Élu torontois accusé d’agression sexuelle : la 2e plaignante livre un témoignage cru
Au tribunal de Bracebridge, la seconde plaignante qui accuse le conseiller Michael Thompson de l'avoir agressée en 2022 a témoigné vendredi au procès de l'élu torontois de 64 ans. La femme de 43 ans a raconté dans des détails scabreux la rencontre qu'elle a eue avec lui dans un chalet luxueux des Muskoka. Le procès avait été interrompu au début décembre après le témoignage de la première plaignante à cause d'une incompatibilité d'horaire entre le juge et les deux parties. Celle-ci avait affirmé que Michael Thompson l'avait touchée de façon inappropriée lors d'une séance de bronzage. L'identité des deux plaignantes et de la témoin-clef de la Couronne est protégée par un interdit de publication. La seconde plaignante affirme qu'elle ne connaissait pas M. Thompson lorsque la plaignante No 1 l'avait invitée le 3 juillet 2022 à une fête dans un chalet de Port Carling. Port Carling est une localité prisée des Muskoka située entre le lac Muskoka et le lac Rosseau. Photo : Radio-Canada Elle affirme qu'elle a été étonnée de voir qu'il n'y avait personne, mise à part une étudiante de 20 ou 21 ans et le conseiller. La femme explique que M. Thompson lui a offert de la vodka qu'elle a acceptée volontiers tout en précisant qu'elle préférait la téquila. Elle ajoute que le conseiller leur a donné un tour du propriétaire en leur montrant leur chambre respective. Elle mentionne qu'elle avait vu sur le comptoir un bol avec des joints. Le palais de justice de Bracebridge, où se tient le procès de Michael Thompson devant la Cour de justice de l'Ontario. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau La plaignante No 2 affirme qu'elle a alors fait connaissance avec l'étudiante qui préparait des cocktails et que les trois femmes sont allées boire sur le quai. Elle affirme que M. Thompson est revenu dans l'après-midi avec deux bouteilles de téquila, mais qu'il n'est pas resté avec elles, parce qu'il avait du travail. Elle précise que le conseiller est revenu les voir et leur a demandé si elles voulaient qu'il les enduise de crème solaire. La procureure de la Couronne, Mareike Newhouse, interroge son témoin-clef dans ce procès à l'ouverture du procès le 7 octobre 2024. L'avocate de la défense, Leora Shemesh est assise à droite; Michael Thompson est au centre. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Elle reconnaît qu'elle était ivre à table, mais qu'elle pouvait encore marcher et qu'elle a continué à boire durant le repas. Elle déclare que M. Thompson est ensuite parti se coucher et que les trois femmes sont retournées sur le quai pour continuer à boire. La plaignante No 2 explique que le conseiller Thompson l'a réveillée dans la nuit et qu'il l'a aidée à aller dans la chambre qui lui avait été désignée parce qu'elle dormait toujours à l'étage. Michael Thompson écoute les plaidoiries en silence. Photo : Radio-Canada / Pam Davies Elle affirme qu'elle pensait qu'on était en train de la Elle ajoute qu'il était sobre et en érection. Le juge Philop Brissette, de la Cour de justice de l'Ontario, écoute l'interrogatoire de la seconde plaignante par la Couronne le 21 février 2025. Photo : Radio-Canada / Pam Davies La femme dit qu'il a éjaculé sur elle et qu'elle est allée à la salle de bain pour se nettoyer. Elle mentionne qu'elle s'est levée vers 6 h Elle ajoute qu'elle n'a jamais consenti à avoir une relation sexuelle, mais qu'elle avait peur de lui et qu'elle n'en revenait toujours pas de ce qui lui était arrivé. La plaignante No 2 déclare qu'elle est allée porter plainte contre le conseiller au détachement de la Police provinciale de l'Ontario à Middlesex moins de trois mois plus tard. Photo : Radio-Canada / Olivier Plante La plaignante No 2 affirme qu'elle est montée à l'étage vers 8 h pour prendre le déjeuner avec les deux autres femmes et qu'elles ont quitté