Consultations sur le bilinguisme : des internautes mettent en doute le rôle du français
La semaine dernière, le gouvernement provincial a lancé des consultations publiques pour son projet de rendre le Manitoba « véritablement bilingue ». Cette nouvelle a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux de la part d’internautes remettant en question la place du français dans la province. Le 11 juin, l'animatrice de l'émission matinale de CBC Manitoba, Marcy Markusa, a demandé à sa communauté en ligne, (nouvelle fenêtre) en anglais : Une question lancée par la journaliste de CBC Marcy Markusa sur la plateforme Facebook, ainsi que des commentaires d'internautes, en anglais. Photo : Facebook / Marcy Markusa Si certains appuient le projet, d’autres émettent des réserves et s’interrogent sur l'importance accordée au français, alors qu'il existe des besoins pour les locuteurs d'autres langues. Des internautes mentionnent en particulier le tagalog, parlé aux Philippines, et les langues autochtones. D’autres commentaires évoquent le fait que l’anglais est suffisant et qu’il devrait rester dominant. Le président de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), Derrek Bentley, ne croit pas qu'il y a une manifestation du regain du sentiment anti-francophones. Pour la spécialiste en pédagogie francophone Carole Freynet-Gagné, on est très loin de l'animosité de la crise linguistique des années 80. Carole Freynet-Gagné a été actrice de la communauté francophone au Manitoba. Elle a remporté les prix Riel en 2025. Photo : Radio-Canada / Rosalie Loiselle Elle explique qu’il y a 40 ans ce sentiment était bel et bien palpable dans les écoles francophones et qu’il lui donnait l’impression d’être une On nous appelait les "frenchs frogs". Il y avait ce clivage. Elle croit que les commentaires des internautes discutent davantage de la question du multiculturalisme que de celle du bilinguisme. Pour Robert Falcon Ouellette, professeur agrégé à l’Université d’Ottawa et originaire de la Nation crie Red Pheasant, il ne s’agit pas non plus d’une montée d’un sentiment anti-francophones. Robert Falcon Ouellette est francophone. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio Souvent, lorsqu'on fait ce débat de bilinguisme au Canada, il y a des groupes qui ne se sentent pas considérés dans cette conversation. Toutefois, selon lui, l’apprentissage du français reste populaire dans la province, comme en témoigne le succès des écoles d’immersion. Des personnes interrogées dans la rue par Radio-Canada se montrent en faveur du projet de bilinguisme porté par la province. Glen Simard, le ministre responsable des Affaires francophones et instigateur du projet, réfute lui aussi l’idée d’un sentiment anti-francophones. Il affirme que le français est une langue Glen Simard, le ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba, a lancé ces consultations publiques le 9 juin dernier (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy Le ministre rappelle que le projet de rendre la province bilingue fait partie de son mandat et que le français, comme langue officielle, fait partie de la Constitution du Canada.Que faudrait-il pour faire du Manitoba une province véritablement bilingue?
Une centaine d'internautes y ont répondu. 
En les lisant [les commentaires], je pense que c’est plutôt un intérêt de mieux comprendre pourquoi on fait ces consultations-là
, dit-il.
Non, je n’ai pas ce sentiment-là. Mais ça peut vouloir dire que, lorsqu’on parle d’investissement et d’argent, cela réveille de vieilles réactions que l’on connaît très bien
, indique la présidente-directrice générale de l'entreprise Apprentissage illimitée.citoyenne de seconde zone
.Les peuples autochtones
veulent être inclus

Quand j’ai lu les commentaires en ligne, j’ai vu beaucoup de personnes autochtones qui voulaient être incluses, pas exclues
, dit-il.Peut-être est-ce une erreur de la province que de croire que les personnes autochtones vont rester silencieuses, ou d’autres groupes comme les [personnes qui parlent le] tagalog
, ajoute-t-il.Ouvrir la porte aux autres langues minoritaires
Je pense que les droits francophones du Manitoba sont importants. Ils sont à la base des fondations de la province. Je crois que les anglophones et les francophones ont tout intérêt à se rejoindre
, dit James Spencer.Ils [les droits francophones] sont importants. Pas seulement l’anglais, mais aussi le français, l’ukrainien, l’arabe. C’est bon pour la diversité culturelle
, ajoute Mohamed Ali Zarouk.très vivante
et que son rayonnement ouvrira la porte à d’autres langues minoritaires dans la province.
L’élévation d’une langue officielle du Canada va aussi élever d’autres langues qui cherchent de la reconnaissance ici, au Manitoba, comme les langues autochtones, ou [celles] de nouveaux arrivants
, explique-t-il.
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