Les cas de troubles mentaux sont plus nombreux en Abitibi-Témiscamingue
Dans la région, le taux de prévalence des troubles mentaux était de 13,9 % en 2022-2023, soit les dernières données disponibles du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Abitibi-Témiscamingue. La moyenne provinciale est de 10,9 %. Le taux de prévalence signifie la quantité totale de personnes souffrant de troubles mentaux, c’est donc dire que 13,9 % de la population en souffre dans la région. Différents spécialistes estiment que ce chiffre est assurément plus élevé puisque certaines personnes ne vont pas consulter. Bruno Bisson, directeur général de l’organisme Le Pont de Rouyn-Noranda, n’est pas surpris par ces données. Son organisme a pour mandat la réadaptation ainsi que l’intégration sociale des adultes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Il dit ne pas être en mesure de répondre à la demande grandissante. On n’arrive pas à répondre à des besoins immédiats. Ça se peut que cette personne, je l’échappe dans les prochains mois parce qu'on n'est pas capable de répondre à la demande. Bruno Bisson remarque les conséquences du manque de ressources d'aide en santé mentale. Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile Martin Trottier, directeur adjoint des programmes de santé mentale et dépendance au CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue, estime que le taux de prévalence est généralement plus élevé dans la région en raison de facteurs biologiques, socio-économiques et aussi en raison de la difficulté pour certains à avoir accès à des services de santé. Martin Trottier précise que le CISSS-AT a diversifié son offre pour favoriser l’accès au service, notamment en ajoutant des interventions en groupe, ce qui permet de rejoindre plus de gens. Il précise que la porte d’entrée pour les gens qui ont besoin d’aide ou de consulter demeure les CLSC de la région. Les troubles mentaux regroupent entre autres les troubles anxio-dépressifs, l’hyperactivité, les abus de substances psychoactives, les troubles psychotiques, les troubles de la personnalité et les retards de développement. En 2022-2023, le taux de prévalence régional s’établissait à 16,9 % chez les femmes comparativement à 10,9 % chez les hommes. Le Témiscamingue serait moins affecté, mais ces chiffres sont aussi sous-estimés pour deux raisons. La première c’est qu’une partie de la population utilise les services de santé de l’Ontario. Plusieurs médecins pratiquant au Témiscamingue ne sont pas rémunérés à l’acte également et les données sont compilées à l’aide du fichier des services rémunérés à l’acte. Bruno Bisson estime que la pandémie a fait augmenter les besoins, mais aussi la récente hausse de l’inflation, qui a été associée à une hausse du coût des aliments et du prix des logements. La demande a été plus marquée notamment chez les hommes. Selon lui, le coût de la vie fait aussi en sorte que certaines personnes seront dans l’obligation de s’isoler. On remarque une augmentation des besoins en lien avec l’itinérance et l’accès au logement. L’absence de logements et le coût du logement sont particulièrement problématique. Le CISSS-AT a annoncé la fermeture temporaire de l’unité de santé mentale à Amos afin de réduire le recours à la main-d’œuvre indépendante. (Photo d'archives) Photo : Martin Guindon Bruno Bisson s’inquiète aussi de la fermeture temporaire de l’unité de santé mentale annoncée à Amos.
Des fois son état va se dégrader et ces personnes vont se revirer de bord, aller vers d’autres choses ou être hospitalisées parce qu’ils n’ont pas pu avoir les services avant. C’est flagrant les besoins qui ne sont pas répondus par manque de financement, par manque de temps
, affirme Bruno Bisson.Les lieux plus spécialisés d’hébergement qui sont moins présents dans la région que dans les grands centres. L'offre de services est quand même un peu plus restreinte dans notre région malgré le fait qu’il y a beaucoup d’organismes
, explique-t-il.Toute l’anxiété que ça va amener chez les gens. Est-ce que je vais être capable de nourrir ma famille? Est-ce que je vais manger demain? Même pour les personnes seules, est-ce que je vais être capable de payer mon logement et être capable de mettre de la margarine sur mon pain, si je viens à bout d’avoir du pain
, explique-t-il.Ça fait partie du cercle vicieux, quand tu es toujours en mode survie, ça devient difficile pour les gens de se changer les idées. Je ne peux même pas aller au cinéma, j’ai pas les moyens, je ne peux pas aller au restaurant parce que je ne suis plus capable alors je n’ai plus de loisir
, dit-il.Fermeture de l’unité de santé mentale à Amos

Si je prends quelqu’un d’Amos pour l’hospitaliser à Rouyn-Noranda, c’est moins de visite. Je sors de mon milieu, je ne suis plus chez moi. C’est plus difficile
, affirme-t-il.On réussit à maintenir le lien quand même avec le réseau de la personne, les intervenants de l’équipe de base qui sont en lien avec l’équipe traitante de l’autre centre. Les soins aigus aussi ce sont généralement des soins assez de courtes durées, ce ne sont pas des moins d’hospitalisations ou la personne pourrait perdre contact avec son réseau, son milieu
précise pour sa part Martin Trottier.
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