le volet féminin est justement en plein essor dans le monde du cricket. Ce serait dommage de se priver de ça
, lance-t-il.
Il y a peu d’espace sur l’île. J’imagine quelque chose à Laval ou à Châteauguay, où l'on pourrait rassembler deux ou trois terrains de niveau professionnel
, indique-t-il. 
C'est important de développer une forme de cricket intérieur, qui peut se jouer dans les gymnases, ajoute-t-il. Il y a un intérêt pour les écoles. C'est possible de jouer des matchs de 40 minutes ou de 1 heure, dans un gymnase. Ça peut se jouer l'hiver. Ça rend le sport plus accessible.
On fait beaucoup la promotion du sport et de son arrivée aux Olympiques. On espère que ça va inciter les décideurs à investir un peu plus dans les ressources
, dit Jinesh Patel.Il y a une base présente. Chez les moins de 17ans, on est entre 25 et 30 joueurs. Mais on a aussi un groupe pour débutants avec une cinquantaine de nouveaux joueurs
, conclut-il.
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