Grève du temps supplémentaire chez Postes Canada
Les 55 000 travailleurs et travailleuses de Postes Canada, qui menaçaient de déclencher un débrayage général dès vendredi, ont plutôt opté pour une grève du temps supplémentaire pour laisser davantage le temps aux négociateurs d’examiner les dernières offres patronales.
Jeudi soir, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a demandé à ses membres de refuser de travailler plus de huit heures par jour et plus de quarante heures par semaine
jusqu’à nouvel ordre.
Bien que les Canadiens évitent pour le moment une deuxième grève générale en quelques mois, Postes Canada a tout de même prévenu qu'il faudra néanmoins s'attendre à des retards
dans le traitement du courrier au pays.
La société d'État souligne que, pour le moment, il n'y a ni grève tournante ni arrêt de travail à l'échelle nationale.
Le syndicat a décidé d'interdire les heures supplémentaires en guise de geste de bonne foi afin de minimiser les perturbations pour la population et les pertes de salaire pour nos membres.
Il faut savoir que, depuis aujourd’hui, le STTP dispose du droit légal de déclencher une grève. L’organisation avait d’ailleurs transmis cette semaine un avis de grève de 72 heures à l’employeur, comme il est prévu dans les lois du travail.

Un postier livre le courrier à domicile à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve
Pendant ce temps, les négociations, bien que difficiles, se poursuivent entre les négociateurs syndicaux et patronaux.
Jeudi soir, une rencontre entre les deux parties a eu lieu, mais elle n’a débouché sur aucune entente.
La réunion a duré moins d'une demi-heure, le STTP n'ayant soulevé que quelques-unes des nombreuses questions en suspens de manière informelle
, a fait savoir la porte-parole de Postes Canada, Lisa Liu, dans une déclaration écrite.
Malheureusement, cela n'a pas suffi à démontrer des progrès significatifs
, a-t-elle ajouté.
Mme Liu a mentionné que Postes Canada avait demandé au syndicat de revenir à la table de toute urgence
avec une réponse aux offres présentées par l'entreprise mercredi.
Des offres qui, selon Postes Canada, augmentent les salaires, éliminent les principaux points d’achoppement et comprennent des changements nécessaires pour permettre à l’entreprise d’être concurrentielle dans le secteur de la livraison des colis
. Et surtout, souligne-t-on, des offres qui reflètent la réalité financière et opérationnelle de la Société
.
L'employeur offre actuellement 13,59 % sur quatre ans. Le syndicat juge ces offres insuffisantes, soulignant que les travailleurs réclament une augmentation salariale de 19 % après des années d'inflation galopante qui ont miné leur pouvoir d'achat.
Dans un bulletin d'information publié jeudi soir, le STTP explique qu'il avait proposé une trêve de deux semaines à l'employeur pour reprendre les négociations sans la menace d'une grève ou d'un lock-out, mais que Postes Canada avait « rejeté la proposition ».
Postes Canada se dit quant à elle prête à retourner à la table de négociation pour reprendre les discussions dès que possible avec l’aide des médiateurs
.
Dans une situation financière difficile depuis plusieurs années en raison notamment de la forte concurrence que lui livrent les transporteurs privés, Postes Canada affirme déjà constater une diminution importante des volumes de colis et de courrier, alors que la clientèle se prépare pour la possibilité d’un autre arrêt de travail
.
Postes Canada à la croisée des chemins
Une nouvelle grève générale des postiers, quelques mois après celle déclenchée à la fin 2024, aurait, selon Postes Canada, une incidence majeure sur le personnel, les petites entreprises et les millions de personnes au pays qui comptent sur le service postal, et aggraverait la situation financière déjà difficile de l’entreprise
.
Depuis 2018, précise-t-on, la société d'État a déclaré plus de 3 milliards de dollars de pertes avant impôt. Cette année, le gouvernement fédéral a dû consentir à Postes Canada un prêt de 1,034 milliard de dollars pour éviter que le système national des postes ne devienne insolvable.

La grève déclenchée en novembre 2024, tout juste avant les Fêtes, avait forcé le gouvernement fédéral à ordonner un retour au travail.
Photo : Radio-Canada / Felix Desroches
En décembre dernier, alors que les travailleurs de Postes Canada étaient en grève depuis la mi-novembre, le ministre fédéral du Travail Steven MacKinnon était intervenu dans le conflit de travail en imposant aux syndiqués de revenir au travail pour six mois, soit jusqu'en mai.
Il avait aussi ordonné à un commissaire de faire le point sur la situation de l'entreprise. Une Commission d'enquête sur les relations de travail au sein de Postes Canada avait été créée.
Dans son rapport, le commissaire William Kaplan a notamment recommandé l'élimination progressive de la livraison quotidienne du courrier à domicile aux adresses individuelles. Il a cependant recommandé de maintenir la livraison quotidienne aux entreprises.
Le commissaire a aussi recommandé la levée des moratoires sur la fermeture des bureaux de poste ruraux et la conversion vers des boîtes postales communautaires.
Avec les informations de La Presse canadienne
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