Riche et « womanizer », Rozon était une cible facile pour #MoiAussi, croit Johnson
De retour à la barre mercredi pour témoigner dans le cadre du procès civil intenté par neuf plaignantes contre Gilbert Rozon, l'ex-premier ministre du Québec Pierre Marc Johnson s'est dit à la fois surpris, et pas étonné, des accusations d'agressions sexuelles qui pèsent contre son ami, qu'il décrit comme un homme « riche », « séduisant » et « womanizer ». M. Johnson a répété à plusieurs reprises pendant son témoignage que, dans le contexte du mouvement #MoiAussi, Gilbert Rozon était, selon lui, une cible facile. Je me disais que si ça devait arriver au Québec sur le plan d’une accusation qui n’est pas fondée, Gilbert pourrait être la cible, et j’ai eu la confirmation parce qu’une seule plainte a été retenue et que Gilbert a été acquitté. Pierre Marc Johnson a réitéré cette position en entrevue dans les couloirs du palais de justice, dénonçant M. Johnson faisait référence au procès criminel intenté par Annick Charette contre Gilbert Rozon pour agression sexuelle et attentat à la pudeur, au terme duquel le fondateur de Juste pour rire a été acquitté. Dans sa décision, rendue en décembre 2020, la juge Mélanie Hébert avait fait valoir que le « doute raisonnable » avait joué en faveur de l'accusé. Annick Charette est l'une des neuf demanderesses dans l'actuel procès civil, les autres étant Martine Roy, Lyne Charlebois, Guylaine Courcelles, Patricia Tulasne, Danie Frenette, Anne Marie Charette, Mary Sicari et Sophie Moreau. Elles lui réclament 14 millions de dollars pour agressions sexuelles et viols, entre autres. En 1998, Gilbert Rozon a plaidé coupable à une accusation d’agression sexuelle sur une jeune femme de 19 ans au Manoir Rouville-Campbell, en Montérégie. Il a ainsi bénéficié d’une absolution inconditionnelle. Contre-interrogé sur cette affaire, Pierre Marc Johnson n'y voit aucunement une admission d'agression de la part de Gilbert Rozon. Selon lui, plaider coupable était en fait Gilbert Rozon doit reprendre son témoignage jeudi, et c'est à ce moment qu'il pourra entrer dans le vif du sujet et répondre aux accusations de chacune des plaignantes. Lundi, il a témoigné pendant une cinquantaine de minutes, juste assez longtemps pour préparer les choses concernant son enfance et le parcours semé d'embûches qui a mené à la fondation de Juste pour rire. Dans les couloirs du palais de justice, M. Rozon a dénoncé mercredi le traitement médiatique dont il dit faire l'objet. Depuis le début de ce procès, en décembre dernier, Gilbert Rozon n'a cessé de nier toutes les allégations qui pèsent contre lui dans cette cause. Pierre Marc Johnson a amorcé son témoignage devant la cour mardi. Il a alors expliqué s'être lié d'amitié avec Gilbert Rozon, un homme Médecin et avocat, M. Johnson était, à cette époque, ministre du Travail pour le Parti québécois. Il a finalement succédé à René Lévesque à la tête du PQ et a occupé la fonction de premier ministre pendant une courte période en 1985. Mardi, la cour a aussi entendu les témoignages du journaliste, auteur et producteur bien connu Guy Fournier et du producteur du film à succès Bon cop, bad cop, François Flamand. Jeudi, ce sera au tour du metteur en scène et comédien Serge Postigo de témoigner par visioconférence pour la partie défenderesse. L'avocate estime également que ces témoins sont appelés à la barre en raison de leur notoriété ou de leur prestige. J’étais surpris qu'il y ait de la violence, j’étais surpris de voir qu’on l’accusait d'agression, mais je n'étais pas surpris qu'il soit une cible du fait de qui il était, du fait que c’était un homme riche, séduisant, [et un] womanizer [coureur de jupons, NDLR]
, a fait savoir M. Johnson lors de son contre-interrogatoire.l'amplification
provoquée, selon lui, par le mouvement #MoiAussi.Il y a eu une série d'allégations et une seule a été retenue par la Couronne. Gilbert Rozon, je vous le rappelle, a été trouvé non coupable. Le mouvement #MeToo fait que depuis sept ou huit ans, il y a une ampleur qui est donnée à ces choses-là, même quand on se trouve dans une cause civile où les gens réclament de l'argent.
Le verdict d'acquittement ne signifie pas que les incidents reprochés ne se sont pas produits
, avait-elle écrit.Et le plaidoyer de culpabilité de 1998?
la seule chose à faire
à l'époque. Il aurait été pris dans des procédures qui ne finissent pas
, a-t-il ajouté, arguant que cela aurait nui à son entreprise.Plaider coupable, ça veut dire accepter de souscrire à certaines choses pour avoir la paix. [...] Il était contraint, s’il voulait passer à autre chose, d'accepter un certain nombre de choses auxquelles il s’était soumis dans sa déclaration.
Rozon dénonce son traitement médiatique
Il y a maintenant deux tribunaux. Il y a le tribunal médiatique, qui t'accuse le matin, qui te condamne à midi et qui t'exécute le soir. Vous prenez les devants sur le processus judiciaire
, a-t-il accusé.C'est aujourd'hui seulement qu'on commence à parler de la partie civile, la partie criminelle ayant été réglée quatre ans après les allégations dans les médias. Donc bien sûr que je trouve ça difficile. Ce n'est certainement pas une partie de plaisir que je vis.
Des témoins bien connus
toujours élégant
, en 1980, en raison de leurs intérêts communs pour la culture.On veut montrer que ces gens-là côtoient M. Rozon depuis de nombreuses années et qu'ils n'ont pas vu de gestes ou de paroles inappropriés
, a expliqué l'avocate en droit civil Guylaine Bachand, en entrevue avec Isabelle Richer.Je pense à Pierre Marc Johnson. [Mardi], on a compris qu'il a assisté avec Gilbert Rozon à des dizaines et des dizaines de fêtes privées et publiques à Montréal. Il dit qu'il n'a jamais rien vu d'inapproprié, ni verbalement ni au point de vue physique. Guy Fournier a fait le même genre d'affirmation. Donc, ça sert à dire que c'est improbable.
Par exemple, avec M. Johnson, on a un ancien premier ministre, médecin, avocat, avec un parcours prestigieux. [...] Je devine une stratégie, c'est de dire : si ces gens-là se déplacent, c'est que M. Rozon est crédible. On est en train de bâtir sa crédibilité.
Advertising by Adpathway