le chalet avant 14 h. ' Elle explique qu'elle a commencé dans les jours suivants à avoir de La défense a tenté de relever des contradictions entre ce que la femme a dit dans son témoignage au procès et à la police en septembre 2022. Elle lui fait par exemple remarquer qu'elle avait dit aux policiers qu'elle avait fumé du cannabis ce jour-là avec les deux autres femmes. L'avocate Leora Shemesh l'accuse en fait d'avoir séduit son client cette nuit-là. Me Leora Shemesh accompagne Michael Thompson pour la pause du lunch, le 10 octobre 2024, au tribunal de Bracebridge dans les Muskoka. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau La femme a calmement mais catégoriquement démenti les allégations de l'avocate. Elle ajoute qu'elle a par la suite ignoré les appels et les messages-textes que le conseiller lui avait envoyés le jour suivant. Me Shemesh laisse en outre entendre que les trois femmes ont conspiré contre le conseiller Thompson et que leurs allégations sont mensongères. Elle note en outre le fait que les trois femmes ne se parlent plus depuis plus de deux ans. La défense terminera son contre-interrogatoire à une date qui n'a pas encore été arrêtée, mais le juge a prévenu la plaignante que cela pourrait prendre deux mois avant qu'on ne la rappelle à la barre des témoins.Un après-midi à boire de l'alcool
Elle m'avait dit qu'il y aurait bien du monde
, dit-elle.
Je pensais que c'était sa fille
, se souvient-elle. Il s'avère que l'étudiante (la témoin-clef, NDLR) avait elle aussi été invitée et qu'elle s'y trouvait depuis vendredi.Ma chambre était la seule au sous-sol
, se rappelle-t-elle.Il nous a dit qu'il allait acheter de la téquila à la régie, mais j'ai refusé de l'accompagner parce que je venais de conduire pendant 3 heures
, poursuit-elle.Je n'en ai pas fumé
, mentionne-t-elle.
Il devait appeler Doug Ford
, se souvient-elle.Mon amie a accepté, mais le conseiller me tournait le dos, si bien que je ne sais pas ce qui s'est passé entre eux
, explique-t-elle en ajoutant qu'il s'est absenté pour préparer le souper.
L'agression sexuelle alléguée
J'étais nue, parce que j'avais fait sécher mon costume de bain
, dit-elle. Elle souligne qu'elle titubait dans les escaliers et qu'elle sentait bien que M. Thompson la désirait. 
Je lui ai dit que j'avais peur de tomber enceinte et que je n'avais aucun préservatif pour le dissuader d'aller plus loin
, poursuit-elle.Il avait malgré tout sorti son pénis de son caleçon
, mentionne-t-elle néanmoins.piéger
, parce qu'elle était ivre et qu'elle se trouvait avec un inconnu dans un chalet qui lui était étranger.Il m'a assise sur le lit et il frottait son pénis contre mon visage, mes lèvres et mon menton
, ajoute-t-elle en déclarant qu'elle tentait de repousser ses avances.
Quand je suis revenue, il m'a dit qu'il remontait et je me suis évanouie sur le lit
, dit-elle.encore éméchée
mais qu'elle a attendu avant de monter à l'étage lorsqu'elle a entendu les autres se déplacer dans le chalet.Il était insistant, je ne voulais pas lutter… c'est un politicien et il aurait pu me faire liquider
, affirme-t-elle.
On a proposé à l'étudiante de nous accompagner, parce que nous ne voulions pas qu'elle reste seule avec lui
, conclut-elle.violents cauchemars
, qu'elle a souffert d'attaques de panique et qu'elle est devenue anxieuse.Début du contre-interrogatoire
Vous êtes allée nue dans sa chambre, vous l'avez invité à boire dans la cuisine avant de le convier dans votre chambre, où vous l'avez poussé sur le lit, vous l'avez déshabillé avant de le chevaucher
, dit-elle du tac-au-tac.
C'était une expérience traumatisante
, poursuit-elle.J'aime bien l'étudiante, mais le fait de la revoir me rappelait ce qui m'était arrivé dans ce chalet
, explique la plaignante.Quant à mon amie, il lui est arrivé plein de choses et notre relation est ensuite devenue tendue
, conclut-elle.
Advertising by Adpathway









