5 trucs pour détourner vos ados des écrans cet été
Avec la fin des classes, le temps libre augmente et, avec lui, la tentation de rester plus longtemps devant son ordinateur ou son téléphone. Comment convaincre les adolescents de laisser les écrans de côté? Trucs de pros pour la belle saison. Outils puissants et omniprésents, les écrans peuvent aussi jouer un rôle négatif dans le développement des jeunes utilisateurs. Tout est une question de dosage et d’intentions. Nombre de parents s’inquiètent pour leurs enfants et tentent d’imposer des limites, ce qui est parfois source de tensions dans les familles. Surtout quand l’école laisse place aux jours plus oisifs. Ce printemps, une commission québécoise sur les écrans et la jeunesse (nouvelle fenêtre) a émis une série de recommandations en la matière. Voici, résumés en cinq points, les conseils de spécialistes s’intéressant à l’hyperconnectivité et aux dépendances. Yannick Dumont Baron traitera de ce sujet à l'émission Tout terrain diffusée dimanche à 10 h (HAE) sur ICI Première. Oui, les enfants passent beaucoup de temps à regarder des écrans. Mais non, ils n’en sont probablement pas dépendants. Pas au sens clinique du terme du moins, et surtout s’ils utilisent les écrans pour accomplir diverses fonctions. Jean-François Biron, expert en matière d'hyperconnectivité et de jeux de hasard et d'argent à la Direction régionale de santé publique de Montréal. Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron Des études québécoises estiment qu’un adolescent sur six ferait une utilisation Les experts recommandent de consacrer moins de deux heures par jour au divertissement devant les écrans, ce qui exclut le temps passé à lire ou à planifier des activités. Au-delà de quatre heures par jour, les effets néfastes pour la santé sont vraiment marqués. Jean-François Biron évoque une détresse psychologique plus profonde, moins de satisfaction à l'égard de la vie ainsi qu'une motivation scolaire et un sommeil affectés. Mais attention, le seuil des deux heures n’est pas une limite ferme, surtout pour un adolescent qui a plus de temps libre chaque jour. L’idée, c’est d’assurer que les écrans n’avalent pas toute la journée d’un jeune et qu’il ait encore du temps pour aller dehors et donner un répit à son cerveau. Les experts recommandent de consacrer moins de deux heures par jour au divertissement devant les écrans. Photo : Getty Images / Carol Yepes Les spécialistes suggèrent fortement aux parents d’aborder la question du temps d’écran avec leurs adolescents. La conciliation serait une méthode plus efficace que l’imposition de contraintes strictes. L’exercice permet aussi d’étudier le temps que chacun consacre à des applications précises. Combien de minutes passées à regarder des vidéos vite oubliées? Combien à planifier des sorties entre amis? Cela permet aux parents de prendre conscience des besoins que l'enfant tente de combler avec les écrans, comme celui de socialiser avec ses amis. Ainsi, forcer un jeune à jouer dehors peut, en fait, l’isoler de ses pairs. L’inventaire du temps passé devant les écrans permet une remise en question de certaines activités en ligne et de l’utilisation parfois automatique et compulsive des cellulaires. Ces appareils, Les parents peuvent surveiller certains signes d’une éventuelle véritable dépendance de leurs ados aux écrans. Photo : Getty Images Les parents ont un rôle important à jouer pour aider leurs adolescents à concevoir ces appareils comme des outils à leur service. D’abord, parce qu’ils servent de modèles. Les demandes de déposer un écran sont moins crédibles si elles sont formulées par un père constamment le nez dans son téléphone ou une mère qui s’endort devant sa tablette. La neuropsychologue Emma Campbell recommande la constance et la cohérence dans les consignes. Les règles encadrant les écrans devraient s’appliquer à tous, pas qu’aux jeunes. Autre conseil : s’entendre sur une durée de temps affectée à une tâche précise, comme un jeu vidéo ou le visionnement d’épisodes sur YouTube, et sur ce qui se passera après. Cette technique vise à compenser l’effet Emma Campbell est neuropsychologue. Photo : Alexandre Lafrenière Dans le même esprit, Emma Campbell suggère de dresser une liste d’activités Carolanne Campeau croit qu’il est contre-productif de reprocher à son enfant d’être Les ateliers offerts par l’organisme PAUSE lui ont permis d’observer que les ados sont bien conscients des possibles effets négatifs des écrans dans leur vie. Elle suggère aux parents des méthodes plus ludiques pour Ainsi, un parent peut proposer une activité sans écran et lancer un défi à son ado, suggère Mme Campeau : Carolanne Campeau, chargée de cours à l'Université de Sherbrooke et conseillère en prévention des risques liés à l'usage des écrans auprès de l'initiative PAUSE. Photo : Radio-Canada / Yanik Dumont Baron Outre l’idée d’éteindre les notifications sur les appareils, il y a peu de solutions universelles