Toujours plus de ménages sans logement au Québec, constate le FRAPRU
Au moins 1899 ménages locataires étaient toujours sans logement en date d’hier au Québec, soulignait jeudi matin le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) qui présentait son bilan post 1er juillet. D’après des données compilées par la Société d'habitation du Québec (SHQ), qui recensent le nombre de ménages qui ont contacté un service d’aide à la recherche de logement, 211 ménages de plus qu’à pareille date l’an dernier se sont retrouvés dans cette situation cet été. Ce qui confirme, selon la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, que la situation de nombreux locataires continue de se détériorer dans le contexte de crise de logement qui sévit au Québec depuis plusieurs années maintenant. À l’heure actuelle, 425 ménages accompagnés par un service d’aide ont été déclarés en hébergement temporaire chez des proches ou dans du logement temporaire fourni par une municipalité. La porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain, Véronique Laflamme. Photo : Radio-Canada Outre leur nombre plus élevé, les données montréalaises montrent aussi que les ménages sans logis mettent de plus en plus de temps à trouver du logement. Ce sont des personnes qui, aujourd’hui, ne sont peut-être pas sur le trottoir, mais qui vivent une très très grande insécurité et ne savent pas quand, et où, ils et elles auront une solution de logement permanente. Mais les chiffres ne disent pas tout, prévient Mme Laflamme, qui rappelle que les données de la SHQ ne recensent que les ménages qui se sont manifestés auprès de services d’aide à la recherche de logement. Soulignant l’importance de soutenir tous ces ménages sans logement pour éviter d’aggraver encore l’itinérance, le FRAPRU a salué les efforts de la Société d’habitation du Québec qui finance depuis trois ans une quarantaine de services d’aide à la recherche de logement. Pour ce qui est de la situation du logement locatif en 2025, malgré une légère hausse du taux d'inoccupation et une augmentation des mises en chantier de logements locatifs, l’abordabilité demeure le principal obstacle au logement. La rapidité avec laquelle les loyers augmentent au Québec inquiète le FRAPRU. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi Encore hier, une locataire de Hochelaga-Maisonneuve nous a envoyé une photo d’un logement à louer, 2 chambres à coucher : 2100 $. Avec des loyers aussi hauts, les locataires sont aussi beaucoup moins enclins à déménager, constate l’organisme. Le FRAPRU rappelle que lors du recensement de 2021, le revenu médian de l'ensemble des locataires du Québec était de 48 400 $ et que déjà, à l’époque, près de 373 000 ménages locataires québécois consacraient plus de 30 % de leurs revenus pour se loger. En 2021, la ministre québécoise responsable de l’Habitation, Andrée Laforest, assurait quant à elle que le Québec n’était « pas du tout dans une situation de crise du logement ».
Si l'on compare les demandes d’aide reçues en date de vendredi dernier, versus hier soir, il y avait plus de 300 appels supplémentaires. On voit que les demandes d’aide continuent à s’effectuer. C’est important que les locataires appellent à l’aide pour pouvoir recevoir des mesures concrètes
, a précisé Mme Laflamme.L’hébergement temporaire s’allonge
On n’a pas de données à l’échelle provinciale, mais l’an passé à Montréal la durée était de plus de 80 jours pour les familles et les personnes hébergées par la Ville
, a expliqué le porte-parole du FRAPRU en conférence de presse.Il y a des gens qui ne se sont pas rapportés, il y a des gens qui n’ont su que dans les tout derniers jours qu’il y avait des mesures d’aide offertes. Plusieurs vont chez des proches et, dans les prochains jours, ils n’auront plus de plan B.
L’importance des services d’aide aux locataires
On est soulagé que le gouvernement du Québec finance de tels services d’aide à la recherche de logement et on voit que les besoins sont à l’année. Donc, on doit les pérenniser. Et surtout on doit s’assurer que tous les locataires qui se retrouvent dans une situation temporaire soient accompagnés activement tout le temps que ça prend pour être relogé
, plaide la porte-parole du FRAPRU.Des loyers hors de prix
Il y a une hausse extrêmement rapide du [coût du] loyer moyen au Québec
, s’alarme le FRAPRU.
Ce qui nous a menés à l’inabordabilité actuelle, ce n’est pas le résultat de choix politiques. Mais c’est le résultat de non-choix politiques
, a déclaré Véronique Laflamme qui rappelle que les gouvernements avaient été prévenus il y a un bon moment déjà qu’on se dirigeait vers une crise du logement.En 2016, le Comité sur les droits économiques et socioculturels de l’ONU disait qu’il y avait une pénurie de logements sociaux au Québec et au Canada. Le problème était connu
, a rappelé Mme Laflamme.
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