Près de 300 personnes attendent une place en ressource intermédiaire
La liste d'attente pour l'accès à une ressource intermédiaire se chiffre à 294 personnes en Mauricie et au Centre-du-Québec. À l’échelle provinciale, 5000 personnes attendent d’avoir accès à de l’hébergement adapté à leurs besoins.
Ce manque de places, selon les propriétaires, s'explique par une incapacité à ouvrir de nouvelles chambres, parce que le financement n’est pas suffisant.
Les montants alloués par Québec ont été négociés en 2020, pour une période de cinq ans. Chaque nouvelle chambre est actuellement financée à 210 000 $.
La directrice générale de l’Association des ressources intermédiaires et de l’hébergement du Québec, Manon Charpentier, explique que c’est une mathématique assez simple : on n’est pas capable de construire de nouvelles ressources qui sont viables financièrement
. L'association renégociera l’entente le 31 mars prochain.
Les ressources intermédiaires accueillent des personnes âgées en perte d'autonomie ainsi que des personnes avec une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l'autisme, une déficience physique ou un problème de santé mentale.
Quand il n’est plus possible de vivre à la maison, mais que la vie dans une institution comme un CHSLD n’est pas souhaitable, les gens peuvent se tourner vers un appartement supervisé ou une maison de chambres, deux types de ressources intermédiaires.
Manon Charpentier soutient que les personnes qui attendent une place en RI régressent parce qu’elles n’ont pas accès aux soins nécessaires. Ça peut être assez catastrophique. À partir du moment où vous n’avez pas les soins et les services nécessaires, votre état se dégrade.
Quand ça bloque quelque part, ça bloque un peu partout
Le superviseur de la Maison Olivier de Shawinigan, Luc Lafrenière, constate quant à lui que la lourdeur des cas qui viennent chercher une place en ressource intermédiaire est en hausse. La ressource intermédiaire qui l’emploie héberge 150 personnes, qui sont des aînés en perte cognitive, à mobilité réduite ou avec une déficience physique.
Les gens ont besoin de plus de soins, sont moins autonomes. On a donc besoin de plus de préposés, car on a plus de services à donner
, explique-t-il.
Il indique que, bien souvent, les patients demeurent plus longtemps dans son établissement puisqu’il manque de places en CHSLD.
Les CHSLD sont bondés, ce qui fait en sorte que nos gens qui devraient avoir accès au CHSLD [...] attendent plus longtemps; il faut qu'on les garde plus longtemps. Puis ils demandent plus de services qui sont plus lourds
, indique-t-il.
C'est une roue qui tourne, donc quand ça bloque quelque part, ça bloque un peu partout
, ajoute-t-il.
Il estime que, dans les conditions actuelles, il serait difficile de mener à bien la construction de la Maison Olivier, qui a été construite en 2017.
Je ne suis pas un spécialiste de l'économie, mais je peux facilement répondre en disant qu’on était vraiment dans un bon temps. Le timing était excellent en 2017. On sait que, depuis ce temps-là, avec la pandémie, les coûts de construction ont augmenté, les coûts de terrain ont augmenté, donc c'est beaucoup plus difficile. Ça serait beaucoup plus difficile de démarrer un projet comme ça maintenant
, explique-t-il.

Le reportage de Barbara Leroux
Photo : Radio-Canada / Raphael Poliquin
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