contre l’immense pouvoir d'attraction de ces écrans colorés et brillants, interactifs et captivants. Fermer l’accès au wi-fi durant quelques heures peut fonctionner dans certains foyers, surtout si la consigne s'applique aussi aux parents. Les écrans peuvent être proscrits durant les repas ou certaines activités. D’autres conviendront de laisser leurs appareils au même endroit une fois à la maison. S’il faut réduire le temps d’écran, les spécialistes recommandent d’y aller de manière graduelle et non draconienne. Et de ne pas paniquer si les objectifs fixés ne sont pas atteints. Elle suggère par ailleurs aux parents de profiter des multiples Un parent peut aussi réfléchir avec un ado qui semble fatigué après une courte nuit passée en partie à scruter son écran au lit. Peut-être faut-il sortir l’appareil de la chambre le soir? Carolanne Campeau en est consciente : Les parents ont un rôle important à jouer pour aider leurs adolescents à concevoir ces appareils comme des outils à leur service. Photo : Getty Images / Marie-Claude Lemay Les parents peuvent surveiller certains signes d’une éventuelle véritable dépendance de leurs ados aux écrans. Des signes qui ressemblent à ceux associés à d’autres dépendances Jean-François Biron décrit un jeune soudainement moins motivé pour l’école ou des activités qu’il appréciait. Le désengagement social est à surveiller, de même que le surinvestissement dans une activité en ligne – le plus souvent les jeux vidéo pour les garçons et les réseaux sociaux pour les filles. La neuropsychologue Emma Campbell rappelle que le parent doit veiller à la santé de son enfant. Parents, on se calme
Le gros de la chose, c'est souvent ce que j'appelle "des mauvaises habitudes numériques" ou une utilisation un peu trop intensive, voire excessive
, précise Jean-François Biron, expert à la direction de la santé publique de Montréal en matière d'hyperconnectivité et de jeux de hasard et d'argent.
intensive
ou inadéquate
des écrans. Cette utilisation serait problématique pour à peine un jeune sur 50.Le jeune est moins en santé
, résume-t-il.
Couper le wi-fi pour mettre fin aux discussions?
C’est la particularité de l'époque dans laquelle on vit
, rappelle Emma Campbell, vice-présidente communications de l'Association québécoise des neuropsychologues. Souvent, les amis se retrouvent en ligne, pas dans les parcs
.C’est important de comprendre ce que l'activité représente pour le jeune afin de respecter ses besoins
, ajoute Jean-François Biron.ça vient jouer sur la peur de manquer quelque chose
, ajoute Carolanne Campeau, conseillère en prévention des risques liés à l'usage des écrans pour l’organisme PAUSE, qui travaille à diminuer l’hyperconnectivité chez les jeunes Québécois.On veut reprendre le contrôle de notre attention
, illustre-t-elle, c'est-à-dire ne plus consulter les écrans souvent, par pur automatisme, pour voir si l’on n’est pas en train de manquer quelque chose.
Une utilisation équilibrée pour toute la famille
hyper stimulant, plein de récompenses
associé à l’utilisation d’un appareil connecté, dit Mme Campbell. C'est beaucoup plus facile et beaucoup moins frustrant
de savoir que la piscine ou une crème glacée vient après une période devant un écran.
sans écran
à réaliser seul ou en famille et d’avoir à portée de main ce qu’il faut pour les réaliser.tout le temps devant les écrans. On vient générer de la honte. Et ça ne donne pas envie de changer.
reprendre le contrôle de leur attention
en famille.Je ne sais même pas si moi je suis capable de [me passer de mon cellulaire]. Es-tu game d'essayer?

Des solutions adaptées à chacun
On n'est pas dans quelque chose de rigide, on essaie de faire de notre mieux en tant que parent
, souligne Carolanne Campeau, aussi chargée de cours à l'Université de Sherbrooke en promotion de la santé, prévention des dépendances.occasions d’apprentissage
du quotidien. L’angoisse ou l’ennui vécu suit-il une longue période de visionnement de vidéos?ça demande beaucoup plus d'efforts
de la part des parents. Surtout ceux qui travaillent beaucoup ou ont moins d’argent à consacrer aux loisirs.Ce sont peut-être les populations qui ont moins de moyens pour faire autre chose qui vont en payer davantage le prix
, déplore Jean-François Biron.
Comment savoir si ça devient trop intense?
Un jeune qui devient irritable au moment de se déconnecter
ou qui fait tout ce qu’il peut pour se retrouver sur son écran par la suite.Quand on parle de dépendance, on parle vraiment de jeunes qui vont trouver des stratégies pour cacher leur utilisation
des écrans, qui peuvent y passer huit ou dix heures par jour, explique M. Biron.Quand on commence à voir qu'il y a des impacts sur d'autres sphères de notre vie, qu'on ne réussit pas à tout faire, c'est un bon indicateur
d’un problème à surveiller, ajoute-t-il.Si on arrive à un point où on a besoin d'aide, il ne faut pas hésiter à la chercher.
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