Des orques utilisent des « outils » faits d’algues pour se masser
Les orques résidentes du Sud, qui vivent au large de la Colombie-Britannique, utilisent des algues à des fins de toilettage, selon des scientifiques. Des drones équipés d'un zoom ont permis aux chercheurs de repérer les cétacés, qui se servent régulièrement d’algues brunes, coincées entre leurs corps. L'étude (nouvelle fenêtre) (en anglais) publiée dans la revue Current Biology avance l'hypothèse selon laquelle ce comportement est motivé par des raisons à la fois hygiéniques et sociales. Si l'utilisation Des orques se servent d’algues pour faire leur toilette et socialiser, un comportement inédit chez des mammifères marins. Photo : Center for Whale Research and our research permit number (NMFS/NOAA 27038) On a déjà observé des baleines et des dauphins se frottant les uns contre les autres pour possiblement éliminer des parasites et des peaux mortes. Toutefois, l'adoption simultanée de ces deux comportements par les épaulards résidents du Sud n'a pas été observée chez les autres baleines, précise Michael Weiss. Nous n'avons jamais vu de baleines combinant ces deux comportements et utilisant un objet pour renforcer ce type de contact social. Je pense que ça montre qu'il y a beaucoup à apprendre de ces cétacés et qu'il y a aussi beaucoup à apprendre d'autres populations moins étudiées. Les chercheurs souhaitent examiner de plus près les liens sociaux que l'utilisation des algues contribue à créer. Selon Andrew Trites, professeur à l'Institut des océans et des pêches de l'Université de la Colombie-Britannique, ce nombre d'observations est suffisamment élevé pour que l'étude soit significative. Un épaulard a été aperçu en train de nager à reculons au large des côtes de West Vancouver. Selon la scientifique Anna Hall, il pourrait être en train de dépecer une proie afin de la partager avec les membres de la famille. Photo : Allison MacGillivary Les orques résidentes du Sud de la côte ouest sont classées en trois familles, les groupes J, K et L, chacune possédant son propre dialecte et des cris différents. Le Centre de recherche sur les baleines a également indiqué que la population avait chuté, passant à 73 individus lors de son recensement du 1er juillet 2024, à la suite de la mort de deux orques mâles adultes. Michael Weiss a déclaré que cette recherche illustre une fois de plus l'importance de protéger cette population. Avec des informations de La Presse canadienne et de CBCd'outils
est connue chez les primates et les oiseaux, elle est beaucoup moins courante en milieu marin, notamment parce que les individus ne possèdent pas de membres capables de saisir les objets, explique Michael Weiss, président du Centre de recherche sur les baleines établi dans l'État de Washington, et auteur principal de l'article.
Malgré leur cerveau puissant et leurs comportements complexes, les signalements d'utilisation d'outils sont plus rares qu'on ne le pense, compte tenu de ce que l'on observe chez les animaux terrestres
, ajoute-t-il.Il n'est pas surprenant qu'elles en soient capables. Ce qui est surprenant, c'est que nous ne le savions pas après plus de 50 ans d'études
, dit Michael Weiss.Un comportement
unique
Nous avons observé 30 cas différents, ce qui représente un échantillon limité en matière de statistiques, mais qui démontre qu'il ne s'agit pas d'un phénomène isolé et étrange, mais plutôt d'un élément important de leur vie sociale, et c'est assez solide
, dit le scientifique.Nous avons étudié les interactions entre les orques et les dauphins, mais jamais celles avec les algues. C'est donc une nouveauté pour moi, et j'étais très enthousiaste
, dit Andrew Trites.Certaines hypothèses sont faites quant à son utilité, mais je pense que c'est un bon point de départ pour attirer l'attention sur ce que je considère comme un comportement tout à fait unique. On ne naît pas avec ce comportement. On l'apprend et, au fil des interactions, il se renforce.

Une protection essentielle pour préserver une
culture unique
Lorsque nous parlons de la conservation de cette population, il ne s'agit pas seulement de préserver 73 animaux. Nous parlons de préserver une culture unique, avec des comportements uniques, que nous ne reverrions jamais si nous les perdions
, dit-il.
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