Faire naître la passion de la culture chez les futurs enseignants
L’intérêt envers la culture se développe dès le préscolaire et le primaire. Et pour favoriser cet éveil, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a développé un programme dont l’objectif est de former les futurs enseignants à intégrer des expériences culturelles en classe.
Une représentation de théâtre insolite et un échange avec les créateurs pour commencer une journée à l’université : c’est ce à quoi ont eu droit mercredi une quarantaine d’étudiants inscrits au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire (BÉPEP) de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
L’activité découle du programme de recherche-développement Médiateurs culturels, qui vise à faire des futurs enseignants des courroies de transmission de la culture auprès des élèves.
Selon mon expérience, les élèves sont souvent fermés, il y a comme une énorme glace à briser, parce que je pense qu'à la maison, c'est parfois tabou, parfois pas toujours mis de l'avant, le développement de cette culture-là
, exprime Thomas Vaugeois, étudiant en quatrième année du BÉPEP.
En tant qu'enseignant, c'est à nous d'ouvrir un peu l’esprit de nos élèves, d'amener l'idée qu’on peut ne rien connaître, puis partir sur de nouvelles bases et s'ouvrir sur le monde, s'ouvrir sur la culture qui nous entoure.
Être un médiateur de la culture fait partie des compétences professionnelles que les futurs enseignants doivent développer. Le projet est un atout pour le cursus du baccalauréat, croit la chargée de cours au Département des sciences de l’éducation de l’UQTR Mylène Renaud.
En faisant vivre des expériences aux futurs enseignants dans nos cours, ça les initie à comment est-ce qu'on peut organiser une sortie comme celle-là, comment est-ce qu'on peut explorer le potentiel pédagogique d'avoir des invités en classe ou de faire des sorties culturelles
, précise-t-elle.
Le projet permet aux futurs enseignants d’ouvrir les portes qui mènent à différents univers culturels et artistiques, du théâtre à la poésie, en passant par la musique et la littérature.
Ça nous ouvre sur les différentes expériences qu'on peut amener dans la classe, sur les liens qu'on peut faire avec les disciplines et le programme
, ajoute Jeanne Piuze, également étudiante en quatrième année. Ça éveille aussi notre curiosité. Un enseignant doit être curieux, parce que c'est ça qu’il doit transmettre à l'élève.
À ses côtés, sa consœur de classe Emy Gagné abonde dans le même sens. C'est impossible de partager la culture sans avoir vécu la culture
, affirme-t-elle. En allant voir des pièces de théâtre ou faire des sorties, par exemple, au musée Boréalis, ça nous permet de la voir et ça nous permet de la présenter aux enfants.
Depuis 2021, plus de 1000 étudiants de l’UQTR ont vécu des expériences variées, comme celle proposée mercredi matin à la Fabrique de théâtre insolite des Sages Fous à Trois-Rivières.
Autant pour les acteurs de l’industrie que pour les professeurs, chargés de cours et étudiants, cette formation s’avère primordiale pour bonifier le curriculum vitae culturel et artistique de ceux qui auront une grande influence sur les plus jeunes de la société.

Deux des fondateurs de la troupe de théâtre de marionnettes Les Sages Fous tentent d'allumer la passion de la culture des étudiants en enseignement à l'UQTR.
Photo : Radio-Canada / Raphaël Poliquin
C'est tellement important que les jeunes sortent de leurs écrans, puis qu’ils aillent vers l'art vivant
, lance la directrice artistique des Sages Fous, South Miller. On reçoit beaucoup d'écoles et on espère continuer à voir cette ouverture, parce que c'est essentiel pour nous, pour développer notre travail, et je pense que c'est essentiel pour les jeunes de savoir ce qui se passe dans la vie proche!
Ça permet d'avoir tout le monde un peu plus sur le même pied d'égalité, puis d'éveiller nos étudiants à une culture qu’ils ne consommeraient pas normalement, et c'est aussi l'objectif dans nos écoles.
Le projet Médiateurs culturels permet aussi de découvrir la culture québécoise.
De venir voir ce que le Québec a à offrir, c'est très important aussi, parce qu'on dirait qu'on perd un peu de cette étincelle-là dans la jeunesse
, croit Thomas Vaugeois. C'est vraiment important de venir le récupérer à l'école, d’encourager les élèves à regarder ce qui est local, parce qu’on vit dans une ère de plus en plus, c'est ce qui est anglais, ce qui est américain, ce qui est un peu plus gros, plus populaire à travers le monde, mais il ne faut pas perdre notre identité québécoise là-dedans.
Les futurs enseignants ont aussi accès à une application répertoriant l’ensemble des expériences vécues, un compagnon culturel qui pourra ensuite les accompagner dans leur pratique enseignante.

Le reportage de Katy Cloutier
Photo : Radio-Canada / Raphael Poliquin
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