Québec étudie les restrictions d’horaires imposées aux magasins et lance un projet pilote
Faut-il permettre aux commerçants de fermer boutique plus tard pour adapter l’économie québécoise aux changements d’habitudes des consommateurs? C’est la question à laquelle Québec veut répondre à l’issue de son nouveau projet pilote, qui permettra de repousser à 20 h la fermeture des magasins pendant la fin de semaine dans trois régions de la province. Les magasins de Laval, de Saint-Georges et de Gatineau pourront ainsi fermer trois heures plus tard qu’ailleurs au Québec, les samedis et dimanches, dès cet été. Ces zones ont été sélectionnées en raison de leurs situations économique et géographique, selon le ministre délégué à l’Économie, Christopher Skeete. Le projet pilote, d'une durée prévue d'un an, pourra être reconduit pour une année supplémentaire. Québec évaluera à terme les effets de la modification d'horaire sur les consommateurs et les travailleurs. Le nouveau régime d'heures d'ouverture pourrait faire l'objet d'un projet de loi pour le rendre Dans un tout autre ordre d'idées, les boutiques d’objets érotiques bénéficient d’un projet pilote distinct, qui a également été annoncé mercredi. En plus d'autoriser leur ouverture tous les jours de l'année, y compris les jours fériés, ce projet leur permettra de desservir des clients jusqu’à 23 h, et ce, partout au Québec. Christopher Skeete, ministre délégué à l'Économie (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel À moins de bénéficier d'une exemption (à l'instar des épiceries, des cinémas, des restaurants ou des stations-service), les commerces du Québec doivent habituellement offrir leurs services dans une fourchette de 8 h à 17 h la fin de semaine, et de 8 h à 21 h la semaine, en vertu de la Loi sur les heures et les jours d’admission dans les établissements commerciaux. Face à un Le Québec est la seule juridiction en Amérique du Nord qui [limite les heures d’ouverture des commerces] mur à mur, arbitrairement. On se demande si c’est encore pertinent. Pour cause, l'administration québécoise reçoit Le reportage de Marie-Claude Morin. Selon le gouvernement du Québec, les balises prévues dans la loi visent à assurer de Un coup de sonde mené par le Conseil québécois du commerce de détail entre les saisons automnales 2022 et 2023 n'a pas su dégager de ligne claire quant à l'opinion des commerçants à l'égard de cette mesure. Contacté par Radio-Canada, le Conseil reconnaît que le sujet On cherchait certains critères : une zone urbaine, rurale et frontalière. [Laval est urbaine], et Gatineau est frontalière avec l’Ontario, qui n’a pas de loi sur les heures d’ouverture. Saint-Georges, c'est rural et frontalier avec les États-Unis
, justifie le ministre délégué, qui est aussi responsable de la région de Laval, au micro de l'émission Tout un matin.permanent
, indique le projet de règlement encadrant la mise en œuvre du projet pilote.
Encore utile de limiter les heures d'ouverture?
monde en transition
et aux Amazon de ce monde, ouverts 24/7
, le ministre délégué estime que le Québec doit se questionner sur la nécessité de conserver ces restrictions d'horaires. L'idée du projet pilote, c'est de bien mesurer les impacts du retrait du gouvernement du Québec sur les heures d'ouverture.
une quarantaine de demandes d'exception
à la loi parce que c'est mal adapté aux réalités de certaines villes, certaines régions, villes ou secteurs de l'économie
, explique M. Skeete.Faute d'avoir un consensus clair, avec une évidence manifeste que ça ne répond pas [aux critères de chaque commerçant], la question que je me pose, c'est : "Est-ce que c'est au gouvernement de trancher?"

Un risque pour la concurrence?
saines conditions de concurrence
et un équilibre entre les droits, les intérêts et les besoins des commerçants, ainsi que ceux de leur personnel et des consommateurs
.soulève les passions et qu'il y a, entre autres, une crainte réelle de certains propriétaires de plus petits commerces de ne pouvoir répondre à ces nouvelles heures prolongées, contrairement à de plus grands commerces, qui ont plus de moyens financiers et humains
.Ces derniers pourraient ainsi se retrouver dans une concurrence déloyale qui ne favoriserait pas l'achat local
, prévient toutefois sa porte-parole Geneviève Duval, qui salue tout de même l'approche gouvernementale.
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