L’accès aux lacs et rivières doit aussi être protégé en Abitibi-Témiscamingue
L’accès équitable aux lacs et rivières n’est pas un enjeu en Abitibi-Témiscamingue, mais il pourrait le devenir. L’appel de plusieurs organismes, dont la Fondation Rivières, à mieux encadrer l’accès public aux plans d’eau du Québec pour y pratiquer des activités récréatives, résonne donc jusque dans la région. Selon une étude rendue publique mercredi par la Fondation Rivières, environ 98 % des berges analysées par deux chercheurs sont inaccessibles au public au Québec. Il s’agit pourtant d’un patrimoine collectif qui appartient à tous les Québécois, insiste la Fondation Rivières depuis quelques années. Dans l’étude, on retrouve quelques plans d’eau de l’Abitibi-Témiscamingue, dont le lac Arthur, ceinturé de propriétés privées à Amos. C’est le genre de situation qui inquiète les organismes qui forment le Collectif pour l’accès équitable aux plans d’eau. Parmi les solutions avancées par la Fondation Rivières, Québec pourrait limiter ou exonérer la responsabilité civile des propriétaires et gestionnaires d’accès qui permettent aux piétons de traverser leur terrain pour accéder à un plan d’eau. Les municipalités pourraient aussi être forcées de compenser toute perte d’accès existant pour un accès équivalent. Dans le sud de la province, on retrouve aussi une forte tendance des municipalités et MRC à limiter l’accès aux lacs et rivières pour les protéger contre les plantes exotiques et les espèces aquatiques envahissantes. Cette tendance pourrait bientôt gagner la région, craint Marc Renaud, directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. Marc Renaud, directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté / Myriam Quenneville Selon lui, la protection des plans d’eau passe davantage par la sensibilisation et la multiplication des stations de lavage pour les embarcations. Les stations de lavage à faible coût viendront inciter les gens à laver leurs canots, kayaks, pontons, chaloupes, bateaux et toutes autres embarcations nautiques pour préserver les lacs et rivières. Chez Tourisme Abitibi-Témiscamingue, on confirme que l’accès équitable des plans d’eau de la région n’est pas un enjeu majeur pour le moment. Pour Guillaume Travert, directeur du développement de la destination, l’accès aux plans d’eau est justement un atout qu’il faut conserver. Le marais Antoine, situé aux abords du lac Abitibi. (Photo d'archives) Photo : Site : Tourisme Abitibi-Témiscamingue Il rappelle que tous les accès publics aux points d’eau de l'Abitibi-Témiscamingue sont un attrait majeur de la région, que ce soit pour la pêche, les activités de plein air comme le kayak, le canot et la planche à pagaie.Parfois, il n’y a pas d'espace pour y aller. C'est seulement des terrains privés. On parle alors de privatisation de l'ensemble des berges. On dénonce cette situation et on demande au gouvernement de mettre en place un encadrement, une loi-cadre qui viendrait exiger aux municipalités de maintenir des accès équitables à l’eau
, explique Josée Côté, directrice générale de Nautisme Québec.D’autres façons de protéger
C’est pour bien faire. Certaines municipalités veulent protéger leurs plans d’eau, alors elles bloquent tout simplement l’accès pour éviter ça. Mais c’est une solution drastique. D’autres vont limiter l’accès uniquement à leurs résidents, mais ces plans d’eau appartiennent à tout le monde
, rappelle Josée Côté.
Tranquillement pas vite, ça monte. Ça monte au Lac-Saint-Jean. Ça commence à arriver en Abitibi. Je n’ai pas d'exemple précis, mais je sais qu'il y a des conseils de ville qui regardent pour mettre une certaine interdiction à des non-résidents. C’est comme ça que ça a commencé dans le Sud. D’autres municipalités vont faire apparaître une surcharge. C’est 50 $ pour les résidents, mais 300 $ pour les non-résidents. C’est pour ça qu’à la Fédération, on travaille depuis longtemps pour que les gouvernements fassent une loi-cadre
, explique M. Renaud.Ce n’est pas en barrant le lac qu’on va régler le problème. On essaie de faire quelque chose avec les municipalités et les MRC, leur dire: aidez-nous, on va faire un partenariat et on va mettre des stations de lavage à prix raisonnable. Pas pour contrôler ni faire de l’argent, mais pour protéger le plan d’eau
, affirme Marc Renaud.Un atout à préserver

On a 22 000 lacs et rivières en Abitibi-Témiscamingue. C’est une richesse qu’on a. On a la chance justement, au contraire d'autres régions, que la grande majorité de nos lacs soient accessibles. C'est quelque chose qu'on veut garder, qu'on doit garder. Assurément on va garder les yeux grands ouverts pour s’assurer que cette problématique ne vienne pas chez nous
, insiste M. Travert.On a développé un outil d’autoguidage qui s’appelle Accès Plein Air et qui référence plusieurs circuits, des lacs et des rivières qui sont accessibles. On y recense toutes les rampes de mises à l’eau auxquelles les gens ont accès. C’est notre outil de veille en même temps pour nous assurer que les accès sont bien là
, souligne Guillaume Travert.
Advertising by Adpathway




