De fils en aiguilles pour Rollande Aubin, 95 ans
La couturière Rollande Aubin a soufflé 95 bougies et pour l’occasion, sa famille lui a organisé une fête pour retracer le fil de sa vie. Rollande Aubin regarde le vêtement fabriqué en 1950, sans machine à coudre. Sa première réalisation et le début de son travail de couturière. Photo : Radio-Canada / Lise Millette Ce vêtement, Rollande l’a toujours gardé précieusement, puisqu’il a été le début de ce qui est devenu pour elle une véritable passion. Un bambin parade dans un costume fabriqué par Rollande Aubin (Marcil) en 1950 Photo : courtoisie Famille Marcil « Et sans machine à coudre et au fanal, parce que, dans ce temps-là, on n'avait pas d'électricité », précise Rollande Aubin. Dans une grande réception familiale, la famille de Rollande Aubin a tenu à souligner les fruits de son travail de confection. Sa fille Réjeanne lance l’idée d’un défilé et chacun et chacune y sont allés de leur contribution. Une préparation qui s’est faite à l’insu de la fêtée. Il faut dire que plusieurs vêtements ont été conservés chez elle et chez sa fille, Lucie Marcil. Avec 38 petits et arrière-petits-enfants, la famille Marcil avait suffisamment de volontaires pour se lancer dans un défilé de mode revisitant les époques traversées par Rollande Aubin. Stéphanie Marcil-Bédard porte la robe de mariée de sa grand-mère, avec qui elle prend la pose pour célébrer ses 95 ans. Photo : courtoisie Famille Marcil Avant de faire un tour de salle devant les autres membres de la famille, dont plusieurs riaient à la vue de certains styles vestimentaires, un petit descriptif précisait en quelle année avait été fabriquée la tenue. Au cours de sa vie, Rollande Aubin a reçu de nombreuses commandes : ensemble de baptême, robes de mariée, robes de soirée, tenues de tous les jours, manteaux et même des habits de neige. Rollande Aubin avec son fils Denis Marcil Photo : courtoisie Famille Marcil La famille de Rollande Aubin s’est établie en Abitibi-Témiscamingue au début des années 1930. La petite Rollande n’a alors que deux ans, mais prend vite racine, à une époque où il n’y avait pas grand-chose.C’était à la mode, ça
, dit-elle en posant le vêtement sur la table. De ses mains, elle replace le collet, enlève les plis et le dispose soigneusement. Elle caresse le tissu et semble émue par les souvenirs.
Il a eu de la misère un peu…
, reconnaît-elle, avant de préciser que cet habit a été conçu en 1950, pour le premier enfant né de l’union de Léo Marcil et de Rollande Aubin, célébrée un an plus tôt, en 1949.
Ils ont fait ça et c’était beau, oui. En haut, dans un garde-robe, j’ai gardé plusieurs choses et puis les filles montaient et je ne savais pas ce qu’elles voulaient. Qu'est-ce qu’elles allaient faire là ? Elles ont essayé des robes
, raconte Rollande Aubin..Ma mère était une gardeuse et moi aussi. Quand est arrivé le moment d’aller porter ça au centre de dons, je me suis dit : "Pas vrai que quelqu'un va mettre le petit manteau que ma mère a fait juste pour ma fille." Ce morceau-là, les enfants jouent à la poupée avec. Il est encore tout beau
, explique Lucie Marcil en montrant une robe de velours rouge.

Au début, on restait dans le rang 7, dans un camp en bois rond. Dans les chemins, il n’y avait que des chevaux
, précise celle qui habite toujours chez elle à Palmarolle.
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