Les premiers jours du conflit Israël-Iran en cartes et en photos
Israël a déclenché vendredi son opération « Rising Lion » contre les dirigeants du régime iranien et les infrastructures militaires et nucléaires du pays. Depuis, près de 200 frappes israéliennes en Iran ont été confirmées par l’Institute for the Study of War. Plus de la moitié des 175 frappes recensées jusqu'à maintenant ont touché la capitale iranienne, Téhéran, ou des sites à proximité. Selon le politologue Sami Aoun, Israël tente de déstabiliser l'État iranien. Israël a appelé les Téhéranais à s'éloigner de toutes les infrastructures militaires. Déjà, des zones résidentielles ont été touchées, tuant des civils. Une partie d'un immeuble résidentiel de 14 étages près de la place Nobonyad, dans le nord-est de Téhéran, s’est effondré après des frappes, tuant une soixantaine de personnes. Des médias iraniens ont rapporté que l'hôpital Farabi, situé dans la ville de Kermanchah, a subi d'importants dégâts après une frappe israélienne. Des frappes ont touché une caserne de pompiers dans la province d'Ilam. Lundi, l'armée israélienne a frappé la télévision d'État iranienne. Une épaisse colonne de fumée s'élève de la ville de Téhéran peu de temps après le bombardement du siège de la télévision publique iranienne (IRIB), à Téhéran. Photo : Getty Images Depuis longtemps, Israël accuse Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. C'est pour cette raison que l'armée israélienne dit avoir bombardé plus de 80 sites liés au programme nucléaire iranien. Israël a ciblé les sites iraniens d'enrichissement de l'uranium de Natanz, d’Ispahan et de Fordo. Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'alimentation électrique de l'usine d'enrichissement d'uranium souterraine de Natanz, située à 225 km au sud de la capitale, a été détruite par des frappes. Cela a gravement endommagé les centrifugeuses de ce site nucléaire, qui comprend trois bâtiments souterrains, dont deux sont conçus pour accueillir 50 000 centrifugeuses, et six bâtiments en surface. Une image satellitaire montre plusieurs bâtiment détruits à la centrale nucléaire de Natanz. Ce site est opérationnel depuis février 2007, en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant que l'Iran cesse l'enrichissement d'uranium. Photo : Reuters / Maxar Technologies Quatre bâtiments ont été endommagés à Ispahan, selon l'AIEA, dont le laboratoire central de chimie et une usine de conversion d'uranium. Ce site a été construit avec l’aide de la Chine et mis en fonction en 1983. Selon l’AIEA, jusqu’à 3000 scientifiques y travaillaient. Aucun dommage majeur n’a été constaté à Fordo, un site nucléaire enfoui à 800 mètres sous une montagne, à 200 kilomètres au sud de Téhéran. Cette usine d'enrichissement d'uranium est la deuxième du pays en importance, après celle de Natanz. Plusieurs scientifiques travaillant au programme d’enrichissement nucléaire ont été tués lors de ces frappes. De plus, l’Organisation de l'innovation et de la recherche en matière de défense (SPND) a été ciblée. Cette agence de recherche et de développement du ministère iranien de la Défense est chargée de développer des technologies dans le cadre du programme nucléaire iranien. De surcroît, Israël cible particulièrement des sites de développement et de production de missiles. L'ampleur des dégâts commence à être connue, grâce à des images satellitaires. Le site de Ghadir, où l'on produit des missiles balistiques, a été frappé par Israël. Photo : via reuters / Maxar Technologies Des frappes ont été signalées sur les bases militaires de Bide Kaneh et de Kermanshah, au complexe militaire de Partchine, ainsi que sur les aéroports de Machhad, de Mehrabad et de Tabriz, où un complexe de missiles a également été touché. Selon les estimations américaines, l'Iran disposait d'un stock d'environ 3000 missiles balistiques. À Kermanshah, plusieurs sites ont été endommagés. L’accès à deux tunnels menant à des silos souterrains stockant des missiles balistiques a aussi été endommagé. Cette image satellitaire montre la destruction du bâtiment d'entreposage de missiles et des entrées des tunnels du site militaire de Kermanchah. Photo : Reuters / Maxar Technologies Sur le site militaire de Bide Kaneh, à environ 30 km à l'ouest de Téhéran, plusieurs bâtiments ont été lourdement endommagés. Plusieurs bâtiments du site militaire de Bide Kaneh ont été endommagés. Photo : Reuters / Maxar Technologies Israël affirme avoir détruit 120 lanceurs de missiles surface-surface iraniens, soit le tiers du stock total du régime. Les dirigeants militaires sont dans la mire des forces israéliennes, qui ont frappé le quartier général du programme nucléaire iranien et des centres de commandement de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la révolution. Israël a par ailleurs frappé des installations de traitement du gaz à South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel du monde, ainsi que les dépôts pétroliers de Shahran, dans le nord de Téhéran. Shahr Rey, l'une des plus grandes raffineries du pays (production de 225 000 barils par jour), a elle aussi été endommagée par des missiles israéliens. L'armée israélienne a également frappé l'aéroport de Machhad, la troisième ville d'Iran, située dans le nord-est du pays, et l'aéroport de Tabriz, dans le nord-ouest. L'Iran a riposté en envoyant des centaines de missiles vers Israël, mais la majorité ont été interceptés. Rappelons qu'Israël possède un système de défense antimissile qui permet d'intercepter roquettes, obus et missiles et de les faire exploser en plein vol – le Dôme de fer. Ce système de défense aérienne peut toutefois être percé s'il reçoit un grand nombre de missiles empruntant au même moment la même trajectoire. D'ailleurs, plusieurs missiles iraniens ont réussi à frapper la capitale, Tel-Aviv. Des missiles sont tombés près du Marché du Carmel dans le centre-ville de la capitale et sur Petah Tikva, au nord-est. En banlieue, une école a été endommagée à Bnei Brak. Une frappe dimanche soir sur une raffinerie de pétrole à Haïfa, ville du nord d'Israël, a coûté la vie à trois personnes. Des incendies se sont également déclarés dans une centrale électrique à proximité. Les autorités israéliennes ont prévenu la population dès le début de l'offensive militaire que les systèmes de défense antiaériens n'étaient pas efficaces à 100 % et que des jours difficiles l'attendaient. Les Israéliens entrent dans une phase de guerre de ville. Ils essaient de vider Téhéran et de pousser les gens à fuir,
a-t-il dit en entrevue à Tout un matin. 
Les installations nucléaires, première cible d'Israël

De nombreuses installations militaires ciblées
On continue de frapper tous les lance-missiles de l’Iran, puisque la vraie puissance de l’Iran se résume aux missiles balistiques
, explique Sami Aoun, directeur de l'Observatoire du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. 


Cette guerre a commencé par une frappe stratégique inattendue et spectaculaire. Israël a décapité le leadership militaire, sécuritaire, et est allé toucher tous les sièges possibles de la garde révolutionnaire
, dit Sami Aoun.Des missiles iraniens sur Israël
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