« On est à un point de non-retour » pour la santé du lac Mégantic
Depuis plusieurs années, des résidents de Lac-Mégantic s’inquiètent de la santé de leur lac, qui ne cesse de se détériorer. C’est que des algues prolifèrent à plusieurs endroits et que l’érosion des ruisseaux et les conduites pluviales municipales génèrent des rejets de sédiments dans l'eau. Robert Bellefleur est le porte-parole d’un groupe de citoyens du secteur Baie-des-Sables. Il a déjà dénoncé la situation et déplore à nouveau l’état pitoyable du plan d’eau, comme rapporté dans le quotidien La Tribune. Il soutient que Lac-Mégantic n’en fait pas assez pour corriger la situation. Rappelons que la Municipalité de Lac-Mégantic a entamé l’installation d’un bassin de rétention au coin des rues Versant et Sévigny, en 2023. Le bassin de sédimentation devait permettre de rejeter une eau plus propre provenant du secteur résidentiel du Versant. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies L’objectif était de rejeter une eau plus propre provenant du secteur résidentiel du Versant, alors que les sédiments se déposent au fond du bassin plutôt qu’ils soient rejetés dans l’environnement. La vitesse d’écoulement devait aussi être réduite. Toutefois, la même année, le ministère de l’Environnement a remis à la Municipalité une amende de 10 000 $ pour le rejet de solides en suspension lors de l’aménagement du bassin. Le secteur du Versant, initialement, était un milieu agricole. Terres, pâturages et bois permettait de créer un milieu humide, une sorte d’éponge qui permettait de retenir l’eau lors des grandes pluies. On est à un point de non-retour pour l’eutrophisation du lac. On est sur la ligne du vieillissement accéléré. Le citoyen voit surtout les conséquences de cette urbanisation lors de fortes précipitations. Très engagé dans la cause, Robert Bellefleur l’avoue, Toutes les berges et les plages qui donnent sur le lac, à proximité des égouts qui descendent du bassin versant, sont en processus accéléré de vieillissement. Chaque été, on voit proliférer les plantes aquatiques. Quand on marche pour aller se baigner, on cale dans une boue qu’on n’observait pas il y a 20 ans
, soutient-il.
Une urbanisation nuisible pour le lac
Ça a disparu parce qu’on a construit plus de 200 maisons sur l'asphalte avec de belles pelouses. Quand il y a de fortes précipitations, plutôt que de pénétrer dans le sol, les eaux de ruissellement descendent en torrent
, observe Robert Bellefleur.Ça tombe comme des clous, ça dure parfois vingt à trente minutes, et on entend gronder les ruisseaux, on voit les roches qui roulent, les arbres qui sont déracinés, et il y a des mètres cubes de terre qui arrivent dans le lac, décrit-il. On ne voyait pas ça avant.
[son] approche est beaucoup plus agressive que certaines associations de protection du lac
.À la Municipalité, je pense qu’ils me prennent pour un lanceur d’alerte. J’ai compris que la Ville de Lac-Mégantic avait plusieurs dossiers prioritaires en raison de sa reconstruction et que si on ne veut pas que le dossier de l’érosion soit en dessous de la pile, il faut le politiser.
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