Fruits et légumes de serre : le Québec réussira à doubler sa production
La stratégie de croissance des serres lancée il y a cinq ans par le gouvernement Legault porte ses fruits. Grâce aux subventions versées aux producteurs, le Québec est en voie de doubler sa production de fruits et légumes de serre. Depuis 2020, le gouvernement du Québec a octroyé 150 millions de dollars en subventions aux serriculteurs pour qu'ils puissent agrandir et moderniser leurs installations existantes, construire de nouvelles installations ou encore obtenir des rabais sur leur consommation d'électricité. Cette aide financière a fait bourgeonner des investissements qui totalisent 875 millions de dollars. Concrètement, quelque 330 nouvelles serres et une quarantaine de grands tunnels sont apparus un peu partout dans la province. Ces résultats améliorent l'autonomie alimentaire du Québec, notamment l'hiver, se félicite le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne. Avec les projets qui sont réalisés et qui sont en réalisation, on est rendus à 106 % de l'objectif. On a plus que doublé la production totale. André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, se félicite de ces résultats qui améliorent l'autonomie alimentaire du Québec, notamment l'hiver, selon lui. Photo : Radio-Canada Selon les estimations du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), la production annuelle de fruits et légumes de serre passera de 41 500 tonnes à 86 000 tonnes au terme de sa stratégie 2020-2025. Les produits du Québec occupent déjà une plus grande place dans les épiceries, dit le ministre Lamontagne. La production serricole québécoise demeure peu diversifiée pour le moment. Selon les dernières données disponibles, les tomates comptent pour 53 % du volume de production, les concombres, 35 %, et les laitues, 7 %. Les poivrons, les fraises et toutes les autres cultures se partagent les 5 % restants. Toutefois, selon André Lamontagne, la hausse de la production pourrait entraîner une plus grande diversification. L'Abri végétal, un petit complexe de serres biologiques situé à Compton, en Estrie, fait partie des producteurs qui ont obtenu des subventions grâce à la stratégie de croissance des serres 2020-2025. Cette entreprise fait notamment pousser une quarantaine de variétés de tomates, des concombres, des laitues et des micropousses. Les propriétaires de L'Abri végétal, Frédéric Jobin-Lawler et Annie Lévesque, ont obtenu des subventions dans le cadre de la stratégie de croissance des serres 2020-2025 du gouvernement Legault. Photo : L'Abri végétal Grâce à l'aide financière du gouvernement, L'Abri végétal a pu installer un nouveau système d'éclairage pour faire grimper sa production, indique le copropriétaire de l'endroit, Frédéric Jobin-Lawler. L'impact se fait surtout sentir l'hiver puisque les rendements ont quadruplé en janvier et en février. Tous nos magasins locaux, ils ont eu de la tomate tout l'hiver, alors qu'habituellement, on avait un arrêt d'à peu près trois mois. L'Abri végétal s'est aussi doté d'étagères munies d'un système automatisé d'irrigation et d'éclairage pour cultiver ses micropousses. Au total, plus de la moitié des investissements de cette entreprise ont été couverts par les subventions de Québec. L'Abri végétal a pu installer un nouveau système d'éclairage dans ses serres pour faire grimper sa production. Photo : L'Abri végétal Si les grands joueurs comme Savoura et Les Productions horticoles Demers ont reçu du financement, les plus petits, comme L'Abri végétal, ont aussi obtenu leur part du gâteau. L'Abri végétal cultive une quarantaine de variétés de tomates, ainsi que des concombres, de la laitue et des micropousses. Photo : L'Abri végétal Alors que la stratégie de croissance des serres tire à sa fin et que les programmes de subventions sont maintenant fermés, les producteurs devront financer leurs futures expansions par eux-mêmes. De son côté, Frédéric Jobin-Lawler aimerait aussi voir le gouvernement aider les serriculteurs à mettre leurs produits en marché.On voulait donner un coup de barre dans la production en serre, on voulait avoir une production de fruits et légumes bonifiée, 12 mois par année.

Il y a au moins un concombre sur trois qu'on trouve maintenant [qui est] un concombre du Québec. Si on voit les tomates, c'est une tomate sur deux.

Les gens veulent faire une production pour laquelle ils ont tout de suite un marché, une rentabilité. Mais après ça, on s'aperçoit qu'ils commencent à venir joindre un nouveau type de culture, puis là, on parle de poivrons, on parle d'aubergines
, explique le ministre.Les producteurs satisfaits des efforts de Québec

L'année passée, on a eu 40 % d'augmentation de rendement dans la tomate, 44 % dans le concombre, et cette année, on s'en va vers des rendements encore meilleurs, parce qu'on connaît un petit peu mieux le système
, constate M. Jobin-Lawler.On a non seulement cinq étages au lieu d'un, on multiplie par cinq les rendements, mais chaque plateau aussi est plus productif. On se trouve à peu près à avoir l'équivalent de six fois plus de production que ce qu'on faisait avant
, dit Frédéric Jobin-Lawler.On n'est pas loin de 800 000 $ d'investissements, puis c'est probablement 450 000 $ qui ont été versés en subventions pour 350 000 $ d'investissements de notre part
, calcule le copropriétaire de L'Abri végétal.
De l'aide pour les petits et les grands
Les enveloppes étaient fragmentées, ce qui n'était pas le cas dans les programmes dans le passé
, explique Frédéric Jobin-Lawler. Souvent, on avait deux ou trois grandes entreprises du Québec qui venaient ramasser tout le montant de l'enveloppe parce qu'ils avaient déjà des projets tablettés prêts à aller de l'avant.
Ça a permis à plusieurs producteurs d'upgrader leur site, de changer l'équipement qui était vieillissant, de mettre des nouvelles technologies. Oui, ça a livré ce qu'on attendait que ça livre
, ajoute le président des Producteurs en serre du Québec, André Mousseau.
Là, ce qui est important qu'on puisse continuer à faire en accompagnement de tout le secteur, c'est toute la question de venir améliorer la compétitivité, améliorer la productivité
, affirme le ministre Lamontagne.C'est difficile de percer les grandes chaînes, donc on exporte encore une partie de nos produits aux États-Unis
, souligne-t-il. On se frappe le nez à une [grande chaîne d'épiceries] qui dit : "Eh bien, si tu veux vendre à mon magasin de Sherbrooke, il va falloir que tu vendes à mon entrepôt de Montréal." Cette partie-là n'est pas réglée.
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