Une pharmacienne accusée d’entrave pour ne pas avoir fourni un EpiPen destiné à un bébé
La pharmacienne Laurence Piché a été accusée d’entrave au travail des policiers parce qu’elle aurait refusé, pour des raisons administratives, de fournir un auto-injecteur EpiPen destiné à un bébé en choc anaphylactique. L’histoire, survenue en décembre 2024, a d’abord été rapportée vendredi matin par le Journal de Montréal, qui a relaté que le policier de la Ville de Laval répondait à un appel pour un bébé souffrant d’une violente réaction allergique qui pouvait mettre sa vie en danger. Il a donc accouru à la pharmacie dans laquelle travaille Mme Piché, à Laval, pour obtenir de l’épinéphrine, le médicament contenu dans les auto-injecteurs de type EpiPen. La pharmacienne aurait refusé de lui en fournir avant d'avoir réglé certains détails. Le policier s’est donc rendu dans une autre pharmacie, où il a finalement mis la main sur le médicament. Le Journal de Montréal n’a pas pu confirmer que cette dose avait été administrée au jeune enfant, mais ce dernier a finalement survécu à sa réaction allergique. Toutefois, cette issue positive n’a pas empêché le Service de police de Laval de déposer une dénonciation contre Mme Piché pour entrave au travail de son agent. La pharmacienne de 35 ans fait donc face à des accusations criminelles pour avoir Elle pourrait être punie sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, ce qui renvoie à des peines moins sévères pour des crimes généralement plus légers. Les tribunaux pourraient ainsi l’épargner, selon l’ancien avocat-criminaliste Jean-Claude Hébert, qui croit que les policiers tentent L'avocat-criminaliste à la retraite Jean-Claude Hébert (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Le président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, Benoit Morin, entretient pour sa part certaines réserves quant au jugement de la pharmacienne. La réalité est cependant plus complexe et le jugement clinique peut aussi mener une professionnelle à faire preuve de retenue, malgré son obligation de porter secours. Benoit Morin, président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jean-François Vézina Il faut juger de la situation et agir, mais quand même, ça prend quelques questions. Si on administre un médicament à quelqu’un, c’est la responsabilité du professionnel qui donne le médicament aussi. Laurence Piché a déjà comparu le 18 mai et sera de retour en cour la semaine prochaine.Entêtement criminel ou doute professionnel?
omis de prêter main-forte
à un agent de la paix, après un avis raisonnable portant qu’elle est requise de le faire
, selon le document déposé au palais de justice de Laval.d’envoyer le signal
selon lequel leurs demandes urgentes – pour sauver un enfant, de surcroît – ne sont pas des caprices.
Au niveau criminel, je ne suis pas convaincu qu’un tribunal va la trouver responsable
, a avancé M. Hébert en entrevue avec Isabelle Richer vendredi. Je doute même que le Directeur des poursuites criminelles et pénales voudra aller jusqu’au bout.
Si on a une situation d’extrême urgence, c’est sûr que les considérations administratives passent après. C’est le jugement clinique qui passe en premier
, a déclaré M. Morin à l'émission Midi info, vendredi.
Lorsqu’on a affaire à un intermédiaire [comme le policier], c’est sûr qu’il peut y avoir une série de questions.
Par exemple, dans le cas de l’EpiPen, il faut s’assurer, si c’est pour un bébé, que son poids est suffisant.
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