Ces 15 terrains sportifs qui n’ont pas vu le jour à Montréal
Lors des élections municipales de 2021, le parti de Valérie Plante s’était engagé à convertir en plateaux sportifs 15 terrains vagues à Montréal. Quatre ans plus tard, aucun de ces espaces n'a été aménagé à cette fin. Projet Montréal indiquait à l’époque vouloir investir 3,3 millions de dollars au cours des quatre années suivantes, afin d’offrir un Un porte-parole de la Ville de Montréal a informé Radio-Canada Sports qu’une autre avenue avait finalement été empruntée. L’administration Plante a préféré investir dans Une quarantaine de projets auraient vu le jour depuis 2019, mais aucun terrain vague n’a été transformé pour le sport, a confirmé la Ville. Les sommes prévues pour ce projet ont été allouées ailleurs. La représentante de la direction générale précise que 57 millions de dollars ont été investis depuis 2019 dans la mise à niveau d’installations sportives existantes. L'objectif était d'offrir rapidement de nouveaux espaces à moindre coût. Un terrain de basketball coûterait environ 320 000 $ et un terrain de soccer temporaire, environ 25 000 $, précisait en point de presse Valérie Plante, à l’époque. Ces ajouts devaient offrir un plus grand accès à la pratique libre et spontanée du sport. Depuis, la Ville de Montréal a collaboré avec différentes associations et le joueur professionnel Luguentz Dort pour la création d’un nouveau terrain de basketball, et un projet de centre sportif longtemps attendu est en train de voir le jour à Montréal-Nord. Mais en attendant, les besoins continuent de se faire sentir. Le Club Montréal Sport & Social (CMSS) a été fondé en 2003 par Rachelle Salamon et compte environ 10 000 inscrits. L’organisation a elle-même pris les choses en main en 2009 en transformant un terrain vague en terrains de volleyball, très populaires dans le quartier Griffintown. Pour les autres sports de sa programmation estivale, l’organisation avait l’habitude de se tourner vers les terrains de la Ville. Mais leur disponibilité varie d’année en année. Le CMSS loue un terrain en bordure du canal Lachine, à Griffintown. Photo : Radio-Canada Le même scénario se produit avec le soccer, indique Rachelle Salamon, qui estime à 58 le nombre d’équipes en attente d’endroits où jouer cet été. Le coût de location n’est pas le même, et la facture est refilée aux joueurs. Le CMSS a été créé dans l’esprit d’offrir aux adultes l’occasion de pratiquer des sports dans un cadre amical et ouvert à tous. Ses matchs étant mixtes et auto-arbitrés, il ne tombe pas dans les catégories administrées par les associations régionales de soccer, qui gèrent les terrains. Un match de volleyball de plage à Griffintown Photo : Courtoisie / CMSS La pandémie a accentué la demande d'aires de jeu des Montréalais, indique la directrice générale de l’organisme Sport et Loisir de l’île de Montréal (SLIM), Josée Scott. Il y a un effet domino. Avec plus de terrains sportifs en accès libre, ça désengorgerait les grands plateaux et ça rendrait la cohabitation beaucoup plus facile. L’organisme soutient des clubs sportifs à l’intérieur des grandes installations multifonctionnelles, notamment au complexe sportif Claude-Robillard. La construction de nouveaux terrains l'aiderait indirectement dans sa mission. SLIM a comme mandat de favoriser l’activité physique de la population et mise notamment sur l’accès à du jeu libre. Le projet abandonné de reconversion sportive de 15 terrains vagues aurait parfaitement correspondu à sa mission. Mais la directrice générale, Josée Scott, comprend aussi que la Ville fait face à un grand défi d'entretien de ses actifs. La directrice générale de SLIM félicite d’ailleurs différents organismes pour leur sens de la débrouillardise. Les associations sportives s'arrachent des parcelles de verdure à Montréal. Photo : Getty Images / Michael Regan En quête de réponses, Philippe Bourret se tourne vers le récent budget provincial dévoilé au printemps, et la place qu’on y fait au sport. Celui-ci prévoit un investissement de 300 millions de dollars sur six ans pour développer et entretenir les infrastructures récréatives. Josée Scott espère quand même que cette promesse de 15 nouveaux terrains réapparaisse dans les différents programmes des partis à l’approche des prochaines élections municipales en novembre. En attendant de nouvelles installations ou de nouvelles promesses, Rachelle Salamon aimerait être moins dépendante des décisions de la Ville, et voir une meilleure communication entre les acteurs du milieu. accès à plus de terrains sportifs aux jeunes, pour faciliter leur développement et les aider à éviter les pièges de la criminalité
.l'entretien et l'aménagement des terrains sportifs et les espaces verts existants pour assurer une pratique sécuritaire et adaptée aux nouveaux besoins
.Tout le monde se bat pour un morceau de verdure
On avait plus d’une centaine d’équipes de balle-molle, mais on a perdu la moitié de nos terrains, cet été. On a juste des plages horaires pour une cinquantaine d’équipes, maintenant. Le baseball mineur prend de plus en plus de place, et ça peut arriver une année que la Ville nous dise : "Vous avez les terrains." Et la suivante : "Vous ne les avez plus, c’est pour un autre groupe." Ça complique la planification et ça manque de transparence
, indique Rachelle Salamon.
