Choc des idées sur l’approvisionnement sûr de drogues en Colombie-Britannique
Des voix s’élèvent pour décrier le changement apporté au programme d’approvisionnement sécuritaire d’opioïdes en Colombie-Britannique. Depuis mercredi, la province exige que ces drogues soient consommées sous la supervision d’un travailleur de la santé, mais des militants et des professionnels de la santé estiment que cela augmentera le risque de surdoses mortelles. Guy Felicella, un ancien toxicomane devenu travailleur social dans le Downtown Eastside, à Vancouver, dit que l'approvisionnement en opioïdes réglementés a été crucial pour le maintenir en vie quand il luttait contre une dépendance à l'héroïne. Guy Felicella a vécu pendant 20 ans dans les rues du quartier Downtown Eastside. Après avoir subi une surdose en 2013, il a pu profiter d’un suivi et de traitement.
Photo : Radio-Canada / Amélia MachHour Selon M. Felicella, un approvisionnement sécuritaire et le traitement de la toxicomanie vont de pair, car si une personne rechute après un traitement, les opioïdes sur ordonnance peuvent prévenir une surdose mortelle. Il craint qu'un obstacle supplémentaire pour la consommation d’opioïdes sur ordonnance ne pousse les gens à se tourner vers le fentanyl de rue. Le docteur Brian Conway, directeur du Centre des maladies infectieuses de Vancouver, rapporte que l’annonce a été lancée sans consignes claires pour les pharmacies et les professionnels de la santé : Le programme d’approvisionnement sécuritaire D'après le Dr Conway, le programme a été lancé de manière incomplète. Par contre, il estime que la réponse du gouvernement pour exiger la supervision de la prise de drogue sûre est Il croit qu'il s'agit d'une réaction à l'enquête en cours auprès de 60 pharmacies qui participent à un stratagème de détournement des drogues. Le Parti conservateur demande depuis cette révélation une enquête publique et critique le programme d'approvisionnement sûr. Certains députés, dont Claire Rattée, demandent que les personnes dépendantes aux drogues aient accès à des traitements de désintoxication, et non pas à des drogues prescrites. Le programme a été lancé par la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry. L’objectif était d’éloigner le plus grand nombre de personnes possible de drogues contaminées, comme le fentanyl, qui sont vendues sur le marché noir. La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, n'a pas été avertie du changement de cap de la province sur la question de l'approvisionnement sécuritaire de drogue. Photo : Radio-Canada / Mike McArthur Ces médicaments de substitution comprennent notamment l’hydromorphone. Or, la Dre Henry n’a pas été consultée pour le changement apporté par le gouvernement néo-démocrate. Bonnie Henry a déjà reconnu qu'il y avait des détournements, mais elle estime que ce n'est pas une préoccupation suffisante pour changer de cap en ce qui concerne le programme d'approvisionnement sûr. Lisa Lapointe, ancienne coroner en chef de la Colombie-Britannique, pense que ce changement ne tient pas compte des recommandations initiales de Bonnie Henry. Des articles publiés par des chercheurs dans le domaine de la dépendance et de la réduction des méfaits citent la consommation supervisée de doses de drogues sûres, telle que la méthadone, comme facteur dissuasif. L'hydromorphone est un médicament qui soutient les gens qui ont une dépendance aux opioïdes. Photo : CBC/Elizabeth Chiu Une recherche menée aux États-Unis auprès de consommateurs de drogues supervisées qui suivent un traitement par agonistes opioïdes, un traitement médical, et qui est citée par des chercheurs britanno-colombiens, démontre que 15 % de la méthadone et la buprénorphine ont été détournés vers le marché noir. Pour l'oxycotin et l’hydrocodone, ce chiffre grimpe à 67 %. Or, pour l’instant, le ministère de la Santé ne dévoile pas le pourcentage de l’approvisionnement sécuritaire qui est détourné en raison « des enquêtes en cours ». Un document présenté à 250 agents de la Gendarmerie royale du Canada et fuité par le Parti conservateur provincial fait état d’une quantité Selon le Dr Conway, il faut que les gens qui prennent le médicament de manière quotidienne et pour qui le système fonctionne puissent continuer de le prendre à la maison. Depuis 2016, la crise des surdoses a tué plus de 21 000 personnes en Colombie-Britannique. Avec des informations de Katie Derosa et de Meera Bains
Certaines personnes n'ont pas la capacité de se présenter à une pharmacie trois ou quatre fois par jour pour prendre leurs médicaments. Je crains que cela ne les pousse à se tourner vers l'approvisionnement de drogues non réglementées
, croit Guy Felicella.Une réponse « précipitée »
Nous n’avons pas eu de consignes pour déterminer comment superviser ces gens, comment intervenir s'il y a évidence de détournement
.n'a peut-être pas fonctionné aussi bien qu'il aurait pu
. précipitée
. 
L'approvisionnement plus sûr est fondé sur des données probantes
, explique Mme Lapointe.Nous savons que le fait de réduire la dépendance des gens à l'égard du marché noir illicite sauvera des vies [...]. Ces recommandations sont fondées sur des données probantes. Il est très préoccupant que le gouvernement élabore des politiques qui ne sont pas fondées sur la science.
Le détournement, un facteur connu

substantielle
.C’est pour ceux chez qui ça ne fonctionne pas [et pour qui on ne retrouve pas de traces du médicament dans l’urine] qu’il faut mettre en place un autre système
, croit-il, comme celui de la prise par observation que propose la province.
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