À quel point sommes-nous dépendants des produits américains?
Des résidents partout au pays répondent présents à l’appel de Justin Trudeau, lancé lundi, afin de favoriser les produits canadiens en réponse à la menace tarifaire de Donald Trump. Les politiciens, entrepreneurs et consommateurs semblent déterminés à revoir leurs habitudes : achat local, abolition des barrières entre les provinces, diversification de l’approvisionnement des municipalités et des entreprises... tout semble sur la table pour s'affranchir de l'imprévisibilité de Donald Trump. La situation constitue un tremplin parfait pour stimuler la croissance et assurer la souveraineté économique du Canada, estime le premier ministre. Mais des dizaines de produits que l’on achète proviennent à plus de 50 % des États-Unis. Quels sont-ils? Radio-Canada a analysé les données sur les importations américaines pour répondre à cette question. Conclusion : près d’un dollar sur trois dépensé par les ménages canadiens en biens matériels sert à acheter des produits importés des États-Unis. Les données de Statistique Canada pour l’année 2022 montrent la part des importations américaines dans les dépenses de consommation des ménages canadiens. Évaluées à la frontière aux prix de base, elles permettent de mesurer avec précision la dépendance du Canada aux produits en provenance des États-Unis. Notre dépendance ne se limite pas aux échanges commerciaux ou aux biens industriels. Elle concerne aussi des articles du quotidien : couches jetables, batteries, parfums, fruits frais, ou encore des GPS. Qui d’autre fabrique ces produits dans le monde? Si on prend les parfums et articles de toilette, par exemple, plusieurs autres pays en produisent, notamment dans l’Union européenne avec qui on a un accord commercial. Le véritable problème, souligne-t-il, se pose lorsqu’un produit est fabriqué exclusivement aux États-Unis et qu’on ne peut pas lui en substituer un autre. Dans le cas des couches jetables et des produits d’hygiène féminine, la valeur des importations américaines est similaire à celle des exportations canadiennes vers les États-Unis. Quant aux fruits et aux noix, dont près des deux tiers de nos achats proviennent de nos voisins du sud, il est possible de varier notre alimentation en achetant local ou en diversifiant les sources d’approvisionnement. L’incertitude entourant la politique commerciale des États-Unis, croit-il, devrait inciter le Canada à diversifier ses fournisseurs, et ce, même si Donald Trump ne met pas en place ses tarifs douaniers le 4 mars prochain. La diversification des intrants est une forme d’assurance. Jusqu’ici, on ne voyait pas l’intérêt d’en payer le coût, car tout allait bien. Mais avec les récents événements, on se dit que ça vaut peut-être la peine. Au-delà des tarifs douaniers, le Canada doit aussi composer avec sa dépendance logistique aux États-Unis. De nombreux produits fabriqués en Chine transitent par les ports américains avant d’arriver chez nous. Un blocage de ces marchandises, en plus des tarifs, On est dépendants des États-Unis dans certains secteurs
, convient Julien Frédéric Martin, professeur de sciences économiques à l’UQAM, après avoir consulté notre tableau. Il estime toutefois que le Canada dispose souvent de solutions de rechange, soit en produisant localement, soit en diversifiant ses fournisseurs internationaux.Si on prend l’exemple du papier de toilette, peut-être que certaines variétés ne sont produites qu’aux États-Unis, mais on peut fonctionner comme société en utilisant une autre variété qui vient d’Allemagne
, illustre le professeur.Pour les médicaments, par contre, et on l’a vu pendant la COVID-19, certains sont très spécifiques et difficiles à remplacer
, nuance-t-il.Ce ne sont pas forcément les mêmes produits, mais cela montre qu’il existe d’autres options
, précise l’économiste.Mais si on les importe des États-Unis en ce moment, c’est parce que ça nous coûte moins cher, explique Julien Frédéric Martin. Si on devait se défaire de certains produits américains, ça viendrait forcément avec un coût.
obligerait à trouver un autre passage, ce qui coûterait plus cher
, souligne Julien Frédéric Martin.
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