Ventouse, de Tire le coyote : folk de combat contre le trumpisme
Tire le coyote dévoile mercredi un album surprise intitulé Ventouse, un septième opus qu’il a créé dans un sentiment d’urgence après l’assermentation de Donald Trump en janvier dernier. Avec ses protest songs à la Bob Dylan, le chanteur folk y livre ses textes les plus engagés; un « cri du cœur » contre la montée du fascisme et de l'extrême droite qu'il observe sous la gouverne du président américain. Quand les faux prophètes s'engagent à saigner tout ce qui est fragile, on se demande, vu le carnage, si la mort vise parfois dans le mille. Tire le coyote affirme avoir enregistré ces chansons dans le moment, directement sur une vieille enregistreuse à quatre pistes, se détachant de toutes fioritures au-delà de sa guitare et de sa voix. L’album comprend neuf chansons au son folk dépouillé, sur lesquelles la voix typiquement douce et haut perchée de Tire le coyote contraste avec la dureté de ses propos. L’artiste ne nomme pas expressément ces Il en a aussi contre l’obsession parfois malsaine de la réussite, dont la définition moderne est superficielle et empreinte d’hypocrisie, selon lui. Ventouse, le titre de l’album et de sa chanson d’ouverture, est une allusion au sentiment d’être Selon lui, le meilleur remède contre cette domination du Avec les informations de Louis-Philippe OuimetC’était un geste imprévu, ça vient d’un sentiment d'impuissance et d’indignation
, explique l’auteur-compositeur-interprète, qui a lancé son sixième album, Dynastie, il y à peine quelques mois.Il y a eu après l’assermentation de Trump, quelques événements comme le salut nazi d’Elon Musk, la visite de Zelensky à la Maison-Blanche et plusieurs signatures de décrets qui ont fait en sorte que je me suis senti extrêmement anxieux de voir que notre monde reculait de 80 ans
, raconte-t-il. Je voulais que le geste d'écriture, de composition et d'enregistrement soit lié dans une spontanéité absolue. Parce que pour moi, un cri du cœur c’est un peu ça aussi : ça sort tout croche, c’est parfois imparfait, mais c’est au moins direct et vrai
, explique-t-il. Un trop-plein de narcissiques
On a fait du monde le déversoir, d’un trop-plein de narcissiques, à qui on donne un laboratoire, pour concevoir des vents de panique
, chante-t-il sur Déversoir blues.narcissiques
dans ses paroles, mais le titre de la cinquième chanson, l’instrumentale Des chaînes pour Donald, ne laisse aucun doute sur la source de ses angoisses. Depuis des années, les gens sont de plus en plus campés dans leurs positions, et je pense qu’avec l’arrivée de Trump pour un deuxième mandat, ça donne la permission à ceux qui sont plus narcissiques et individualistes de faire ce qu’ils veulent
, affirme-t-il.On élève des jeunes qui se disent : "Moi, je veux mon terrain, je veux mon char, je veux ma maison, et si j’ai une bonne job, j’aurai réussi ma vie". Mais je ne pense pas que ce soit le cas. C’est ça, être hypocrite
, illustre-t-il. Le salut dans la communion
attiré contre son gré dans un mouvement
, dans un système qui nous aspire vers un individualisme toujours plus prononcé, explique Tire le coyote. chacun pour soi
réside dans ce qui a fait la force de l’être humain au fil des millénaires, l’entraide et le vivre-ensemble. Dans l’histoire de l’humanité, la solution a toujours été cette capacité de se rassembler en tant qu’êtres humains et de travailler ensemble, d’être bienveillants, plus ouverts à la différence
, soutient-il. Je ne suis pas le genre de personne qui va prendre le porte-voix, mais là, pour moi, c’est trop gros. Je pense qu’on est à un moment où si on se tait là, on va se taire à jamais
, estime-t-il.
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