Autrefois, on avait une centaine d’équipes sur les terrains publics. Ils ont été octroyés à d’autres associations, et on a dû se réaménager dans des terrains privés.
On a déjà eu des terrains à 20 $ de l’heure sur des terrains naturels un peu partout autour de la ville. Au privé, c’est 250 $ de l’heure pour un quart de terrain
, explique-t-elle. Moi, je n’ai pas grandi en faisant des sports d’équipe. J’ai découvert les sports d’équipe tard. Je ne connaissais pas vraiment les règles, sauf la base. C’est un peu dans l’optique d’offrir à des personnes comme moi, pas nécessairement formées dans le sport, l’occasion de jouer et de s’amuser. C’est compétitif, mais inclusif
, précise Rachelle Salamon. Des arbitres, c’est 65 $ de l’heure. Ce n’est pas quelque chose qu’on a budgété.

La population s’est réapproprié les parcs, et on ne peut que se réjouir de cela, mais ça apporte une forte demande. Il y a une multiplicité des usages.
C’est clair que l’accès est plus difficile. Et il y a un équilibre à trouver entre le niveau récréatif et le compétitif, et chaque arrondissement doit prioriser. Quand il y a la pratique régionale d’un sport, avec des gens qui viennent d’ailleurs, ce n’est pas long que ça déborde. Il y a un défi, là
, confirme-t-elle.Quand on parle de plateaux sportifs qui devaient être construits et qui ne l’ont pas été finalement, ça met une énorme pression sur les usagers. Tout le monde tire un peu la couverte de son bord
, souligne Philippe Bourret, directeur général de Sports Montréal.Une petite partie de notre offre de services est la pratique libre, avec une programmation dans l’arrondissement de Rosemont. Mais ces 15 nouveaux terrains-là, ça aiderait surtout à désengorger un paquet de plateaux à pleine saturation. Je vois des membres du groupe d’athlétisme pour personnes âgées, ici au complexe Claude-Robillard, qui doivent s’entraîner sur des coins de terrain, sur des aires gazonnées à l’entrée du complexe, en marge des terrains de baseball… Ils s’improvisent des plateaux sportifs. Les clubs se cherchent des endroits à gauche et à droite, tout le monde se bat pour des morceaux de verdure
, dit Philippe Bourret.Investir dans le maintien des actifs
Il y a des infrastructures désuètes. On pense à toutes les rénovations au complexe Claude-Robillard, ça vient chambouler tout l’écosystème sportif montréalais. Ça a bouleversé l’entraînement d’athlètes, ou juste la pratique récréative de bien des personnes. On a souvent écho de terrains sur l’île qui deviennent inutilisables
, note Josée Scott.Il y a souvent de la négociation pour obtenir des bouts de terrain, mais des pans d’activités qui ont dû être annulés par manque d’espace, ce n’est pas venu à nos oreilles encore. Il faut dire que le système D [pour débrouillardise] des OBNL est très fort
, ajoute-t-elle.
La grande majorité des sommes attribuées sont pour la réfection de vieilles bâtisses. On est beaucoup dans le maintien de ce qui existe déjà, plutôt que dans la création de nouveaux endroits
, fait-il remarquer. C’est une bonne piste pour optimiser les espaces. On va surveiller cela.
On ne peut jamais compter sur les terrains qu'on a d'une année à une autre. On ne sait pas les terrains sont attribués à qui, comment ils sont utilisés, à quelle heure. On comprend que la jeunesse doit avoir priorité. Mais les jeunes ne vont pas jouer non plus à 21 h.
Ce serait urgent d’avoir un système clair sur la réservation des terrains, pour que tous les groupes partent au même pied d’égalité. Il devrait y avoir un suivi plus clair sur le respect des heures octroyées
, conclut-elle.
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