L’attente aux urgences en hausse dans tout le Canada
5 heures et 23 minutes, c’est la durée d'attente médiane au Québec au cours de l'année administrative 2024-2025. Cette statistique a été dévoilée mardi dans un rapport de l'Institut économique de Montréal (IEDM). Les auteurs ont utilisé la Loi sur l'accès à l'information pour recueillir les données de huit provinces canadiennes. Le principal enseignement de cette étude est que le temps d'attente aux urgences s'est accru un peu partout au pays entre 2020 et 2025. La palme d’or en matière de pourcentage d'augmentation revient à l'Île-du-Prince-Édouard, où il est passé de 3 heures à 4 heures 36, soit une hausse de 50 %. Pour la moitié des provinces examinées, soit la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Manitoba et l’Ontario, la durée médiane de séjour se situe autour de 4 heures. Terre-Neuve-et-Labrador tire son épingle du jeu avec un temps d’attente médian de 2 heures 45. Dans son rapport, l’IEDM précise que La Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan n’ont pas fourni leurs données avant la date de publication. Selon l’économiste Emmanuelle B. Faubert, l’auteure principale du rapport, ce bilan Elle constate que les causes sont multiples, complexes et différentes d’une province à une autre. Le président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec, le Dr Gilbert Boucher, n’est pas surpris de ces données et il a déjà repéré plusieurs explications. Il place le vieillissement de la population au premier rang des causes. La proportion de personnes âgées augmente de 2 % à 6 % par an. Des patients ont plus de problèmes et ça nous prend plus de temps. Il déplore aussi la pénurie de personnel et le manque de places dans les établissements. Sur ce dernier point, il note une augmentation importante du nombre de patients qui restent bloqués aux urgences en attendant une place dans un autre service. Le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec Photo : Courtoisie Selon le Regroupement provincial des comités d'usagers du Québec, il faut remettre en question la structure actuelle dans laquelle les urgences demeurent la porte d'entrée du système de santé. Elle regrette que de nombreux Québécois se retrouvent sans médecin de famille, ce qui complique leur accès aux soins et les incite à se tourner vers les urgences. Sylvie Tremblay est la présidente du Regroupement provincial des comités d'usagers du Québec. Photo : Radio-Canada De son côté, Emmanuelle B. Faubert invite les gestionnaires à s'inspirer de modèles vertueux développés à l’étranger. Dans son rapport, elle cite l’exemple français de nouvelles cliniques privées pour les Selon le Dr Gilbert Boucher, ce modèle ressemble aux Urgent Care Centers chez nos voisins américains ou à la clinique d'urgence mineure Jeffrey Hale, à Québec, qui demeure une exception de ce côté de la frontière. Le Dr Boucher blâme par ailleurs la décision du gouvernement Legault de supprimer l’enveloppe de 1,4 million de dollars dévolue à l’amélioration des pratiques aux urgences. Ce projet pilote développé avec l’Institut de la pertinence des actes médicaux (IPAM) dans six hôpitaux devait entrer dans sa Selon l’urgentiste, c’est une occasion ratée de mettre en place des méthodes vertueuses qui auraient pu aider à réduire le temps d’attente. la médiane représente le point milieu, ce qui signifie que 50 % des patients attendent moins longtemps, tandis que les autres 50 % attendent plus longtemps
. Les urgences sous pression
montre que le système craque et qu'on n'est pas capable de soigner les patients
. Il faut prendre cette comparaison avec un grain de sel, mais elle est intéressante parce qu'on voit que, partout, la tendance est à l’augmentation [du temps d’attente]
, fait-elle remarquer. 

L'urgence est tributaire du flot hospitalier
, soutient le Dr Boucher, tout en précisant que près du tiers des lits des urgences québécoises sont parfois bloqués en raison des embouteillages hospitaliers. Des pistes de solution
Quand vous avez un problème de santé mineur, vous allez directement aux urgences. C'est ça qu'il faut changer
, affirme sa présidente, Sylvie Tremblay. 
urgences mineures sans danger vital
, comme les cas de fractures, de plaies nécessitant des points de suture, d’infections ou de grippes. C'est le chaînon manquant au Canada
, affirme Mme Faubert, en précisant qu’il y a un vide entre, d’un côté, les médecins de famille ou les CLSC et, de l’autre, les urgences à l'hôpital.phase déploiement
en 2025. C'est de l'argent qui aurait pu tellement nous en faire épargner [...], mais le gouvernement a tout bloqué. Les retombées auraient pu être très bénéfiques
, déplore-t-il.
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