Grève à la STM : les parties acceptent l’intervention d’un médiateur
Le ministre du Travail, Jean Boulet, a annoncé mercredi que le syndicat des employés d'entretien de la Société de transport de Montréal (STM) et la partie patronale avaient accepté la médiation, au troisième jour d'une grève qui paralyse le transport collectif dans la métropole.
Le médiateur Gaston Boutin est entré en communication avec les deux parties dès mercredi après-midi.
Le ministre avait proposé mardi de nommer un médiateur avec l'objectif de débloquer la négociation pour le renouvellement de la convention collective, expirée depuis le 4 janvier dernier
.
En entrevue à ICI RDI, M. Boulet a dit souhaiter accélérer les négociations, parce qu'on n'est pas rendus aux aspects monétaires encore; on parle de sous-traitance, de mouvement de main-d'œuvre et d'horaires atypiques
.
Enfin, pour le ministre du Travail, il importe d'apaiser les tensions
, du fait que l'impact de cet arrêt de travail est significatif chez les usagers
.
Le transport en commun est tellement prioritaire pour notre sécurité sociale et économique à Montréal.
Les représentants du syndicat des employés d'entretien et de la direction de la STM devaient se rencontrer dans la journée, mercredi.
Si la médiation ne porte pas ses fruits et que le conflit s'éternise, le ministre Boulet n'exclut pas de recourir à l'arbitrage, voire à une loi spéciale. Mais le ministre a dit être contraint à ce stade-ci de faire confiance aux parties
. On verra
, a-t-il conclu.
On ne pourra pas tolérer des impacts si dommageables sur la population dans un conflit de travail de cette nature-là.
Sur ICI RDI également, mercredi, le président du Syndicat du transport de Montréal, Bruno Jeannotte, a déclaré qu'avant d'accepter la médiation, le syndicat tenait à s'assurer du maintien d'une cadence de négociation
avec la STM en période estivale.
Au premier jour de l'arrêt de travail, lundi, M. Jeannotte dénonçait le fait que l'employeur n'ait pas levé la main pour négocier depuis plusieurs jours.
Mercredi, M. Jeannotte a dit que le syndicat avait accepté la médiation à la condition de rencontrer suffisamment l'employeur pour en arriver à un règlement rapidement
.
La meilleure fenêtre pour régler [le conflit], ce serait cet été, ça éviterait les chamboulements à la rentrée scolaire [de l'automne]
, a-t-il ajouté.
Des horaires peu clairs pour les usagers
Bruno Jeannotte a par ailleurs commenté la confusion dans les communications relatives aux horaires des services essentiels; une confusion qui a occasionné frustrations et désagréments pour les usagers du transport collectif.
M. Jeannotte a précisé que, pour le syndicat, il était difficile de déterminer si ces ratés dans les communications de la STM envers la population représentaient de la maladresse ou une mauvaise intention
de la part de la société d'État. On trouve ça assez éreintant la façon dont la STM a fait les communications
, a-t-il dit.
Le service régulier compromis jusqu'à jeudi inclusivement
La grève de 2400 travailleurs d'entretien limite le service d'autobus et de métro aux heures de pointe du matin et de l'après-midi, ainsi que tard en soirée.
Le service régulier sera maintenu de vendredi à dimanche en raison du Grand Prix du Canada, mais il sera restreint les autres jours jusqu'à la fin de la grève, le 17 juin.
Le syndicat avait affirmé précédemment que les négociations étaient au point mort sur des questions comme le recours à la sous-traitance et les horaires, en particulier ceux des équipes de nuit.
Un conflit qui pourrait être long
Quatre syndicats (dont le syndicat des employés d'entretien) sont actuellement en négociation avec la STM, et trois d'entre eux détiennent un mandat de grève.
Mercredi, Bruno Jeannotte n'a pas écarté la possibilité que ces syndicats fassent front commun pour accentuer la pression sur la partie patronale, comme ça avait été le cas dans le secteur de la santé : On est en discussion
, a-t-il dit.
M. Jeannotte admet que la loi 89, adoptée fin mai par le gouvernement de François Legault, et qui entrera en vigueur fin novembre, est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des organisations syndicales, notamment celles présentes à la STM.
Considérant l'entrée en vigueur de la loi le 30 novembre prochain, mais aussi d'autres échéanciers, M. Jeannotte a reconnu que ses membres auraient tout avantage à régler les choses avant cette période-là
.
Une loi qui change la donne
C'est que la loi 89 limite le droit de grève et ajoute, à la notion de services essentiels, un nouveau critère
, soit celui des services complémentaires, nécessaires pour assurer le bien-être de la population, c'est-à-dire sa sécurité sociale et économique
, comme l'a expliqué mercredi le ministre Jean Boulet.
En vertu de cette loi, lorsqu'un préjudice grave est causé à la population, le ministre du Travail dispose de la possibilité de déférer à un arbitre de différend pour déterminer le contenu d'une convention collective, à la suite de l'échec de la médiation.
C'est sûr que la loi 89 pourrait avoir un impact dans le dossier actuel
, a déclaré Jean Boulet, dans la mesure où elle obligerait les parties à maintenir des services plus étendus que ceux en vigueur depuis trois jours à Montréal.
Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau
Avec les informations de La Presse canadienne
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