Pas facile de dénicher un emploi d’été en Outaouais
Fini l’époque où les employeurs avaient de la difficulté à recruter des étudiants. Les curriculums vitae s’empilent dorénavant dans divers commerces et entreprises de l'Outaouais et d'ailleurs au pays. De récentes données de Statistique Canada dévoilées vendredi confirment que les jeunes connaissent un début difficile sur le marché des emplois d’été. Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans retournant aux études s’est établi en mai à 20,1 %, en hausse de 3,2 points de pourcentage par rapport à pareille date l’an dernier. Il n’a pas cessé de grimper chaque mois de mai depuis le creux record de 11,4 % observé en 2022. La dernière fois qu’autant d’étudiants étaient sans emploi, si on fait exception des années de la pandémie, c’était en 2009, lors de la crise financière. La propriétaire du Marché Laflamme, Myriam Laflamme (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Alexander Behne La jeune entrepreneure a décidé de publier récemment un message à leur intention sur les médias sociaux. Elle voulait leur donner un coup de pouce en offrant Des conseils que donne aussi Carrefour jeunesse emploi de l'Outaouais à sa clientèle. L’organisme communautaire estime que les gens ont trop souvent Véronique Bernier, coordonnatrice aux communications et au développement du Carrefour jeunesse emploi Outaouais Photo : Radio-Canada / Amadou Barry De son côté, Marie-Ève Robitaille, vice-présidente exécutive du groupe Randstad, qui se spécialise dans les ressources humaines, croit que les jeunes travailleurs ne doivent pas Selon elle, les étudiants doivent Carrefour jeunesse emploi reconnaît que le marché C’est plus difficile de trouver un emploi pour les étudiants. Il n’y en a pas tant que ça. Ce constat, l’Institut du Québec le pose également. Simon Savard est directeur adjoint et économiste principal de l'Institut du Québec. (Photo d'archives) Photo : Offert par : Institut du Québec, Yves Lacombe Photographe Cette rareté a fait en sorte que les étudiants y réfléchissent à deux fois avant de quitter leur emploi. Avec les informations d’Amadou Barry et de Claudine RichardC’est la première année qu’on reçoit autant de CV d’étudiants. C’est vraiment beaucoup
, avoue Myriam Laflamme, propriétaire du Marché Laflamme dans le secteur d’Aylmer, à Gatineau.Durant la COVID-19, je ne recevais pas de CV pendant trois à quatre mois [...] Aujourd’hui, je peux me faire appeler peut-être dix fois par jour pour déposer un CV. Il y a beaucoup de personnes qui veulent postuler, mais pas d’offres
, souligne Mme Laflamme, qui sympathise avec les jeunes travailleurs qui peuvent être frustrés et déçus de se trouver sans emploi.Il y a beaucoup d’étudiants qui se demandent pourquoi ils n’ont pas de retour d’appel. Il y en a que ça fait six mois qui sont à la recherche d’un emploi. Ils font des appels pour un suivi. Je trouvais ça plate.

Aller porter son CV en personne
des petits trucs
pouvant améliorer leurs chances de dénicher un emploi sur le marché en Outaouais.Se présenter sur place, demander de parler à un gérant. Venir déposer son CV en personne. Être souriant. Avoir une bonne énergie. Avoir toutes ses disponibilités. Être prêt
, explique Myriam Laflamme.peur d’aller voir les employeurs en personne
. C’est beaucoup plus rassurant d’être en ligne derrière notre tablette ou notre cellulaire
, reconnaît sa coordonnatrice aux communications Véronique Bernier.Par contre, le jeune qui va oser aller au-delà et cogner aux portes, que ce soit dans des épiceries, des dépanneurs ou ailleurs, ça va porter fruit
, ajoute-t-elle.Un CV parmi une pile de CV, c’est un papier parmi tant d’autres. Alors que lorsqu’on voit la personne, qu’elle a le courage de venir nous voir, elle vient de marquer des points. Celui qui va être proactif, il va sortir du lot.

sous-estimer le bouche-à-oreille
.[Ils peuvent] utiliser leur réseau, leurs amis, leur famille [...] Peut-être que le voisin peut avoir des besoins pour la période estivale.
sortir des sentiers battus
. Elle les invite à adapter et à personnaliser
leur curriculum vitae pour l’emploi ciblé.est un peu plus serré
depuis les derniers mois.C’est une réalité qu’on observe dans les chiffres pour plusieurs raisons. Il y a eu un ralentissement de l’activité sur le marché du travail qui s’est amorcé, il y a quand même plusieurs mois, et qui a été accentué avec la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis. On a vu une perte de confiance à la fois du côté des entreprises et des ménages
, indique l’économiste principal et directeur adjoint Simon Savard.Ce qui fait en sorte que la consommation a diminué, mais aussi les embauches. Parallèlement, on a eu une croissance démographique très importante ces dernières années. Le nombre de postes vacants a baissé.

Ils savent que "si je perds mon emploi, ça va être dur de m’en trouver un autre". Donc ils veulent rester. Ils donnent leur 150 %
, fait valoir Myriam Laflamme.Il y en a que ça fait cinq ans qu’ils sont ici
, note-t-elle.
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