Des citoyens inquiets de la levée du gel du développement dans des boisés de Sherbrooke
Le Sherbrookois Mario Rousseau avait beaucoup d’espoir lorsque la Ville de Sherbrooke s’est donné comme objectif en 2023 de protéger 45 % du territoire en milieux naturels avec son Plan nature. Or, la levée imminente du règlement qui empêchait depuis 2023 le développement immobilier dans des boisés jugés d'intérêt l'inquiète, tout comme d'autres regroupements de citoyens. Ce gel du développement avait été décrété de manière provisoire pour permettre à la Ville d’adopter une nouvelle réglementation pour mieux protéger les milieux naturels. Les citoyens jugent toutefois qu’elle ne va pas assez loin. Mario Rousseau croyait que le boisé du ruisseau Dodds, situé aux abords du parc des Deux-Ruisseaux, qu’il fréquente depuis 40 ans pourrait enfin être protégé dans son intégralité, ou presque. On espérait que lorsqu'on ferait la recension des petits boisés, qu’il y aurait une reconnaissance. Notre déception, elle est là, il n’y en a pas de reconnaissance. Il a toutefois déchanté lorsqu’il a pris connaissance des modifications réglementaires proposées dans le cadre du Plan nature. La Ville de Sherbrooke ne protégera pas intégralement certains boisés comme celui du ruisseau Dodds. Elle impose toutefois des exigences pour l’ensemble des terrains situés dans le périmètre urbain. Les développeurs auront l’obligation de conserver un minimum de 20 % des arbres. Ultimement, il faudra avoir une canopée de 30 % de la superficie du terrain. Le parc des Deux-Ruisseaux à Sherbrooke où est situé le ruisseau Dodds. Photo : Google Map M. Rousseau redoute qu’un promoteur immobilier relance incessamment son projet dans le boisé du ruisseau Dodds. Il explique que les lieux sont pourtant très fréquentés par la population. Des sentiers ont été aménagés au fil du temps. Le groupe du parc Central à Rock Forest aurait aussi aimé que le boisé en périphérie du parc puisse bénéficier d’un statut de protection particulier. Nous, ce qui nous préoccupe, c’est de conserver au maximum l’expérience que les gens peuvent avoir et que la réglementation n’assure pas. Le parc Central est situé dans l'ouest de Sherbrooke. Photo : Google Map Pour Denis Rancourt, il est évident que la mobilisation citoyenne devra se poursuivre, car le pourcentage de protection prévu à la réglementation n’est pas suffisant en soi. La présidente de la Commission de l’aménagement du territoire à la Ville de Sherbrooke, Geneviève La Roche, estime que de protéger 45 % du territoire de Sherbrooke en milieux naturels est déjà Elle comprend toutefois la déception de certains groupes de citoyens. Il y a toutefois des enjeux légaux et une volonté de ne pas bloquer complètement le développement. La mobilisation citoyenne a toujours son impact. Elle rappelle que les promoteurs peuvent conserver beaucoup plus que le seuil de 20 %. La présidente de la Commission de l’aménagement du territoire à la Ville de Sherbrooke, Geneviève La Roche, estime que de protéger 45% des milieux naturels est déjà une grande victoire. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies Le règlement de contrôle intérimaire pourrait être levé d’ici la fin de l’été. Geneviève La Roche s’attend à ce que plusieurs projets immobiliers soient déposés. Malgré les craintes que les projets immobiliers redémarrent et aient un impact sur certains boisés, le citoyen Denis Rancourt reconnaît tout de même les avancées de la nouvelle réglementation. Le processus d’adoption des règlements pour permettre la protection de 45 % du territoire en milieux naturels pourrait se conclure d’ici l’automne, ce qui permettra de lever le Règlement de contrôle intérimaire (RCI).On réalise que quand les règlements vont prendre place, [le boisé du ruisseau Dodds] va devenir un terrain comme n’importe quel autre. Il n’y a pas de reconnaissance de l’espace vert, de l’importance de sa biodiversité et de son rôle tout près de la rivière Magog.
Pas de protection intégrale pour des boisés

Ce qu’ils ont ajouté [dans la réglementation], ne peut pas protéger un petit boisé avec la richesse et la diversité que l’on a.
C’est un lieu de rassemblement intergénérationnel
, s’exclame-t-il.Rester mobilisé
Je comprends qu’il y a des enjeux commerciaux, souligne leur représentant, Denis Rancourt. Mais peut-être qu’il y a moyen de travailler ensemble et de répondre à toutes les parties prenantes.

Les boisés au sud du parc jouent un rôle important dans l’expérience que les gens peuvent vivre en allant marcher au parc Central, explique-t-il. Si on protège 20 % du boisé, mais qu’on rase tout jusqu’à la bordure du parc Central, c’est là qu’on va perdre l’expérience.
Déjà une grande victoire
une grande victoire
. Je ne pense pas que d’autres municipalités du Québec sont allées aussi loin en matière de protection de leur territoire.
Je dois l’avouer, même moi quand j’ai vu ce que ça voulait dire [préserver 45 %], j’ai eu des déceptions et je me suis dit qu’on aurait dû être encore plus ambitieux.
Ce qui aurait de toute façon représenté pour la Municipalité des risques de poursuites
, explique-t-elle.Ce que j’ai dit aux citoyens du ruisseau Dodds, c’est d’essayer de travailler avec les promoteurs pour que les projets soient le plus en harmonie avec ce qui est souhaité, souligne-t-elle. Moi, j’invite les groupes à continuer de se mobiliser.

On veut aussi de nouveaux projets de développement de logements, c’est juste qu’on envoie un bon signal qu’on ne souhaite plus le développement comme il se faisait avant.
C’est beaucoup mieux que par le passé, je pense qu’on peut être satisfait de cela.
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